La suppression de menus de substitution pour les enfants ne mangeant pas de porc dans les cantines d'Aveyres créé la polémique. Economie et fin du gaspillage pour le maire, discrimination pour les familles.

Arveyres, petit village de 1900 habitants, n'était pas habitué à ce genre de polémique. Depuis seize ans, la cantine municipale proposait des repas de substituions protéinés pour les enfants ne mangeant pas de porc. Un système qui n'allait pas sans inconvénients selon la mairie. Dans un courrier adressé aux parents, le maire, Benoît Gheysens, explique les raisons qui l'ont conduit à arrêter ce double système : "surcoût, gaspillage conséquent et complexité d'organisation".

"Souvent, les enfants qui n'avaient pas le plat de substitution le réclamaient aussi, délaissant le porc. Cela faisait mal au cœur du personnel de voir les quantités gaspillées" indique le maire. Celui qui est aussi médecin rappelle que la viande "n'est pas le seul apport protéique dans le repas" explique-t-il au micro de France Bleu Gironde. Pour désamorcer une éventuelle polémique, il précise qu'une ration supplémentaire de thon ou d'œuf sera proposée, afin de servir "une charge en protéines normale".

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Les parents des 28 enfants musulmans et juifs concernés ne l'entendent, eux,  pas de cette oreille. Sur la même radio, une mère de famille estime que les familles sont injustement stigmatisées, et parle de "discrimination". "Ce débat ne doit pas avoir lieu, c'est quelque chose qui est acquis. On vit ensemble, avec les particularités de chacun et celle-ci n'est pas insurmontable non plus" prône l'auditrice. Si les deux camps campent sur leur position, la réunion de la commission scolaire, qui se réunira le 18 mars prochain, risque d'être tendue. 

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