Depuis quelques jours, les plaintes de proches de terroristes se multiplient. Dernière en date, celle de la famille d’Hasna Aït Boulahcen, morte pendant l’assaut à Saint-Denis.

Les plaintes se multiplient depuis quelques jours, et paradoxalement, elles ne viennent pas des familles de victimes de terroristes… mais de celles des terroristes, ou présumés comme tels.

Dernière en date, celle de la famille d’Hasna Aït Boulahcen, la cousine d’Abdelhamid Abaaoud, morts tous deux dans l’assaut à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), cinq jours après les attentats du 13 novembre 2015. Selon I-Télé, l’avocat de la famille a déposé une plainte contre X, le 13 janvier dernier, auprès du juge anti-terroriste Christophe Teissier. Cette plainte vise les chefs de "terrorisme, crime de meurtre et tout autre chef que l’enquête pourrait révéler". L’avocat a affirmé qu’Hasna Aït Boulahcen était "une victime du terrorisme, une victime de son cousin Abdel Abaaoud".

La veille, mardi, on apprenait que la famille de Tarek Belgacem, l’homme qui avait attaqué le commissariat de la Goutte d’Or (Paris) le 7 janvier avec un hachoir en criant "Allahou Akhbar", avait décidé de porter plainte contre X pour homicide involontaire. "Je veux savoir la vérité sur la mort de mon fils, a confié à BFMtv le père du jeune homme. Je veux discuter avec la loi française, la justice, avec la police qui a tué mon fils" 

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Des profils plus que suspects

Il est difficile, au regard des éléments à charge contre les deux terroristes présumés, de dire si les plaintes seront recevables. En effet, Hasna Aït Boulahcen a affiché sur Facebook son soutien à l’Etat islamique et savait que son cousin, Abaaoud, était le cerveau des attentats du 13 novembre à Paris et qu’il en préparait d’autres à La Défense. De même, à plusieurs reprises, elle a offert un soutien financier et matériel aux terroristes (des vêtements pour la cavale de son cousin, le logement à Saint-Denis, une aide en voiture).

Quant à Tarek Belgacem, il s’est présenté devant des policiers du commissariat du quartier de Barbès, à Paris, aux cris de "Allahou Akhbar", muni d’une "feuille" de boucher (un hachoir). Après plusieurs sommations, les policiers l’ont abattu. Sur lui, les forces de l’ordre ont retrouvé une ceinture explosive qui s’est révélée être factice, et sur son téléphone portable, un message d’allégeance au calife de Daech ainsi que le drapeau de l’organisation terroriste griffonné. Selon les médias allemands, l’homme avait peint un symbole de l’Etat islamique sur un mur de son foyer pour demandeurs d’asile en Allemagne.

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Si les plaintes ont peu de chances d’aboutir, celles-ci permettent aussi, et surtout, aux familles d’avoir accès au dossier et, bien souvent dans ces cas-là, de comprendre la radicalisation de leurs enfants.

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