L’ancienne fiancée de Salah Abdeslam s’est confiée à un hebdomadaire belge sur sa relation avec l’ennemi public numéro 1 et leur dernier dîner, trois jours avant les attentats. 

Elle "ne voulait pas réagir", mais lassée d’être constamment sollicitée, l’ex-fiancée de Salah Abdeslam a décidé de se confier, sous couvert d’anonymat, sur sa relation avec le fugitif numéro 1 des attentats du 13 novembre. Interviewée pour le journal hebdomadaire belge Knack, elle explique vouloir se débarrasser de cette histoire une bonne fois pour toute et construire un nouvel avenir.

Tout d’abord, elle estime que son ancien fiancé "préfèrerait encore mourir" plutôt que de se rendre à la police. Le ton est donné.

La jeune femme décrit ensuite les prémices de leur relation. Elle avait 16 ans et lui 18. "Quand je l'ai rencontré, il n'avait rien à voir avec ce qu'il est maintenant. Il vivait près de chez nous. Il avait 18 ans. Il était très sympa et adorable", explique-t-elle à Knack. A cette époque, Salah Abdeslam travaillait à la Société des transports intercommunaux de Bruxelles, comme électro-mécanicien. Elle ajoute : "il pensait surtout à s'amuser (…) Il traînait presque tous les soirs avec ses copains" et la religion n’était vraiment pas sa priorité.

Sa relation avec Abaaoud

Parmi ses meilleurs amis, il y avait notamment Abdelhamid Abaaoud le commanditaire présumé des attentats du 13 novembre à Paris. Selon l’ancienne fiancée, l’homme aurait eu une mauvaise influence sur Salah : "Quand j’ai rencontré Salah, les soirées et l’alcool ne l’intéressaient pas, mais avec Abdelhamid, ça a changé. Il était jeune, il s’est laissé emporter." Elle poursuit : "J’en voulais beaucoup à Hamid du fait que Salah faisait moins attention à moi. Je pense qu’il avait une mauvaise influence sur lui. Il me semble que Hamid n’avait de respect pour personne."

"Si ma mère n’avait pas été là, je serais probablement partie avec lui"

Mais à cette époque-là, Salah Abdeslam ne s’intéressait pas encore à la religion. La guerre en Syrie faisait pourtant rage, mais il n’y faisait pas réellement attention. Ce n’est qu’en 2014 qu’il s’est sensibilisé à la cause et a demandé à sa fiancée venir avec lui en Syrie. "Si ma mère n’avait pas été là, je serais probablement partie avec lui, par amour pour lui, pas pour des raisons religieuses ou idéologiques. Sa mère me disait souvent que j’étais leur dernier espoir de garder Salah ici", avoue-t-elle au journal.

Par la suite, Salah Abdeslam a commencé à tenir la jeune femme à l’écart. "Il me disait qu’il était en Ardenne ou en France…" Après les attentats, elle a compris qu’il partait en fait à l’étranger.

Le dernier dîner

Trois jours avant les attentats, le couple est allé dîner près de Bockstael. "Je voyais bien que ça ne tournait pas rond, il semblait malheureux, confie-t-elle. Mais il me disait de ne pas m’en faire. Nous avons parlé de notre avenir et du mariage. Je lui ai dit que ça m’inquiétait quand il disparaissait sans crier gare et qu’il ne faisait rien pour retrouver un boulot fixe. J’ai commencé à pleurer. Lui aussi, et il m’a dit que s’il ne parvenait pas à m’épouser dans cette vie, on se marierait au paradis."

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Aujourd’hui, l’ex-fiancée a rompu ses fiançailles et souhaite lui envoyer un message : "tu as fait honte à nos familles. Je n’ai plus rien à te dire, à part ceci : sache que je vais commencer une nouvelle vie, et que tu n’y as pas ta place."

Vidéo sur le même thème : Après les attentats du 13 novembre, Salah Abdeslam se serait caché trois semaines à Bruxelles

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