Alors que les attentats de vendredi dernier à Paris ont fait au moins 130 morts, le frère d’un des kamikazes a décidé pour la première fois de prendre la parole. Découvrez son récit.

Un témoignage émouvant. Diego Buñuel, un chroniqueur du Grand Journal de Canal +, a interviewé jeudi le frère et la belle-sœur d’Omar Mostefaï, l’un des terroristes tués lors de l’attaque contre le Bataclan vendredi dernier. D’abord méfiant, le couple s’est finalement peu à peu livré à la caméra.

Le frère du terroriste décédé a expliqué qu'avec sa femme, ils avaient appris son implication dans les attentats ainsi que sa mort grâce à des journalistes venus les interroger samedi dernier. "Je pensais que c'était un cauchemar parce qu'on vivait déjà un cauchemar. Je n'ai pas arrêté de pleurer toute la journée de samedi parce que je pensais aux familles, a expliqué, en pleurs, la belle-sœur du kamikaze. J'étais loin de penser que c'était quelqu'un de notre famille qui avait commis ça."

Le mari a ensuite raconté qu’ils s’étaient rendus au commissariat et avaient été placés en garde à vue durant quatre jours. "C'était dur parce qu'on fait de mal à personne, on est des gens simples, on va en vacances, on va à la piscine, ça ne nous empêche pas de faire notre religion. On ne veut que du bien", a assuré sa femme.

"La seule chose qu'on ne choisit pas, c'est sa famille"

Le soir des attaques, le couple était au spectacle de Dieudonné à la Main d’Or, situé à 500 mètres des restaurants mitraillés par les djihadistes. Le journaliste leur a alors demandé s’ils étaient antisémites, ce à quoi le mari a répondu : "Je prône l'amour de son prochain, c'était vraiment du divertissement, on voulait se divertir, voir un spectacle comique".

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Encore sous le choc des derniers jours passés, la belle-sœur a affirmé que les actes de son beau-frère étaient "inexcusables". "C’est monstrueux, impardonnable. Ça aurait pu arriver à n'importe qui parce que la seule chose qu'on ne choisit pas, c'est sa famille", a-t-elle déploré, ajoutant : "Pour moi, c'est comme un ordinateur, on enlève le disque dur, on le reformate. On a mis quelqu'un d'autre dans sa tête". Le frère d’Omar Mostafaï, lui, a expliqué ne pas reconnaître son frère. Ce dernier avait quitté la France depuis plusieurs années en lui affirmant chercher du travail à Dubaï. Aujourd'hui, l'homme a encore du mal à se rendre compte de la terrible voie empruntée par son frère.
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