Vendredi, un attentat a été commis dans une usine de gaz industriels du groupe américain Air Products classé Seveso. Mais qu’est-ce que cela implique ?

Une usine de gaz industriels de la compagnie américaine Air Products située à Saint-Quentin-Fallavier dans l’Isère a été la cible d’une attaque terroriste vendredi. Un homme a fait irruption dans l’entreprise avant de percuter en voiture des bombonnes de gaz provoquant une explosion. Le groupe américain est l’un des principaux producteurs de gaz industriels tels que l’oxygène ou l’hydrogène. Son site d’Isère est classé Seveso "seuil bas", comme le rapporte 20 minutes.

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Seveso, qu’est-ce que cela veut dire ?

C'est le nom du directive europénne de 1982 imposant aux Etats membres de classer les sites où des accidents industriels peuvent avoir lieu. Cette directive porte le nom d’une commune située au nord de Milan en Italie où une catastrophe industrielle a eu lieu le 10 juillet 1976. Un nuage contenant de la dioxine s’échappait d’un réacteur de l’usine Icmesa à Meda. Les fumées se sont répandues sur quatre communes dont Seveso. Toutefois, les employés ont repris le travail deux jours plus tard. Les autorités ont été informées de la toxicité des émissions le 19 juillet. La population a été évacuée le 23 juillet. Au total, 193 personnes ont présenté de la chloracné, une infection de la peau. Environ 3 300 animaux domestiques sont morts intoxiqués et 70 000 animaux d’élevage ont dû être abattus.

Les risques sont minimes

En France, il y a près de 1200 établissements classés Seveso. Il existe deux niveaux, le Seveso "seuil bas" et le "seuil haut". L’usine de Saint-Quentin-Fallavier, victime de l’attentat terroriste, est classé Seveso "seuil bas". Cela signifie que les risques d’accidents industriels sont faibles en raison de la quantité limitée de matières dangereuses.

Un renforcement de la sécurité des sites à risque

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Le personnel des sites classés Seveso sont chargés de rédiger régulièrement des rapports permettant d’évaluer le risque d’accidents. Ils doivent également définir les conséquences que cela pourrait avoir et mettre en place des moyens pour protéger la population et l’environnement. Ils doivent aussi être capables de donner l’alerte. Le Premier ministre Manuel Valls a annoncé le renforcement de la sécurité autour de tous les sites dits "à risque".

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