Au lendemain de l'attentat commis à Saint-Quentin-Fallavier dans l'Isère, le suspect a vue sa garde à vie prolongée pour vingt-quatre heures supplémentaires. Le point sur ce que l'on sait, pour l'heure, du suspect et de l'enquête.

Il était aux alentours de 9h28 ce vendredi matin lorsque Yassin Salhi arrive devant l'usine de gaz industriels Air Products à Saint-Quentin-Fallavier, dans l'Isère, au volant de son utilitaire. Connu du personnel car "il avait l'habitude de rentrer dans l'usine pour effectuer des livraisons" a indiqué le procureur de la République de Paris, il est entré sans problème dans l'enceinte de la société. Quelques minutes après, il projette son véhicule en direction d'un hangar, provoquant ainsi une explosion. Aussitôt alertés, les secours le surprennent en train d'ouvrir des bouteilles d'acétones. Maîtrisé et remis aux gendarmes, il est aussitôt arrêté et placé en garde à vue.

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Une tête retrouvée sur le grillage

Les gendarmes ont également retrouvé, accrochée au grillage du site, une tête décapitée, siglée d'inscriptions en arabe et entourée de drapeaux islamistes. Identifiée comme étant la patron du suspect, la victime était âgée de 54 ans et était directeur commercial au sein de l'entreprise de transport où travaillait Yassin Salhi. On ignore pour l'heure les raisons qui l'ont conduit à ce geste, Yassin Salhi se montrant pour l'heure peu bavard. L'épouse et la soeur du suspect, ont elles aussi été interpellées dans la journée de vendredi et sont entendues par les enquêteurs.

Qui est Yassin Salhi ?

Agé de 35 ans et père de trois enfants, Yassin Salhi habitait dans la banlieue de Lyon. Originaire du Doubs, il s'était installé il y a quelques mois à Saint-Priest avec sa famille. Repéré en 2006 pour sa proximité avec le milieu salafiste, il avait fait l'objet d'une "fiche S" (sûreté de l'Etat) mais ne possédait pas de casier judiciaire. "Cet individu aurait été en lien avec la mouvance salafiste mais il n'avait pas été identifié par les services comme ayant participé à des activités à caractère terroriste" a précisé Bernard Cazeneuve. Décrit par son entourage comme quelqu'un de discret, Yassin Salhi menait semble-t-il une vie de famille tranquille.

"Il parlait de religion, mais il n'a jamais parlé de terrorisme" a déclaré l'un de ses amis à Besançon, Missom Tahir, 22 ans. Un collègue de travail, interrogé par RTL, indique lui : "il m'avait déjà parlé de Daech, pas pour m'embrigader dans quoi que ce soit mais simplement pour me demander mon avis. Quand je lui ai dit ce que je pensais, à partir de ce jour-là, c'était 'Bonjour-Au revoir'". "Mais ce n'était pas quelqu'un qui venait imposer son discours" a-t-il ajouté, le décrivant comme "quelqu'un de mystérieux, mais quelqu'un de très calme à la fois". "C'était un loup déguisé en agneau".

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Une garde à vue prolongée

Ce samedi matin, les enquêteurs ont prolongé la garde à vue de Yassin Salhi. Ces derniers cherchent notamment à déterminer le mobile de cette attaque, s'il s'agit d'un règlement de compte entre un patron et son employé, ou bien si ce geste pourrait avoir un lien avec l'islamisme radical. La décapitation est en effet la signature de Daesh. Les enquêteurs cherchent également à savoir si le suspect pourrait avoir bénéficier de la complicité d'autres personnes. Au moins un autre homme a été interpellé ce vendredi dans le cadre de l'enquête après qu'un véhicule a été repéré rôdant de manière suspecte autour de l'enceinte de l'usine. "Des personnes ayant pu participer à ce crime abject ont été mises en garde à vue après avoir été arrêtées" a indiqué sans plus de précisions le ministre de l'Intérieur.

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Au sommet de l'Etat, un conseil de défense restreint se tient ce samedi matin à l'Els de la Défense, de l'Intérieur, de la Justice, des Affaires étrangères et de l'Ecologie. L'usine visée était en effet classée Seveso et l'une des questions est de savoir s'il faut protéger d'autres sites sensibles.

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