Alors que les frères Kouachi sont cernés par les unités policières à Dammartin-en-Goële, la piste d’Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) semble se préciser.

"Tu diras aux médias que c’est Al Qaïda au Yémen" aurait lancé un des auteurs de l’attentat contre Charlie Hebdo à l’homme qu'ils sortaient de son véhicule pour fuir avec.

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Né en janvier 2009 de la fusion entre les branches saoudienne et yéménite d’Al Qaïda, Aqpa est l’un des groupes les plus redoutables du mouvement terroriste. Particulièrement actif au Yémen, la branche est dirigée par Nasser al-Waheishi, ancien secrétaire d’Oussama Ben Laden, et fait partie de la liste des organisations "terroristes" pour lesquelles Washington promet dix millions de dollars pour toute information conduisant à la localisation de leurs têtes pensantes.

En France, un millier de personnes sont concernées par cette filière djihadiste conduisant à la Syrie et à l’Irak. Depuis jeudi, on sait de source sûre que Saïd Kouachi, l’un des auteurs de la fusillade contre Charlie Hebdo, s’est rendu en 2011 au Yémen pour être formé au maniement des armes.

Succursale d’Al Qaïda

Au Yémen, Aqpa évolue comme dans une sorte d’Afghanistan bis. Le pays, sans pouvoir central fort, offre de nombreuses montagnes où se cacher et préparer des attaques isolées. Les membres de l’organisation peuvent également bénéficier du soutien des tribus ayant acquis l’idéologie ultra-radicale. De plus, le Yémen a une forte valeur symbolique puisqu’il est la patrie ancestrale d’Oussama Ben Laden.

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Depuis ces dernières années, Aqpa est donc devenu le point de ralliement des djihadistes partis d’Afghanistan et de ceux traqués en Arabie Saoudite. Mais les camps du groupe extrémiste sunnite sont aussi un terrain d’accueil pour de nombreux djihadistes étrangers, venus du Pakistan, du Soudan mais aussi des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni. Le plus célèbre d’entre eux reste Farouk Abdulmutallab, étudiant nigérian qui souhaitait faire exploser un avion reliant Amsterdam à Detroit le 25 décembre 2009.

Une force d’attraction qui est également due à la revue anglophone Inspire, lancée par Aqpa en 2010 à destination du public non arabophone. En 2013, un numéro de cette revue diffusée sur Internet désignait Charb, directeur de publication et dessinateur de Charlie Hebdo tué mercredi, comme l’une des neuf "cibles" à "abattre" pour "crimes contre l’Islam".

Plusieurs revendications

Ces dernières années, Aqpa a revendiqué différents attentats. En 2009, un de ses kamikazes a tenté de tuer le ministre saoudien de l’Intérieur, Mohammed ben Nayef, en se faisant exploser en sa présence, sans y parvenir.

En novembre 2010, le groupe a revendiqué l’envoi de colis piégés aux Etats-Unis et l’explosion d’un avion-cargo américain survenue deux mois plus tôt à Dubaï.

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Au Yémen, il mène régulièrement des attaques contre les forces de l’ordre mais aussi et surtout contre les rebelles houthis qui ont pris Sanaa, la capitale, en septembre dernier. Le 5 novembre, un Français a été blessé et un Algérien tué à un poste de contrôle détenu par les rebelles chiites au sud de Sanaa.

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Une force d’insurrection qui inquiète les Etats-Unis. En octobre 2011, ils n’ont pas hésité à exécuter par drone un des membres d’Aqpa, Anwar al-Awlaqi, revenu dans son pays d’origine pour propager le djihad.

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