L’épouse de Franck Brinsolaro, qui assurait la protection du rédacteur en chef de l’hebdomadaire satirique, a déposé plainte pour "homicide involontaire".

Son époux, Franck Brinsolaro, assurait la protection de Charb, le rédacteur en chef de Charlie Hebdo, assassiné comme lui par les frères Kouachi lors des attentats du 7 janvier 2015.

"Un an après les faits, je n’ai toujours pas de réponse…", a confié à des journaux normands Ingrid Brinsolaro, la veuve du garde du corps, qui annonce qu’elle porte plainte contre X.

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Son avocat, Me Philippe Stepniewski explique avoir déposé lundi une plainte contre X auprès du désormais célèbre procureur de Paris, François Molins, pour "homicide involontaire aggravé par la violation manifestement délibérée par la loi ou le règlement en application des articles 121-3 et 221-6 du Code pénal."

Deux faits troublants

Selon l’avocat, "deux faits troublants attestent des manquements de la Direction générale de la sécurité intérieure". Le premier fait "troublant" porte sur "les informations relatives aux menaces dont Stéphane Charbonnier faisait l’objet". Le second, sur le témoignage apporté par un journaliste travaillant non loin des locaux de Charlie Hebdo qui avait discuté quelques mois avant l’attentat avec un homme qui cherchait à localiser les bureaux du journal. Or, le journaliste en avait informé le chef de mission du service en charge de la protection de Charb, qui aurait rédigé un rapport à l’intention des services de renseignements. "Avec ma cliente, nous voulons savoir si ce rapport, établi suite au signalement du témoin, a bien été rédigé et transmis", a précisé l’avocat à L’Eveil Normand.

Me Philippe Stepniewski assure qu’il ne s’agit pas d’être "dans la polémique", mais que sa cliente veut "des réponses aux questions" qu’elle se pose depuis la mort de son époux. Si dysfonctionnement il y a eu, l’épouse du policier "veut que des responsabilités soient prises", ajoute l’avocat.

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Elle s’est d’ailleurs exprimée ce mardi sur RTL : "Pour moi, Franck a été sacrifié, il n’y a pas d’autres mots. Il voyait les dysfonctionnements, il regrettait le manque de sécurité dans les locaux, il disait que c’était une passoire et que c’était impossible de faire correctement son métier dans ces conditions-là."

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