Alors qu’une adolescente de 15 ans a été tuée lundi par un requin dans la baie de Saint-Paul sur l’île de la Réunion, une attaque si proche du bord reste tout à fait "exceptionnelle" selon Valérie Cotrel, spécialiste des requins de l’aquarium de La Rochelle (Charente-Maritime).

Planet : Quels sont les requins auteurs des attaques sur l’île de la Réunion ?Valérie Cotrel : "Parmi les 480 espèces de requins répertoriées, seules dix sont dangereuses et capables d’attaquer les hommes. Sur l’île de la Réunion, seuls les requins tigres et les requins bouledogues présents dans l’Océan Indien sont susceptibles d’attaquer les humains.

Planet : L’attaque a eu lieu à seulement  cinq mètres du rivage, est-ce normal ?Valérie Cotrel : Le fait que le requin s’en soit pris à l’adolescente si près des côtes est tout à fait exceptionnel, à plus forte raison que c'est une baigneuse qui a été prise pour cible par l’animal et non un surfeur. Il n’en reste pas moins que la zone était considérée comme dangereuse et la baignade dans la baie de Saint-Paul interdite par les autorités.

Planet : Les squales sont-ils foncièrement méchants envers l’homme ?Valérie Cotrel : Absolument pas. Il y a chaque année entre 50 et 100 attaques dans le monde, dont une dizaines sont mortelles dues à une hémorragie.  Selon les scientifiques, les attaques de requins sont dues à une confusion. Le squale prend l’homme pour sa proie. C’est pour cette raison que ce sont majoritairement des surfeurs qui sont victimes d'attaques : les requins confondent les planches des sportifs avec les carapaces des tortues. Après avoir mordu un surfeur, le requin ne revient pas sur la victime même si elle perd beaucoup de sang, c’est la preuve qu’il n’est pas vraiment intéressé par le sang humain.

Planet : Est-ce que les attaques de requins suivent un cycle ?Valérie Cotrel : Il n’a y pas de cycle qui détermine le déplacement et les attaques de la part de ces animaux. Tout dépend de la fréquentation des eaux : plus il y a de touristes dans les eaux, plus grande sera la possibilité d’attaque. Le risque zéro n’existe pas.

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Planet : Le fait de taper sur le museau du requin pour le désorienter est-il un mythe ?Valérie Cotrel : Le museau est une partie qui concentre chez le requin plusieurs organes sensoriels : il lui permet notamment de repérer et chasser ses proies. Les yeux sont également la seconde partie la plus fragile. Une attaque de requin étant d’une rapidité prodigieuse et très soudaine, il est très difficile pour l’homme de pouvoir effectuer le bon geste pour pouvoir désarçonner l’animal." 

Vivez une attaque de requin comme si vous y étiez :