Une stagiaire de l’armée française a été contrainte de démissionner en Vendée après avoir porté plainte parce qu’un sergent l’avait filmée nue et à son insu sous sa douche. La jeune femme a finalement obtenu lundi l'annulation de sa démission par le tribunal administratif de Nantes. Plus de détails sur ce scandale.

©AFP

 

Scandale dans l’armée française. Une stagiaire du Centre militaire de formation professionnelle (CMPF) de Fontenay-le-Comte (Vendée) a récemment été poussée à démissionner par ses supérieurs après qu’elle a porté plainte contre un sergent en novembre dernier. Originaire de la Martinique, la jeune femme de 25 ans, avait découvert que ce dernier l’avait secrètement filmée nue sous sa douche. Les faits se sont produits le soir de la qualification de l'équipe de France de football pour la Coupe du monde. Selon l’avocat de la plaignante, le militaire se serait alors senti "enhardi après avoir bu" pour fêter la victoire des Bleus. Et alors que le sergent a ensuite reconnu les faits, c’est la jeune femme qui a été inquiétée. "À croire que c'était moi qui étais coupable de quelque chose, je n'ai senti à aucun moment que j'étais soutenue", a-t-elle confié à l’AFP.

Sauvée par le tribunal administratif de Nantes

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Revenant sur la suite qu’a donné l’armée à cette affaire, le conseil de la stagiaire, Me Delacharlerie, a indiqué qu’on "lui a tenu la plume pour qu’elle demande la résiliation de son contrat" de dix mois. La jeune femme a par ailleurs détaillé à l’AFP ce qui lui a été expliqué dans le 'bureau du colonel' un mois après son dépôt de plainte : "Pour vous c'est terminé, pour le bien-être de la formation, des élèves, des formateurs". Ne pouvant se résigner à accepter cette situation, elle a ensuite saisi la justice administrative au début du mois dernier afin de réclamer la suspension de la résiliation de son contrat. Et celle-ci lui a finalement donné raison. Le tribunal administratif de Nantes a en effet suspendu en  cette démission contrainte de la stagiaire, lundi. "L'armée, au lieu de lui offrir une protection, l'a seule stigmatisée au nom d'une conception très douteuse de l'intérêt du service", a souligné Me Delacharlerie.

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