Des militantes du mouvement féministe ukrainien Femen assurent avoir été agressées samedi en marge de la manifestation anti-mariage homosexuel organisée samedi à Paris par l'institut Civitas, proche des catholiques intégristes.

Débordements. D'après les chiffres de la police, quelque 9.000 personnes ont répondu présentes samedi à l'appel lancé par l'Institut Civitas – proche des catholiques intégristes – pour manifester contre l'ouverture du droit au mariage aux couples homosexuels. Au milieu des soutanes et des croix chrétiennes, des militantes du mouvement féministe ukrainien Femen ont fait irruption. Accompagnées de journalistes, dont Caroline Fourest, certaines assurent avoir été prises à partie par des manifestants. D'autres rapportent même avoir été "rouées de coups par une trentaine" d'agresseurs.

Tolérance zéroEt alors que les forces de l'ordre ont indiqué avoir arrêté cinq personnes parmi les agresseurs, la porte-parole du gouvernement a déclaré que celui-ci "n'aura aucune tolérance à l'égard de ces violences et de tous les dérapages qui y sont associés". Participant lui aussi à la manifestation, Bruno Gollnisch (Front National) a estimé que le mouvement de protestation s'était déroulé dans une ambiance "bon enfant". Selon lui, "il y a eu quelques provocatrices qui ont été repoussées (...). Si les gens viennent chercher des claques et les trouvent, c'est autre chose". Une trentaine de cars de province est par ailleurs venue grossir les rangs du cortège, qui a défilé autour du mot d'ordre "oui à la famille, non à l'homofolie". Un slogan qui, selon Najat Vallaud-Belkacem, constitue un "dérapage".  

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"La sauvegarde de la famille"Les protestataires ont défilé dans l'après-midi du ministère de la Famille, dans le VIIe arrondissement, jusqu'à l'Assemblée nationale, derrière une large banderole sur laquelle était écrit "Un papa, une maman, pour tous les enfants". Parmi les manifestants figuraient de nombreux jeunes, mais aussi des prêtres en soutane, des retraités et des familles, brandissant pour certains des drapeaux bleu-blanc-rouge, des croix chrétiennes ou des banderoles siglées de fleurs de lys. "Notre objectif, c'est de mener une véritable bataille pour la sauvegarde de la famille et de l'enfant", a déclaré Alain Escada, responsable de Civitas. L'Insitut revendique 1.200 adhérents et un réseau de sympathisants d'environ 100.000 personnes. 

Regardez les images des débordements survenus samedi en marge de la manifestation anti-mariage gay: