Accusé du meurtre et du démembrement de Laetitia Perrais, Tony Meilhon, dont le procès s’est ouvert hier à la Cour d’assises de Loire-Atlantique, a livré une nouvelle version des faits inculquant un complice, dont il refuse de donner le nom.

Ce mercredi, à la Cour d’assises de Loire-Atlantique, Tony Meilhon, accusé du meurtre atroce de Laetitia Perrais, a livré une nouvelle version des faits. S’il a reconnu qu’il avait percuté Laetitia en voiture, qui se trouvait elle en scooter, il a ensuite indiqué qu’il l’avait découverte inconsciente et l’avait cru morte. Il raconte l’avoir enroulée dans une bâche puis mis dans son coffre avant de lui porter plusieurs coups de couteau. Le lendemain matin, il dit avoir appelé un ami, qui l’a aidé à démembrer la jeune fille. Il a refusé catégoriquement de donner le nom de son complice. "C'est moi qui ai fait appel à lui le matin des faits. Je n'ai pas fait appel à lui pour le dénoncer par la suite" a-t-il indiqué. Il a ensuite précisé : "on s'est partagé la tâche : il a pris le tronc, j'ai pris les membres et chacun est allé se débarrasser du corps à un endroit." Un récit glaçant qui a suscité l’émotion dans le tribunal.

"J'ai menti je n'ai pas dit la vérité sur quasiment 80% des faits""Avec ce que j'ai lu dans le dossier, avec ce que j'ai vu, j'ai vu M. Perrais à la télévision, vu la douleur des personnes (...) en voyant le mal que j'ai fait. Je me dois de dire la vérité, pour la famille, les amis et aussi pour Laetitia" a déclaré Tony Meilhon. Il a ensuite avoué que jusqu’ici, durant ces deux années de détention, il a tenté de se faire passer pour fou, avant de se rendre compte de la douleur qu’il avait causé aux proches de Laetitia. Jusqu’ici, il a avoué avoir menti et selon lui, hier, il a livré à la cour la véritable version des faits.

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Un passé douloureux mis en avantMais Tony Meilhon a aussi raconte à la cour son enfance difficile. Sa mère lui "mettait des baffes et se faisait mal à la main, puis a pris un martinet, puis des coups de lattes, puis elle appelait mon frère qui faisait de la boxe." Il a dit avoir évolué dans un environnement violent, son beau-père, qui selon lui le frappait aussi, aurait tué son petit chat. Il a ensuite évoqué son père décédé, qui battait son frère et sa mère, mais dont il dit garder un bon souvenir. Placé en foyer dès l’âge de 11 ans à la demande de sa mère, il a raconté leur univers violent et a indiqué : "c'est là que j'ai appris à voler une voiture, à braquer un magasin." "Ce que j'ai fait, c'est refaire ce que j'ai subi, la violence, je l'ai subie et je l'aie retranscrite. Eduqué dans un milieu comme ça, il n'est pas illogique que j'en ressorte de la même sorte" a-t-il conclu.

Aujourd’hui, sa mère –qui s’est portée partie civile- et son frère sont attendus à la barre pour  témoigner. Le procès devrait durer jusqu’au 7 juin. 

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