Ce vendredi matin, le grand-oncle et la grand-tante de Grégory Villemin, assassiné il y a trente ans, ont été déférés au parquet général de Djion. La veille, le procureur général de Dijon faisait plusieurs révélations.

Plus de trente ans après la mort du petit Grégory, retrouvé pieds et poings liés à Lépanges-sur-Vologne (Vosges) dans les eaux froides de la rivière du même nom en 1984, l'affaire qui porte son nom rebondit.

Mercredi, on apprenait que trois personnes en lien avec l'affaire avaient été interpellées dans les Vosges. Le lendemain, jeudi après-midi, le procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc, tenait une conférence de presse lors de laquelle il a fait plusieurs révélations. Selon les investigations, "plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime". Les emplois du temps des suspects à l’époque sont actuellement en cours de vérification afin de corroborer ou non leur participation. L'affaire n'est pas résolue pour autant car Jean-Jacques Bosc a précisé qu'il "ne sai[t] pas qui est l'auteur" de l'assassinat du petit Grégory Villemin. Le procureur a aussi déclaré que les trois gardés à vue avaient invoqué leur droit au silence.

Des expertises qui accusent la grand-tante de Grégory

Du point de vue des éléments à charge, le procureur a annoncé que les expertises en écriture sur une lettre de menaces envoyée à la famille en 1983 – soit l’année précédant le meurtre – sont "confondantes" pour Jacqueline Jacob, la grand-tante de Grégory. Il a également évoqué une "similitude" entre l’écriture de ce courrier et celle du message de revendication du crime, envoyé le jour des faits aux parents. Ces similitudes portent notamment sur l’emploi du mot "chef", surnom donné à Jean-Marie Villemin, le père de l’enfant, régulièrement menacé par des "corbeaux". L’analyse d’un autre courrier de menaces, envoyé au juge Simon (qui a succédé au juge Lambert et avait repris l'enquête à zéro) en 1989, montre qu’il pourrait avoir été écrit par Monique Villemin (née Jacob, ndlr), la grand-mère, qui a été entendue mercredi par la gendarmerie.

La piste d'un règlement de compte intrafamilial est privilégiée, sur fond de mésentente entre Marcel Jacob et Jean-Marie Villemin (le père du petit Grégory). Le premier jalousant la réussite de son neveu, surnommé "le chef", parce qu'il avait réussi professionnellement. Le jour de la mort du petit Grégory, les parents - Jean-Marie et Christine Villemin - avaient ainsi reçu ce message sordide : "J’espère que tu mourras de chagrin le chef. Ce n’est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils. Voilà ma vengeance, pauv con".

L'oncle et la tante déférés au parquet général de Dijon

Enfin, le procureur a déclaré que des "repérages" et "des surveillances" ont été effectués avant le meurtre par un homme et une femme ayant été vus par des témoins. "Quelques jours avant le passage à l'acte, des repérages et surveillances ont été réalisés, opérés par un homme portant une moustache et quelques fois accompagné d'une femme", a ainsi précisé Jean-Jacques Bosc.

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Pour finir, on apprend ce vendredi que deux membres de la famille du petit Grégory, Marcel et Jacqueline Jacob, ont été déférés le matin même au parquet général de Dijon en vue de leur présentation à un juge d'instruction. Marcel Jacob et sa femme Jacqueline faisaient partie des gardés à vue depuis mercredi.

Vidéo sur le même thème : Affaire Grégory : la déclaration du procureur général en intégralité 

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