Nouveau rebondissement dans l’affaire Grégory cette semaine, avec la manifestation d’un corbeau. Planet s’est penché sur les moyens d’identifier les harceleurs anonymes dans les enquêtes criminelles. 

Le procureur en charge de l’affaire Grégory, Jean-Jacques Bosc, a reçu cet été une lettre de menaces, ainsi que l’a révélé France Inter cette semaine. Le corbeau qui a utilisé un normographe, met en garde le magistrat et écrit : "tu prends la même direction que le petit juge Lambert", une référence au juge en charge de l'affaire et retrouvé mort cet été après un suicide. A la fin de sa lettre, le corbeau ajoute : "tu sauras jamais pour le petit (sic)". Il est également fait mention d’un journaliste qui suivait l’affaire de près.

 

 

Le corbeau semble proche de l’affaire, ce qui est plutôt courant estime Alain Bauer, professeur de criminologie au conservatoire des arts et métier de Paris. "Les corbeaux sont souvent proches des affaires dans lesquelles ils interviennent. Ce sont aussi souvent des gens qui sont dans l’entourage des victimes, mais attention ils peuvent parfois être invisibles. Si cela peut être des amis ou des membres de la famille, il peut aussi s’agir d’un voisin, d’un livreur. Leur proximité avec l’affaire leur permet d’être précis dans leurs menaces", détaille-il pour Planet.

Pour identifier un corbeau, les enquêteurs peuvent donc déjà se pencher sur le cercle personnel des victimes.

A chacun sa technique

Aujourd’hui, les enquêteurs disposent de nombreuses technologies pour identifier un corbeau. Dans le cas d’une lettre comme celle envoyée, "c’est là où l’on dispose du plus de traces. Il y a l’enveloppe, le papier de la lettre, l'encre, le timbre avec salive ou autocollant, le rabat de l’enveloppe". Ce sont autant d’éléments matériels sur lesquels les enquêteurs vont pouvoir procéder à des prélèvement ADN afin d’identifier une personne. Sur la missive envoyée à Jean-Jacques Bosc, les autorités ont relevé un profil ADN masculin mais également 13 mélanges d’ADN masculin et féminin. En revanche, elles n’ont pas été en mesure d’identifier où la lettre avait été postée.

Dans le cas d’un corbeau qui agirait par téléphone, les enquêteurs "vont pouvoir utiliser toutes les connexions et le cablage qui permet de relier quelqu’un à un téléphone. Pour un cellulaire, ils pourront utiliser la triangulation qui permet de localiser un appareil". Outre ces éléments technologiques, plusieurs détails vont permettre d’identifier la personne à l’autre bout du combiné : la voix, les intonations, l’accent, le choix des mots.

Enfin, certains corbeaux choisissent le courriel pour leurs menaces. Comme pour le téléphone portable, les enquêteurs vont pouvoir identifier serveur et connexion. Si il y a eu passage dans un café internet, il est fortement possible que ce dernier soit doté d’une caméra de vidéosurveillance.

Pas de profil type, mais…

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Dans les affaires de chantage ou de harcèlement il n’y a "généralement pas de profil type", relève Alain Bauer. En revanche, le spécialiste évoque plutôt des "mobiles types". "Les corbeaux s’exécutent souvent pour ressentir un sentiment de puissance, de domination, de contrôle ou pour des questions d’argent. Ils peuvent être mus par une volonté de revanche, de vengeance, mais aussi par un sentiment de jalousie, de haine et même d’amour". Cependant, contrairement à certains serial killer qui aiment clairement jouer avec les nerfs des enquêteurs, et voient le travail d'investigation comme une sorte de "compétition", "les corbeaux, eux, ne cherchent pas à se faire prendre", relève Alain Bauer.

Vidéo : Affaire Grégory: un corbeau menace le procureur Jean-Jacques Bosc

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