Alors que le site d’informations Mediapart va prochainement faire l’objet d’un contrôle fiscal, son patron se demande s’il ne s’agit pas d’une vengeance du gouvernement. C’est ce média qui a fait éclater l’affaire Cahuzac en 2012.

©AFP

Selon les informations du site Les Echos, le site d’informations Mediapart et Indigo Publications, l’éditeur de la Lettre A, ont récemment reçu un avis d’huissier les informant qu’ils feraient l’objet d’un contrôle fiscal vendredi matin. Et alors que cet examen vise la TVA réduite de 2,1% que tous les deux appliquent et qui correspond à la presse papier, l’administration fiscale estime qu’ils devraient appliquer le taux normal à 19,6%. Un argument que Mediapart et Indigo Publications jugent illégitime. "Cette mesure viole le principe d’égalité et de neutralité des supports affirmés par les pouvoirs publics depuis 2009", a en effet expliqué Edwy Plenel, le patron de Mediapart. Dans un article en ligne sur son site et intitulé "L’Etat s’attaque à la presse en ligne", celui-ci a par ailleurs dénoncé une mesure qui vise "des journaux numériques, notamment Mediapart, qui refusent toute dépendance de la publicité, des subventions publiques et des industriels privés" et qui "met en péril l’indépendance de la seule presse qui ne vit que du soutien de ses lecteurs".

"L’Etat s’attaque à la presse en ligne"Au-delà de ses critiques, Edwy Plenel s’est également interrogé sur ce qui a motivé cet examen fiscal. "Un an après le déclenchement de l'affaire Cahuzac, qui a conduit à la démission d'un ministre du budget fraudeur que soutenait sa haute administration, Bercy voudrait-il se venger à froid d'une presse trop indépendante ?", s’est-il questionné

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De son côté, Maurice Botbol, le directeur d’Indigo Publications, a dénoncé le fait que "la semaine dernière encore, Aurélie Filippetti s’est engagée à appliquer un taux de TVA réduit pour l’ensemble de la presse dès l’année prochaine. On ne peut pas subventionner la presse papier  comme on le fait d’une part et demander une TVA à 19,6% pour la presse en ligne, c’est incompréhensible", rapporte France Info.

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