Condamné en 2007 à 20 ans de prison pour l’assassinat de sa maîtresse, Agnès Le Roux, Maurice Agnelet a récemment demandé un troisième procès et sa remise en liberté. La justice doit annoncer ce jeudi si elle va accéder à sa requête.

Maurice Agnelet repassera-t-il devant la justice ? C’est en tout cas ce qu’il espère. A 74 ans, l’ancien avocat niçois a en effet demandé à être jugé une troisième fois, voire à être remis en liberté. En 2007, il a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour l’assassinat de sa maîtresse, Agnès Leroux mystérieusement disparue trente ans plus tôt. Alors que les sept avocats de la commission de réexamen de la Cour de cassation doivent annoncer leur décision ce jeudi à 17 heures, l’avocat général a d’ores et déjà estimé que la tenue d’un nouveau procès devant la cour d’assises de Paris était "opportune". Le magistrat s’est cependant déclaré défavorable à la remise en liberté du septuagénaire. Selon lui, il "convient de ne prendre aucun risque quant à une éventuelle non-représentation en justice". De son côté, le conseil de Maurice Agnelet, Me François Saint-Pierre a souligné que c’est justement pour être jugé que son client "s’est battu tout au long de ces années" et non pour échapper à la justice.

Un procès inéquitable ?Après avoir bénéficié d'un non-lieu en 1985, l'amant d'Agnès Le Roux, avait finalement été renvoyé aux assises. Acquitté en 2006, il a été condamné en 2007 en appel. Son pourvoi en cassation avait ensuite été rejeté. En septembre dernier, l’ancien avocat niçois avait demandé une révision de son procès mais en vain. Il s’appuyait alors sur le témoignage d’un ancien truand qui affirmant que l’un de ses amis lui avait confié quelques mois après sa mort (en 1987) qu’il avait tué la jeune femme et ce, dans le cadre d’un contrat. Le 10 janvier dernier, la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a finalement jugé que le détenu n’avait pas bénéficié d’un procès équitable.  Les juges européens ont en effet estimé qu’il n’avait "pas disposé de garanties suffisantes lui permettant de comprendre le verdict" rendu en 2007. Ils ont par ailleurs considéré que "le meurtre n’était pas formellement établi et que, partant, le lieu, le moment et les modalités du crime supposé restaient inconnus".

Publicité
La douleur des Le RouxHéritière du casino niçois Le Palais de la Méditerranée, Agnès Leroux s’est volatilisée à l’automne 1977. Partie un soir au volant de sa voiture, elle n’a plus jamais été vue. Ni son corps ni son véhicule n’ont été retrouvés. "Cette affaire est un calvaire depuis longtemps", a estimé Me Hervé Temime, le conseil de la famille de la victime. Saluant leur "dignité extraordinaire", il a également indiqué que si un troisième procès venait à avoir lieu, les proches de la victime "en prendrait acte avec beaucoup de regret, beaucoup de tristesse". Maurice Agnelet a toujours clamé son innocence. 

Vidéo - Retrouvez ci-dessous notre zapping Actu du jour :