Djamel a survécu aux attentats du 13 novembre. Aujourd’hui amputé d'une jambe, il entame une grève de la faim pour dénoncer l'abandon de l'Etat.

La grève de la faim, le dernier recours. Djamel, 36 ans, réside à l’hôtel des Invalides à Paris, au service des mutilés de guerre. Le 13 novembre, quatre balles l’ont atteint alors qu’il était attablé à la terrasse de la Belle Equipe. Aujourd’hui amputée d’une jambe, il se bat contre l’Etat pour que son statut de victime soit reconnu, rapporte le Parisien.

Avant de porter une prothèse et de se déplacer en fauteuil roulant, Djamel était un entrepreneur travaillant au développement d'une entreprise de prêt-à-porter. Près de huit mois après les attentats, sa demande de carte d’invalidité a pourtant été refusée à deux reprises par la maison départementale des personnes handicapées de la Seine-Saint-Denis (MDPH). Ce document a pour but d’attester le fait qu’il est en situation de handicap. 

"Son dossier est réglé"… Mais non

Interrogée par les médias, la secrétaire d'Etat chargée de l'Aide aux victimes affirmait le 24 juin dernier : "A l'heure où je vous parle, son dossier est réglé sur la question de son inscription aux droits MDPH". Or il y a quelques jours, Djamel a une nouvelle fois reçu un courrier annonçant le rejet de sa demande. Amer, le rescapé a décidé d’entamer une grève de la faim pour que son dossier soit enfin traité.

"C'est insupportable, on nous balade, dénonce-t-il. Si l'Etat n'est pas capable de régler nos problèmes, ce n'est pas la peine de nommer quelqu'un qui fait semblant de s'intéresser à nous. On n'a pas besoin de visites de ministres. On veut que les dossiers avancent. Je ne veux plus avoir affaire avec ce secrétariat d'Etat."

"Elle m'a demandé de ne pas parler de mon cas..."

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Comble de l’histoire : en fin de semaine, la secrétaire d'Etat chargée de l'Aide aux victimes, Juliette Méadel lui a demandé un petit service. "Elle m'a demandé de ne pas parler de mon cas aux médias, que tout allait lui retomber dessus. Mais on n'en peut plus ! Rien n'avance, on est trop nombreux dans ce cas", explique Djamel, excédé.

Non seulement il a décidé d’en parler, mais il a également arrêté de s’alimenter pour faire enfin bouger les choses.

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