Le jour de la fête nationale, le "Mouvement du 14 juillet" avait lancé un appel afin de prendre le pouvoir à l’Assemblée nationale. Mais quelle est cette organisation complotiste ?

Un "coup d’Etat" a-t-il été évité de justesse mardi, en pleine fête nationale du 14 juillet ? Pas tout à fait, mais plus de 300 personnes, eux, ont cru rejouer le 6 février 1934 en se réunissant place de la Concorde à Paris, afin de renverser le pouvoir une fois parvenues à l’Assemblée nationale, qui se trouve juste en face.

L’appel avait été lancé par le "Mouvement du 14 juillet" qui voulait profiter du défilé militaire pour rallier à sa cause l’armée pour tenter d’envahir le cœur du pouvoir démocratique.

Les forces de l’ordre ont intercepté un certain nombre de ces manifestants dont la moyenne d’âge tournait autour de 25-30 ans : certains portaient le masque des "Anonymous", ce collectif anonyme de pirates sur Internet. Si la police a interpellé 300 personnes, le site agenceinfolibre, qui relaie l’action du groupe, parle lui de 500 personnes présentes.

Un groupe qui se revendique apolitique

Sur son site internet, le "Mouvement du 14 juillet" se présente comme un "collectif de simples citoyens" qui veut "changer les décideurs" et "modifier en profondeur les structures de gestion de la société". En outre, le groupe constitué d’une dizaine de représentants, se dit "extérieur à tous mouvements politiques ou religieux". Selon une liste diffusée sur leur site, le groupe compterait parmi ses membres des restaurateurs, des retraités, des artisans, des intermittents du spectacle, etc.

Comme le relate Le Figaro, "il s’agit d’un rassemblement hétéroclite qui diffuse principalement des théories complotistes". Ainsi, sur la santé, le groupuscule fait le constat que "les bien-portants ne rapportent rien. Pour que la santé fasse du profit, il faut des malades !", pointant notamment les laboratoires de l’industrie pharmaceutique. En économie, celui-ci vilipende encore "la soi-disant dette qui ne provient que des intérêts" et avec laquelle "nos politiciens ont trouvé leur intérêt", celui d’un "mode d’exploitation du peuple".

Un modèle de société fondé sur le "bon sens des citoyens"

Ce groupe jusqu’alors inconnu serait né "il y a quelques mois", plus précisément en mars 2014, comme l’indique Le Monde qui s’appuie sur une vidéo où l’on peut voir Eric Fiorile, l’un des porte-paroles du mouvement. Sur son site internet, l’homme explique son concept de "démosophie", "un modèle de société qui, au lieu d'être dirigée par l'oligarchie politique issue de la République, le serait par la logique et le bon sens de citoyens sans aucune sélection de ceux-ci…"

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Selon Ornella Guyet, une journaliste qui a écrit sur le mouvement, interviewée par les Inrockuptibles : "Ce type de mouvement est sans espoir, mais pour ceux qui y croient, le risque est de former des déçus de la politique. (...) Pour des gens qui entrent en politique, qui sont un peu perdus, il y a des risques qu'ils se tournent vers ce genre de mouvements qui présentent de prime abord certains aspects sympathiques et attrayants, mais qui sont potentiellement des portes d'entrée vers l'extrême droite.", explique-t-elle.

Vidéo sur le même thème : Vers un coup d'Etat à l'occasion du 14 juillet ? 

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