Le maintien du modèle social de retraites dépend de mesures qui devront être adoptées dans un avenir proche. A quelques jours du deuxième tour de la présidentielle, voici ce que prévoient les deux candidats en lice : Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.

Ségo, Sarko : leur programme retraite

Prévue au printemps 2008, après cinq années d'application, la renégociation de la réforme des retraites pourrait donner lieu à de nouvelles mesures importantes. En janvier dernier, le Conseil d'orientation des retraites (COR) rappelait d'ailleurs que pour préserver l'équilibre financier des retraites par répartition, le futur gouvernement et les partenaires sociaux devront choisir entre trois paramètres : l'âge de départ et le nombre d'années de cotisations, le taux de ces cotisations et surtout le montant du revenu de remplacement. Arbitrage difficiles à prendre quand on sait que 15% des 12,5 millions de Français de plus de 60 ans sont considérés comme pauvres au regard des critères européens, c'est à dire touchant moins de 1400 euros de revenus par mois.

Les mesures de Ségolène Royal

La candidate du parti socialiste ne remettra pas en cause la réforme de 2003 connue sous le nom de loi Fillon. Mais elle compte ouvrir une large négociation avec les partenaires sociaux. Son premier objectif est d'engager une augmentation des petites retraites de 30 à 50 euros par mois et de porter le minimum vieillesse à un niveau proche du smic.En matière de financement outre la remise à niveau du Fonds de réserve des retraites (FRR) elle envisage de créer un fond de pension collectif excluant toutefois l'instauration de fonds de pension privés.

Sans exclure une révision des régimes spéciaux, elle préconise de prendre en compte pour l'établissement des retraites la pénibilité du travail et les charges de famille.

Par ailleurs convaincue que les conséquences du vieillissement et de la dépendance nécessiteront des moyens considérables elle envisage de recourir à la CSG pour assurer le financement de ces coûts.

Les propositions de Nicolas Sarkozy

La première proposition de Nicolas Sarkozy, concerne la revalorisation de 25% du minimum vieillesse. Concernant 622 000 allocataires ce minimum est actuellement fixé à 7 380 euros net par an. Le candidat de l'UMP prévoit de le porter de 615 à 769 euros par mois soit une hausse de 154 euros. Mais cette mesure concerne aussi les retraités dont les revenus mensuels sont compris entre 615 et 769 euros qui seraient tous alignés sur ce seuil.

Si Nicolas Sarkozy n'entend pas toucher à l'âge légal de départ à la retraite, à savoir 60 ans, il souhaite encourager l'allongement de la vie professionnelle au delà de 65 ans. Il entend aussi améliorer les pensions des femmes ayant élevé leurs enfants, qu'elles aient continué de travailler, ou qu'elles aient cessé leurs activités pour éduquer leur descendance.

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Mais sa priorité est de s'attaquer aux régimes spéciaux afin d'assurer l'équité entre tous les salariés. Cette réforme concernerait d'abord ceux de la SNCF et de la RATP dont l'âge de départ à la retraite reste fixé à 55 ans, voire parfois 50 ans. On se souviendra qu'en 1995, Alain Juppé avait dû renoncer à cette réforme suite à un mouvement social de plusieurs semaines.
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