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Lors de sa conférence de presse de rentrée, François Hollande a annoncé l'accueil par la France, sur deux ans, de 24.000 réfugiés. Mais sur le terrain, la réalité n'est pas aussi simple. Certains réfugiés syriens, qui devraient prioritairement obtenir le statut de demandeur d'asile en France, rencontrent d'immenses difficultés. "J'ai fui la guerre pour offrir une vie meilleure à ma famille" A Saint Ouen, certains d'entre eux vivent dans des tentes et déplorent un manque de visibilité : "Ce que dit le gouvernement français est contradictoire : il annonce qu'il veut accueillir 24.000 réfugiés alors que nous on est là, on attend depuis presque quatre mois et personne ne se préoccupe de nous. Moi, j'ai fui la guerre pour offrir une vie meilleure à ma famille... Pas pour rester comme ça, dans la rue", déplore Hamid, 26 ans. Avec sa femme et ses enfants, il a fui les bombes syriennes en passant par le Liban. Son tort : n'avoir jamais entendu parler des accords de Dublin. "Je suis arrivé en Europe par l'Espagne. Là-bas, ils ont pris mes empreintes digitales et ce que je ne savais pas c'est qu'une fois ces empreintes digitales prises, j'étais obligé de faire ma demande d'asile dans le pays en question... Donc je suis coincé." "Pas de logement" Des histoires comme celle d'Hamid, Fadi Farah en entend tous les jours. L'association franco-syrienne dont il fait partie est à la base à vocation culturelle. Mais avec la guerre, elle est vite devenue humanitaire. "Le camp est entre Saint Ouen et Paris, chacun se rejette la responsabilité. Personne ne s'occupe d'eux." A quelques mètres du périphérique parisien, Fadi montre un autre camp de réfugiés syriens. La majorité d'entre eux sont arrivés en France depuis plusieurs mois déjà et ont même obtenu une réponse positive concernant leur demande d'asile. L'un des migrants a même eu un "récépissé de l'OFPRA" : "Quand il est arrivé à la CADA, on lui a dit qu'il n'y avait pas de logement pour lui." Face à la complexité de l'administration, beaucoup comme Mohammed, désespèrent. Les images de ses compatriotes syriens accueillis à bras ouverts à la frontière française, lui semblent bien loin. "Je ne comprends rien. Ça fait un an et demi que je suis en France. Ma famille qui est arrivée après moi a obtenu ses papiers rapidement en faisant une demande à Lille alors que moi j'attends toujours à Paris, loin d'eux. J'ai peur qu'ils aient perdu mon dossier à la préfecture." Le tort de Hamid, Mohammed et leurs compatriotes : être arrivés trop tôt en France, ne pas être ce qu'il convient désormais d'appeler les réfugiés médiatiques. Un reportage de Marie Labat A lire aussi : >> Réfugiés : qu'est-ce que l'espace Schengen ? >> Manuel Valls : "Nous ne remettrons jamais en cause le droit d'asile" >> Accueil des réfugiés : revivez le débat à l'Assemblée nationale
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