Comment, dans une résidence où vivent 270 étudiants, la mort de l’un d’eux, en mai, a-t-elle pu passer inaperçue ? Reportage.

A l’arrière de la résidence universitaire Pont-de-Bois, dans la banlieue de Lille, les habitants profitent de la douceur de l’automne pour faire sécher leurs serviettes aux fenêtres. Quelques notes de musique s’échappent d’un des studios. Un étudiant passe la tête par la fenêtre et regarde ses voisins rentrer de l’université. Le quartier est résidentiel, mais le campus de la faculté de sciences humaines de Lille-III n’est qu’à quelques minutes à pied. En arrivant, certains saluent les quelques étudiants assis sur les marches, devant l’entrée. D’autres rentrent chez eux sans dire un mot.

C’est une cité U de 270 logements qui ressemble à beaucoup d’autres, mais au mois de mai, un résident y est mort d’une rupture d’anévrisme dans sa salle de bains, et son décès n’a été découvert que plusieurs jours après. Cet événement a bien entendu choqué les résidents, tout comme la façon dont certains médias s’en sont fait l’écho, décrivant un jeune étudiant de master isolé, accro aux jeux vidéo, pour justifier ce délai.

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« Comme les logements sont individuels, nous ne pouvons pas pénétrer dans les studios des résidents sans autorisation, explique de son côté Emmanuel Parisis, directeur général du Crous, dont dépend la résidence. Mais quand ses parents, sans nouvelles, nous ont fait part de leur inquiétude, nous sommes allés voir. »

Aujourd’hui, la vie a repris son cours. Jade, inscrite en...

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