Editorial du « Monde ». Si, faute d’élémentaire justice, l’impôt n’a plus ni cohérence ni sens, c’est la légitimité des Etats qui, au bout du compte, est en jeu.

Editorial du « Monde ». Soit pour la brandir en étendard, soit pour la fustiger, l’on a beaucoup invoqué la morale depuis le début de la publication des « Paradise Papers ». Cette impressionnante enquête, menée par Le Monde et 95 médias partenaires, révèle en effet les secrets de l’optimisation fiscale pratiquée en France, en Europe et dans le monde par des multinationales et des grandes fortunes.

Parce qu’elle permet aux unes et aux autres d’échapper peu ou prou à l’impôt et d’économiser des milliards d’euros qu’elles auraient logiquement dû verser aux Etats dans lesquels elles résident ou exercent leur activité, beaucoup ont été choqués, scandalisés ou dégoûtés. Cette indignation est évidemment légitime. Mais, parce que ces pratiques résultent de l’exploitation ingénieuse des failles des législations fiscales, leurs acteurs ou leurs avocats n’ont pas manqué de récuser le procès qui leur est fait : dès lors que, aussi acrobatiques soient-ils, ces montages sont légaux, ils estiment n’avoir rien à se reprocher. A leurs yeux, la morale n’aurait rien à voir dans cette affaire.

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La morale, peut-être. La justice, en revanche, est au cœur du problème. L’égalité devant la loi et l’égalité devant l’impôt constituent deux piliers essentiels du contrat démocratique. L’une et l’autre sont ébranlées par cette évasion fiscale à grande échelle.

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