Sandrine Morel, correspondante du « Monde » à Madrid, revient sur la crise catalane, alors que Madrid menace de placer la région autonome sous tutelle.

Lotte : Si la réponse du gouvernement catalan est : « oui, nous déclarons l’indépendance », et n’est pas retirée au 19 octobre, a t-on une idée concrète de ce à quoi correspond cette mise sous tutelle ?

Sandrine Morel : Nous n’avons pas d’idée concrète. Il y a beaucoup de manières d’appliquer l’article 155. L’Etat espagnol peut se contenter de suspendre seulement certaines compétences : prendre le contrôle de la police catalane, les Mossos d’Esquadra, ou des comptes publics, par exemple. Le parti Ciudadanos (centre) demande que son application serve à dissoudre la Généralité et à organiser de nouvelles élections régionales.

Peterp : La mise sous tutelle d’une région a-t-elle déjà été utilisée en Espagne ?

Sandrine Morel : Jamais. Mais Josep Borrell, ancien secrétaire d’Etat aux finances socialiste, avait commencé son activation en 1989 contre les Canaries, pour une question de droits de douane que l’archipel refusait d’appliquer. Finalement, les Canaries s’étaient pliées aux injonctions de Madrid, freinant la mise en œuvre de l’article 155.

LudovicR : Que gagnerait la Catalogne si elle devenait indépendante ?

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Sandrine Morel : Lorsque l’on demande aux manifestants ce qui changerait concrètement dans leur vie s’ils obtenaient l’indépendance, très peu de Catalans savent répondre. Souvent, la réponse est “le respect”, “ne pas être méprisé”… C’est avant tout une révolution...
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