Qualifié d'explosif par les uns ou d'inquiétant par les autres, le Conseil d'Orientation des Retraites (Cor) a remis jeudi dernier son rapport au Premier Ministre. Le document comprend près de cent quatre-vingts pages qui exposent les "questions et orientations pour 2008".

Retraite : préparer 2008

En ce début d'année, et de campagne présidentielle, le thème des retraites serait-il, après celui du logement, l'invité "surprise" ? Raphaël Hadas-Lebel, président du Conseil d'orientation des retraites (Cor), formule, en premier, le vœu que ce rapport "Retraites : questions et orientations pour 2008" soit "une base de référence pour des débats de qualité qui intéressent tous les Français". Il rappelle ensuite la simple inscription de cette analyse dans les rendez-vous quadriennaux prévus par la loi Fillon, afin d'en ajuster les dispositifs face aux évolutions démographiques et économiques. C'est donc en amont de l'étape et pour préparer 2008, que le Cor s'est saisi de tous les paramètres connus et utiles aujourd'hui pour envisager les différents scénarios de demain.

La retraite à soixante ans, c'est fini

Les orientations fixées par la loi de 2003 réaffirment le choix de la retraite par répartition et le maintien d'un niveau élevé de pension par l'allongement de la durée de travail, des cotisations, pour garantir le financement d'ici 2020. Or, les comptes des caisses de retraites sont à court terme plus dégradés que prévu. Si ce déficit, pas vraiment surprenant, s'explique par les nombreux départs en retraite des boomers nés en 1945 auxquels s'ajoutent les 340 000 départs anticipés pour carrière longue, il pose néanmoins la question de l'évolution de la détérioration à long terme.

En 2008, toutes les durées de cotisations devraient être alignées sur une durée de quarante ans, y compris les salariés de la fonction publique, hors régimes spéciaux. Puis, entre 2008 et 2012, la loi prévoit le passage à quarante et un ans, soit un trimestre supplémentaire par an pour les personnes atteignant l'âge d'ouverture aux droits.

Mais, force est de constater encore que l'allongement de la durée de cotisation n'entraîne pas un décalage de l'âge du départ en retraite. La cause avancée touche de près le problème du taux d'emploi des seniors. Seuls 38,7 % des Français âgés de cinquante-cinq soixante-cinq ans sont en activité contre 42,5 % en moyenne dans l'Union européenne (chiffres 2005) et un objectif commun fixé à 50 % pour 2010. "L'emploi des seniors est la clé de l'équilibre des retraites", martèle Raphaël Hadas-Lebel. D'autant que, dans l'hypothèse d'un retour au plein emploi, l'Unedic opérerait un transfert du financement du régime chômage vers le régime retraite.

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Vigilance, cohérence, équité et lisibilité sont les quatre mots d'ordre du Cor et son président insiste encore : "Tout le monde doit se mobiliser pour l'emploi des seniors et, si cela demande un dégagement de nouvelles ressources, il faut le faire !"