François Hollande, arrivé en tête dimanche, et Nicolas Sarkozy s'affronteront au second tour de l'élection présidentielle, selon les estimations du premier tour marqué par la percée de Marine Le Pen à un niveau inédit pour le Front national, à près de 20%.

Pour sa première candidature, M. Hollande arrive en tête avec un score compris entre 28,4 et 29,3%, selon les estimations des instituts de sondages à 20H00. Il obtient environ trois points de plus que Ségolène Royal au premier tour de 2007 (25,87%).

Nicolas Sarkozy affiche un score compris entre 25,5 et 27%, alors qu'il avait viré nettement en tête au premier tour en 2007 avec 31,18% des voix. C'est la première fois sous la Ve République qu'un président sortant n'est pas en tête au soir du premier tour. "Un terrible désaveu" pour M. Sarkozy, a réagi la numéro un du PS Martine Aubry.

Marine Le Pen, candidate du Front national, qui rêvait d'améliorer le score de son père, Jean-Marie Le Pen, en 2002 (16,86%), a réussi son pari avec un score compris entre 18,2 et 20%. Elle gagnerait sept à dix points par rapport au score de M. Le Pen il y a cinq ans (10,4%).

Ce niveau élevé de la candidate FN la place en position d'arbitre du second tour.

Révélation de la campagne 2012, Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche, obtiendrait entre 10,8 et 11,7%, bien en deça des 15-17% que lui promettaient de récents sondages. Des voix sur lesquels François Hollande compte pour le second tour.

Pour la finale du 6 mai, l'équation s'annonce au moins aussi compliquée pour Nicolas Sarkozy, qui devra tabler à la fois sur de bons reports des électeurs du FN et du candidat MoDem. A moins de 10% (il est donné entre 8,5 et 9,1%), François Bayrou est très loin de sa performance de troisième homme en 2007 (18,57%).

Les estimations des instituts sont réalisées à partir du dépouillement des 100 premiers bulletins dans des bureaux de vote test où le scrutin s'est clos à 18H00.

Le scrutin, qui consacre un affrontement droite-gauche classique, a connu, avec environ 80%, une participation parmi les plus élevées pour un premier tour. Hormis 2007 (83,77% de participation), il faut remonter à 1988 pour trouver un chiffre supérieur à 80%. Le taux d'abstention serait de moins de 20%, contre 16,2% au premier tour de 2007, 28,4% en 2002 et 21,6% en 1995.

Le candidat socialiste, qui a voté et attendu les résultats dans son fief de Tulle (Corrèze), obtient notamment de bons scores dans les départements et territoires d'outre-mer, augmentant de plusieurs points les résultats de Mme Royal il y a cinq ans.

A 57 ans, il apparaît toujours comme le favori de l'élection présidentielle, 24 ans après la dernière victoire d'un socialiste dans la course à l'Elysée. Il devait s'exprimer en début de soirée depuis Tulle, avant de gagner la capitale.

Au siège du Parti socialiste, rue de Solférino, la fièvre des grands jours a gagné les militants et curieux qui s'y pressent depuis dimanche après-midi.

Donné largement battu dans les sondages depuis des mois, Nicolas Sarkozy, 57 ans, est relégué à la deuxième place par son rival PS, alors qu'en tant que présidents sortants, Charles de Gaulle (1965), Valéry Giscard d'Estaing (1981), François Mitterrand (1988) et Jacques Chirac (2002) avaient tous devancé leurs adversaires au premier tour.

A la Mutualité, où il devait s'exprimer vers 21H00, l'ambiance était plutôt tiède avant même l'annonce officielle des résultats.

D'après les instituts de sondages, aucun des "petits" candidats n'atteint les 5%, l'écologiste Eva Joly enregistrant entre 2% et 2,2%, Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) 1,7% à 1,9%, Philippe Poutou (NPA) 1,2-1,3%, et Nathalie Arthaud 0,5-0,7%. Jacques Cheminade recueillerait 0,2-0,3% des voix.

"Un nouveau match commence ce soir", a réagi Guillaume Peltier, un des secrétaires nationaux de l'UMP, en saluant le score "élevé" de la droite au premier tour. "Rien n'est joué", selon Alain Juppé.

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Relevant le score élevé de Marine Le Pen, Ségolène Royal (PS) a affirmé qu'il fallait "s'adresser" aux électeurs du FN, "les comprendre". Elle s'est réjouie que son camp ait "gagné la première manche".

Le vice-président du Front national Louis Aliot s'est déclaré dimanche "très satisfait" des premières estimations qui placent la candidate Marine Le Pen en troisième position.

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