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Pour la première fois de son histoire, l'unité du G7 s'est brisée samedi à Taormina (Sicile) sur la question cruciale du climat, face à un Donald Trump plus résolu que jamais à jouer sa partition. 'La discussion a été franche, peut-être plus franche que lors des précédents sommets', a reconnu devant la presse le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni, dont le pays préside actuellement le G7. Car en dépit des pressions répétées des Européens (Allemagne, France, Italie, Grande-Bretagne et Union européenne), du Canada et du Japon, M. Trump est resté de marbre. Et même si son homologue français Emmanuel Macron a trouvé en lui un homme 'ouvert', 'à l'écoute' et 'qui a envie de bien faire', le 45ème président des Etats-Unis a surtout déstabilisé ses alliés du G7, après avoir franchement bousculé ceux de l'Otan, jeudi à Bruxelles. I will make my final decision on the Paris Accord next week!- Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 27 mai 2017 'Je prendrai ma décision finale sur l'accord de Paris la semaine prochaine !' a-t-il tweeté, peu avant de quitter la Sicile, après s'être adressé aux militaires américains de la base aérienne de Sigonella, mais pas à la presse. 'Nous nous sommes fait beaucoup de bons amis cette semaine', a-t-il assuré à cette occasion. En attendant, le G7 n'a pu que constater après deux jours de sommet dans la somptueuse station balnéaire sicilienne, qu'ils étaient à six contre un. 'Les Etats-Unis d'Amérique sont en train de réévaluer leur politique sur le changement climatique et sur l'Accord de Paris et ne sont donc pas en mesure de rejoindre le consensus sur ce sujet', indique la déclaration finale. Pourtant, certains veulent encore y croire. Donald Trump est un homme 'pragmatique, et je suis sûr qu'il confirmera son engagement' dans l'accord de Paris, a estimé M. Macron, plutôt satisfait après des 'progrès' à Taormina dans les discussions sur le climat. Ce n'est guère l'avis de la chancelière allemande Angela Merkel, pour qui au contraire 'toute la discussion sur le sujet du climat a été très difficile, pour ne pas dire pas du tout satisfaisante'. Sur l'autre sujet épineux à l'agenda, le commerce international, les dirigeants du G7 se sont montrés plus souriants. Ils se sont dits d'accord pour lutter contre le protectionnisme et les mauvaises pratiques commerciales, dans une formule équilibrée prenant aussi en compte la préoccupation des Etats-Unis pour un commerce juste et équilibré. La journée avait débuté par une rencontre avec les dirigeants de cinq pays africains: Niger, Nigeria, Ethiopie, Kenya et Tunisie. Vendredi, les dirigeants du G7 avaient facilement trouvé un terrain d'entente sur la lutte contre le terrorisme, après l'attentat meurtrier de Manchester. Le G7 a signé une déclaration commune sur le terrorisme dans laquelle il accentue la pression sur les grands groupes internet pour qu'ils luttent davantage contre les contenus radicaux, à la demande de la Grande-Bretagne. Le G7 a également exprimé son inquiétude face au retour des combattants étrangers, particulièrement après l'attentat de Manchester commis par un Britannique d'origine libyenne qui pourrait s'être rendu en Syrie après une visite en Libye. Le G7 de Taormina, où l'ombre de la Russie n'a cessé de planer après les nouvelles allégations concernant son rôle pendant la campagne électorale américaine, s'est dit aussi prêt à prendre des sanctions supplémentaires contre Moscou, en raison de sa 'responsabilité' dans le conflit ukrainien. Samedi en fin d'après-midi, quelques 2.000 manifestants ont défilé dans les rues de Giardini Naxos, au pied de Taormina, et la dispersion de ce cortège a donné lieu à quelques moments de tension entre policiers et une poignée de manifestants. Avec AFP
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La planète n'en a pas fini avec les épisodes extrêmes : ouragans, tornades, sécheresses et inondations devraient s'intensifier, et il faudra, demain plus encore qu'aujourd'hui, en supporter les coûts et tenter de venir en aide aux victimes. Face à ces enjeux, et plus d'un mois après l'accord de Paris sur le climat, tout reste encore à faire pour contenir la hausse des températures. 'Le changement climatique mine les acquis du développement, a alerté le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon lors du Forum économique mondial de Davos. Si nous n'appliquons pas correctement l'accord de Paris, alors les 16 autres objectifs du développement durable seront sapés.' Parmi ces objectifs : éradiquer la faim, la pauvreté, privilégier les énergies propres, favoriser l'égalité entre les sexes... Pour le président de la COP21, Laurent Fabius, l'heure n'est pas au laisser-aller. 'Nous avons des problèmes aujourd'hui en Europe avec l'arrivée de centaines de milliers de personnes à nos frontières. Mais s'il s'agit de millions de personnes, que va-t-il se passer ? Au final, c'est une question de guerre et de paix et je pense que l'accord de Paris sur le climat est un pilier majeur de la sécurité' estime le ministre français des Affaires étrangères. Selon le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNISDR), 90% des désastres de ces 20 dernières années sont des catastrophes naturelles liées à la météo. L'agence précise que le coût des désastres à travers le monde atteint chaque année un montant compris entre 250 et 300 milliards de dollars. Avec agences
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Ce n'est sans doute que symbolique, la lutte contre le réchauffement climatique est pavée de bonnes intentions depuis Kyoto il y a 17 ans, mais il était important que la Chine et les Etats-Unis s'entendent sur des engagements. C'est donc un accord inédit, que les deux grandes puissances qui représentent ensemble 40 % du total des émissions de CO2 de la planète, ont conclu. Hier, à Pékin, en marge du sommet de l'APEC, Barack Obama et son homologue chinois, Xi Jinping, traditionnellement considérés comme les leaders de deux camps opposés dans les négociations sur le climat, ont fait un pas conjoint. L'impact pourrait être significatif pour la suite des négociations, celles qui auront notamment lieu fin 2015 à Paris. D'un côté, la Chine s'est fixé l'objectif d'un pic de ses émissions de gaz à effet de serre, autour de 2030, avec l'intention dit-elle 'd'essayer d'y arriver plus tôt'. C'est la première fois que Pékin fixe une date à partir de laquelle ses émissions cesseront d'augmenter et que la courbe s'inversera. De son côté, Washington s'engage à réduire de 26 à 28 % ses émissions d'ici à 2025. Depuis Kyoto, les Nations unies organisent chaque année une conférence internationale pour tenter de mettre en place des politiques communes de lutte contre le changement climatique. À Paris donc, tous les pays, qu'ils soient développés ou en développement devront s'engager. Signataires du protocole de Kyoto, les Etats-Unis ne l'ont jamais ratifié. Clairement rejetée sous les années Bush, la lutte en faveur du climat a retrouvé un allié outre atlantique avec Obama, mais le sénat a toujours refusé d'aller plus loin. L'engagement du président américain pourrait n'être qu'un nouveau coup d'épée dans l'eau. Le chef de la majorité républicaine au Sénat rejette d'office ces nouveaux objectifs, les jugeant 'irréalistes'. L'accord d'hier serait donc, au final, plus politique qu'autre chose. Pourtant, selon les spécialistes, il y a urgence à agir. Les efforts actuels sont insuffisants pour limiter la hausse de la température mondiale à + 2 C, objectif que s'est fixé la Communauté internationale pour éviter un emballement catastrophique des dérèglements climatiques.
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Lors de sa tournée en Asie, John Kerry a souligné l’importance du combat contre le changement climatique, un sujet devenu, selon lui, une priorité de l’administration Obama. Après avoir...
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