Revue du web
Avec Atlantico
Afin d'accélérer les recherches sur l'ADN - difficiles à mener - , le professeur Brian Hanley n'a pas hésité à s'injecter un fragment d'ADN, souhaitant ainsi ouvrir de nouvelles pistes aux scientifiques.
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Comment transformer l'aquaculture européenne en une activité économique plus verte, plus performante et plus rentable ? C'est tout l'objet d'un vaste projet de recherche européen intitulé IDREEM et mené sur sept sites pilotes en Europe. Il s'agit grâce à une technologie appelée 'Aquaculture multitrophique intégrée' d'encourager la production durable d'espèces aquacoles diverses en parallèle de fermes piscicoles. Un outil qui peut contribuer à revitaliser l'industrie aquacole dans l'Union dont la croissance se situe entre 1 et 2% chaque année alors que l'industrie mondiale progresse pour sa part, de 8 à 9%. Le long de la côte de l'ouest de l'Ecosse, nous nous rendons sur une ferme piscicole en mer où l'on produit environ mille tonnes de saumons chaque année. Nous sommes en compagnie de biologistes marins qui estiment que l'aquaculture européenne peut devenir plus imaginative, plus rentable, plus performante et plus durable. En plus des saumons, l'entreprise qui gère cette ferme piscicole prévoit de récolter sur place, environ 150.000 pétoncles et 60 tonnes de moules sur l'année, et ce grâce à une technologie en cours de test baptisée 'Aquaculture multitrophique intégrée' (AMTI). D'autres espèces sont élevées près des cages à saumons, en partie grâce aux nutriments qu'ils n'ont pas absorbés. Une opération gagnante à plusieurs niveaux Ce qui présente plusieurs avantages d'après David Attwood, biologiste marin et directeur aquacole à The Scottish Salmon Company : 'Pour l'élevage de saumons, on espère de cette manière, pouvoir réduire la quantité de phytoplancton et nous attaquer aux parasites comme les poux de mer, indique-t-il. Mais on espère aussi que cette technologie nous aidera à limiter notre empreinte carbone tout en tirant profit de la culture d'autres espèces que nous pourrons vendre pour l'alimentation,' affirme-t-il. Cette technologie est au coeur d'un vaste projet de recherche européen appelé IDREEM, mené sur sept sites en Europe. Objectif : identifier les conditions idéales et les obstacles à surmonter pour produire différents types de fruits de mer à proximité des fermes piscicoles traditionnelles. 'Dans de nombreux pays, on manque de connaissances sur les espèces que l'on peut élever, souligne Adam Hughes, coordinateur du projet IDREEM et biologiste marin de l'Association écossaise de science marine (SAMS). C'est vraiment important en Méditerranée où les conditions sont très différentes d'ici : là-bas, il y a très peu de nutriments et une combinaison d'espèces très différente, dit-il. Et puis il y a les enjeux économiques : on doit concevoir cet élevage simultané de manière à ce qu'il soit rentable pour les entreprises aquacoles, donc il doit y avoir un bon marché pour les espèces produites en parallèle,' insiste-t-il. Really neat animation #IMTA #aquaculture just what we are doing #IDREEM ScotMarineInst and Europe #farmedintheeu https://t.co/oTf6PmIS4h- Adam Hughes (aquacultureadam) 12 novembre 2015 Boom du marché des algues L'un des marchés en plein essor, c'est celui des algues qui aujourd'hui, sont utilisées dans l'alimentation et la pharmacie. 'L'une des raisons pour lesquelles les algues que nous cultivons ici poussent bien, explique Lars Brunner, biologiste marin de l'association SAMS, en nous montrant des spécimens, c'est qu'elles se trouvent dans le voisinage des cages à saumons.' Des échantillons d'algues, mais aussi d'autres espèces produites en annexe, sont examinés en laboratoire pour mieux connaître la manière dont elles se développent. 'On examine leur longueur, leur poids, leur présence disparate sous la mer pour voir si elles se développent davantage quand elles sont plus proches des cages à saumons, précise Lars Brunner. Nos partenaires s'intéressent aussi à la composition des algues : donc, ils étudient ce que les algues absorbent et prélèvent quand elles se développent sur le site : par exemple, leurs niveaux de nutriments, si elles prélèvent des choses comme l'ensemble des métaux lourds, énumère le biologiste avant d'ajouter : On analyse aussi les composés chimiques naturels pour savoir s'ils sont modifiés du fait de la proximité des élevages de saumon.' Oysters harvested at AQUA srl in Genoa show good growth with #IMTA farming #idreem https://t.co/d5aX70MrdL pic.twitter.com/4LLhmkhmoM- Adam Hughes (@aquacultureadam) 17 novembre 2015 Quel impact sur l'environnement ? Quelles retombées économiques ? Les scientifiques veulent déterminer avec la plus grande précision, quelles sont les meilleures pratiques offertes par cette technologie et quel en est l'impact réel sur l'environnement et la santé des espèces. Par la suite, on pourra s'intéresser aux retombées économiques. 'L'industrie aquacole européenne a un réel besoin de développement parce qu'elle est en train de stagner alors que le marché mondial de fruits de mer augmente, assure Adam Hughes, coordinateur du projet. Cette approche peut faire partie des outils qui permettent de développer l'industrie en la faisant sortir de la production unique de poissons, en créant des emplois, des opportunités et de nouveaux produits,' estime-t-il. Favoriser la croissance durable de l'aquaculture permet aussi de lutter contre la surpêche. Aujourd'hui, cette industrie ne couvre que la moitié de la demande mondiale en poissons et fruits de mer. Cette approche est déjà employée dans certains pays d'Asie et au Canada. EU #aquaculture imports increase by one billion euros a year: https://t.co/JDigpOWbAF #fish #catch #Europe- POST Online Media (@poandpo) 16 juin 2016
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Il veut devenir le leader de la voiture autonome dans la catégorie premium, en lieu et place de Tesla : BMW a annoncé ce week-end avoir noué un partenariat avec Intel et Mobileye pour produire en série, dès 2021, un véhicule électrique sans chauffeur baptisé 'iNext'. Le constructeur automobile allemand se fiera à l'expertise de l'Américain dans les semi-conducteurs et à celle de l'Israélien dans les caméras et les systèmes anti-collision. BMW travaille depuis 10 ans sur la voiture autonome. Il s'est déjà allié à ses compatriotes Daimler et Audi pour racheter le service de cartographie de Nokia, 'Here'.
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Entre le Péloponnèse et la Crète émergent deux îles. Cythère connue pour son voyage poétique et Anticythère passée à la postérité avec une découverte étonnante. Au début de l'archéologie sous marine, en 1901 était découvert un mécanisme à engrenages en bronze. Les quelques inscriptions lisibles ont laissé penser qu'il s'agissait là d'un calculateur analogique antique permettant de calculer des positions astronomiques. Mais beaucoup de choses restaient mystérieuses. Alexander Jones, professeur à la New York University : 'Il y a des choses particulières que nous avons apprises à partir des textes, sur la façon dont les gens pouvaient prédire les éclipses et les détails qu'ils pouvaient donner, une centaine d'années avant notre ère, ils avaient aussi des notions sur les mouvements de la terre. Et c'est remarquable parce que nous ne savons que très peu de choses sur cette période et sur les connaissances astronomiques des grecs.' L'épave, une galère romaine, se trouvait à plus de 60 mètres de profondeur. Elle a été découverte par des pêcheurs d'éponges. Alexander Jones : 'Nous savons désormais beaucoup de choses sur ce que ce mécanisme pouvait faire. Mais il y a toujours un débat sur l'intention du concepteur de cette machine. Que voulait il en faire, quelle était sa destination ? Je crois que c'était un outil de recherche pour un chercheur qui allait l'utiliser en connexion avec ses observations, pour prouver une théorie, c'est un objet éducatif.' Selon les chercheurs les nouveaux déchiffrages prouvent que le mécanisme permettait de suivre les mouvements de cinq planètes. En plus des éclipses que les marins pouvaient ainsi prédire... il y a plus de 2000 ans.
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Les microscopes ont fait reculer les limites de ces observations. Il y a une dizaine d'années l'utilisation se l'hélium et de ses qualités neutres ont permis aux recherches de faire un grand pas. Les chercheurs australiens de l'université de Newcastle au nord de Sydney viennent de produire leur propre engin. Paul Dastoor, université de Newcastle : 'Pour la première fois nous avons été capables de voir, non seulement la typologie de la surface mais aussi des indications sur ce qui compose cette surface. Nous commence à voir les différences en fonction du caractère chimique de cette surface.' Les chercheurs disent pouvoir désormais observer des parasites, des bactéries ou des cultures cellulaires dans leur état originel. Paul Dastoor : 'Des échantillons biologiques, tous ces échantillons qui sont délicats seraient endommagés sous des microscopes conventionnels.' Le faisceau d'hélium est chimiquement, électriquement et magnétiquement neutre au contact de la surface des échantillons. On peut donc observer des contrastes chimiques sur des interfaces métal semiconducteur. Adam Fahy, université de Newcastle : 'Nous disposons désormais d'une résolution qui est similaire ou meilleure à tout autre technique disponible actuellement.' La prochaine étape, consistera pour les chercheurs australiens à améliorer leur microscope en le rendant plus petit tout en pouvant établir des images en trois dimensions.
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Le Val d'Aoste, dans les Alpes italiennes. 'C'est ici que sont expérimentés des robots conçus pour venir aider les gens en difficulté dans un milieu hostile', explique l'envoyé spécial d'euronews, Philippe Mathieu. Cette expérimentation s'inscrit dans le cadre d'un projet européen, appelé SHERPA ('Smart collaboration between Humans and ground-aErial Robots for imProving rescuing activities in Alpine environments'). > Sit internet du projet (anglais seulement) : cliquer ici Ces robots s'inspirent d'animaux alpins : les guêpes, les faucons, les ânes. Avant d'en arriver là, il a fallu trois ans de recherches réparties entre les 10 partenaires (7 universités, deux sociétés et une association), tous liés aux systèmes cognitifs et à la robotique. Le chef d'orchestre et coordinateur du projet SHERPA est le professeur Lorenzo Marconi de l'université de Bologne. Dans son équipe, figurent Foresta de l'Université de Brême (Allemagne), Jonathan de l'Université de Naples (Italie) ou encore Michele de l'Université de Bologne (Italie). Et puis il y a le professeur Patrick Doherty, directeur de recherche à l'Université de Linköping (Suède). 'L'idée de départ, c'est de développer des systèmes, des systèmes robotiques, capable d'aider les équipes de secouristes, des secouristes dans les Alpes, ou ailleurs en Europe', explique-t-il. Le professeur Doherty et son équipe veillent sur les HAWKS. Il s'agit de deux petits hélicoptères capables d'embarquer une charge utile de 30 kilos comme des scanners, des caméras thermiques ou plus simplement de l'eau ou des vivres. Des avions modèles réduits font aussi partie du projet. Ce jour là, dans des conditions de vents forts, on éprouvait les automatismes. Localiser les randonneurs égarés Les secouristes, comme ici les Soccorsi Alpini, suivent de très près l'évolution du projet. Adriano Favre est le responsable des secours dans le Val d'Aoste. 'L'un des gros problèmes, c'est quand on doit retrouver des randonneurs ou de simples promeneurs qui se seraient égarés, explique-t-il. Pour les localiser, dans de grands espaces, il faut déployer un grand dispositif de secours, en hommes et en matériel. Pouvoir compter sur une assistance technique, cela devrait beaucoup nous aider. On ne sera plus forcément obligé de suspendre des recherches à cause de la nuit, ou quand la visibilité est très mauvaise. Dans ces cas là, un hélicoptère ne peut pas voler. Un drone, lui, le peut.' Cela vaut pour un drone, mais aussi pour ces petits hélicoptères développés au Japon il y a déjà une quinzaine d'années pour l'agriculture. Au départ pilotés à distance, ils prennent désormais leur autonomie. 'Les systèmes ne sont pas totalement commandés par des hommes. Le rôle des hommes, c'est de définir la mission, de définir la zone d'intervention et de dire au robot : 'c'est cette zone qui est intéressante et qu'il faut aller étudier'. On appuie ensuite sur un bouton, et c'est le robot qui va automatiquement aller étudier la région indiquée.' Prof. Patrick Doherty On imagine tout l'intérêt d'un tel dispositif dans le cas, par exemple, d'un crash d'avion comme celui de German Wings il y a un an dans un site des Alpes françaises très difficile d'accès. Reste que l'automatisation a des limites que ne veulent d'ailleurs pas franchir les chercheurs. '_Notre objectif, ce n'est pas de remplacer les hommes, les secouristes, mais c'est de les aider dans leur travail. Avec le projet SHERPA, l'homme est au centre. Le secouriste reste le cerveau du système, un cerveau occupé. Il est central car il a l'expérience qui, à ce jour, fait défaut aux machines.' Professeur Lorenzo Marconi SHERPA travaille aussi sur des robots terrestres destinés à ravitailler les drones. Nul doute que dans un futur proche, les secouristes vont pouvoir disposer de nouvelles recrues.
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En cas de très fort séisme ou d'inondations, quelles seraient les conséquences pour un barrage comme celui du lac de la Gruyère en Suisse ? Des scientifiques envisagent le pire pour mieux prévenir les risques aussi faibles soient-ils. Ils participent à un vaste projet de recherche européen baptisé STREST. Les barrages comme celui du lac de la Gruyère en Suisse ont conçus pour résister à n'importe quelle catastrophe naturelle. Mais depuis le drame de Fukushima, la sécurité de ce type d'infrastructures est observée d'encore plus près par des chercheurs européens. Le barrage hydroélectrique de Rossens haut de 83 mètres fait partie des infrastructures qualifiées de 'critiques' : autrement dit, il est essentiel au bon fonctionnement de la société. Dans sa conception comme dans sa surveillance,la sécurité se veut maximale et jusqu'à présent, aucun grand barrage de ce genre n'a jamais rompu. Pourtant, le risque zéro n'existe pas comme le souligne Anton Schleiss, spécialiste de la construction de barrages à l' Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). 'On essaie de dimensionner les ouvrages pour toutes les menaces qu'on peut imaginer, mais c'est clair il reste toujours un risque résiduel, dit-il. Même si on choisit les plus grands événements, on peut toujours avoir quelque chose qui est plus grand,' indique-t-il. Envisager des défaillances en cascade Ce risque, aussi faible soit-il, est au coeur du projet de recherche européen appelé STREST. Il a été lancé après le drame nucléaire de Fukushima qui a donné l'alerte. Il s'agit de mettre au point de nouveaux tests de résistance en envisageant des catastrophes naturelles extrêmes ou des défaillances en cascade. Anton Schleiss nous montre une vanne au niveau du barrage qui est un élément principal de sécurité. 'Que se passerait-il si cette vanne ne fonctionnait pas ?' demande notre reporter Anne Devineaux à Anton Schleiss. 'Cela pourrait être éventuellement le cas s'il y avait un très grand tremblement de terre et une éventuelle crue qui viendrait se sur-ajouter et si la vanne était coincée, explique-t-il avant d'ajouter : 'C'est typiquement un cas de figure que l'on étudie - ces évènements combinés - dans le cadre du projet Strest : quelle est la probabilité que cela arrive, qu'est-ce qu'on pourrait faire et quelles seraient les conséquences ?' Floodgates open, barrage de Rossens pic.twitter.com/E3RyLJijFi- Scott Capper (@swissjourno) 6 mai 2015 Outre les barrages, le projet concerne plusieurs types d'infrastructures critiques : raffineries, pipelines, zones industrielles et portuaires. Objectif : mieux prendre en compte des aléas naturels extrêmes. 'Le problème, c'est que ces événements sont extrêmement rares avec un taux de récurrence qui peut être des centaines ou des milliers d'années, souligne Arnaud Migan, manager du projet STREST à l' Ecole polytechnique fédérale de Zürich. Même si on regarde la situation de ces cent dernières années, il n'y avait quasiment aucune infrastructure et maintenant, on est extrêmement urbanisé, on est tous connecté, donc il y a tous ces réseaux d'électricité, de gaz, d'eau et tous ces systèmes sont à risque, interdépendants,' énumère-t-il. Au Laboratoire de Constructions Hydrauliques de l'Ecole polytechnique de Lausanne, les scientifiques testent les réactions des structures sur des maquettes physiques comme par exemple, la résistance d'un bâtiment face à un tsunami. Outils physiques et numériques Mais seuls des outils numériques permettent de simuler des combinaisons de situations et d'envisager les risques dans toute leur complexité. 'On ne rentre pas dans un grand niveau de détails, fait remarquer José Pedro Matos, ingénieur hydraulique à l'EPFL. Mais on compare des tremblements de terre, des inondations, des événements d'érosion interne, tous en même temps et avec des répliques : on va simuler le système des millions de fois et on arrive à comprendre comment ce système dynamique se comporte face à tous ces évènements - pas nécessairement extrêmes - mais qui peuvent se combiner dans des interactions et mettre en danger nos barrages,' indique-t-il. Cette meilleure compréhension du risque permettra au final, de le réduire en éliminant les maillons faibles de nos infrastructures.
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Cette partition a été écrite par Franz Schubert en 1828, juste avant sa mort. Près de 200 ans plus tard, des scientifiques allemands vont pouvoir confirmer son authenticité. Grâce à une méthode révolutionnaire, ils ont recherché la présence d'un filigrane incrusté dans le papier comme cela était d'usage au XIXe siècle. Mais au lieu de sonder le papier avec un scanner traditionnel, les chercheurs utilisent une lumière à infrarouge, appelée aussi radiation thermique, qui n'est pas obscurcie par l'encre ou les mauvaises colorations. Le papier est placé entre une paroi chaude et un appareil photo à infrarouge. Et comme le filigrane a rendu le papier plus fin, la température y est différente. C'est ce que détecte l'infrarouge. 'Lorsque je pose la partition sur la paroi chaude, je peux alors voir le filigrane. C'est à ce moment précis que j'enregistre l'image et que je la transmets à l'ordinateur', explique Hagen Immel, un chercheur à la bibliothèque de Berlin. 'Et c'est pendant cette très courte séquence que je peux voir où est le filigrane parce qu'il apparaît plus clairement, avec plus de contrastes mais sans qu'on soit gêné par l'encre. C'est le principe.' Jusqu'au début du XXe siècle, tous les grands papetiers ont inséré des filigranes à leur papier. En ajoutant un filigrane, les fabricants protégeaient leur production comme on appose aujourd'hui un logo d'autant que le papier était rare, et donc très cher. Le filigrane détecté est ensuite stocké dans une base de données, attestant que les documents dotés de ce filigrane ont été datés et sont référencés. 'Le filigrane est particulièrement important lorsque nous recherchons des documents originaux écrits à la main', confirme Martina Rebmann, responsabloe du département musical à la bibliothèque de Berlin. 'Cela nous aide à déterminer leur âge et le lieu où ils ont été écrits. Le filigrane nous permet de vérifier ces informations plus facilement.' Cette technologie a été développée conjointement par des scientifiques de l'Institut de Fraunhofer et de l'université du Braunschweig et deux machines ont déjà été livrées à la bibliothèque d'État de Berlin et à celle de Bavière Une technologie prometteuse. Elle pourrait aussi être utilisée pour détecter le filigrane caché dans des oeuvres d'art, comme celles du musée de Berlin dont une grande partie n'est pas toujours pas datée. Mais ce procédé reste encore très coûteux. La bibliothèque de Berlin a dû débourser 100.000 euros. Mais les ingénieurs sont donc déjà au travail pour rendre cette technologie beaucoup plus abordable.
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Une fusée japonaise H2-A a placé mercredi dans l'espace un satellite à rayons X qui devrait donner aux scientifiques une autre image de l'univers, selon une vidéo diffusée en direct par l'Agence japonaise d'exploration spatiale (Jaxa). Le 30ème exemplaire de ce lanceur est parti comme prévu à 08h45 (GMT) de la base de Tanegashima, pour une mission qui était prévue vendredi dernier mais avait été reportée pour cause de météo défavorable. 'La fusée suit la trajectoire prévue', a déclaré la commentatrice de l'agence, confirmant peu après que le satellite Astro-H s'était séparé comme prévu après quelque 14 minutes de vol, sous les applaudissements des techniciens de la salle de contrôle. Selon la Jaxa, Astro-H est censé pouvoir apporter des éléments de réponse inédits à des questions universelles comme: 'Quelles sont les lois de la physique dans des conditions extrêmes? Que s'est-il passé au moment de la création de l'univers? Comment les galaxies se sont-elles formées et ont-elles évolué? Comment grandissent les trous noirs et quelle est leur influence alentour?' Engin de 14 mètres de long sur 9 de large et pesant 2,7 tonnes, Astro-H embarque 200 miroirs de recueil et concentration des rayons X vers des instruments de dernière génération, dont quatre télescopes et deux détecteurs à rayons X, un système d'extension de focale avec deux autres détecteurs et un spectromètre. 'Il va ainsi regarder la région du spectre de rayons X de très haute énergie'. Le Japon n'en est pas à son premier satellite de ce type, plusieurs autres ont été placés en orbite depuis 1979, le plus récent, Suzaku, datant de 2005. Le lanceur H-2A, développé avec la Jaxa et exploité par le conglomérat Mitsubishi Heavy Industries (MHI), a enregistré ainsi, avec le tir de mercredi, 29 succès sur 30 tirs, le précédent ayant eu lieu en novembre dernier pour le placement en orbite d'un satellite commercial canadien. Avec un taux de réussite de 97%, cette fusée est en théorie une solide concurrente de lanceurs étrangers, comme Ariane, mais le coût des tirs reste plus élevé malgré des progrès, et elle souffre d'un retard considérable sur les missions commerciales, ayant essentiellement servi à placer des satellites institutionnels ou gouvernementaux japonais. Quelque 75% des envois dans l'espace de satellites commerciaux nippons ont été confiés à Ariane. La volonté de MHI, de la Jaxa et des autorités est néanmoins de parvenir à développer d'ici à 2020 une nouvelle génération de lanceur mieux armé pour rivaliser non seulement sur le plan technique mais aussi financier.
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Science coupe aujourd'hui les cheveux en quatre pour mieux voir comment ils se comportent lorqu'ils sont soumis à une température. Et ce dans le but de les faire passer de leur statut frisé vers celui de lissé... Des chercheurs américains de l'université de Purdue, dans l'Indiana, se sont penchés sur la question dans le but de déterminer le moment où le cheveu s'abîme car soumis à une chaleur excessive. Tahira Reid : 'Nous voulons voir le moment où le cheveu devient constamment lisse. C'est aussi le moment où la chaleur abime le cheveu. Et si nous comprenons le moment auquel cela arrive alors on pourra intervenir avant et donner quelques suggestions avant d'arriver à ce point.' Les chercheurs ont utilisé un microscope à infrarouge. Un fer à défriser est fixé sur un bras robotisé. Ils ont ainsi pu étudier la réaction des cheveux en fonction de plusieurs facteurs comme leur épaisseur et aussi sur la façon dont ils frisent. Amy Marconnet : 'Donc ce que l'on peut voir avec les caméras infra rouge c'est la température du cheveu qui nous donne ce timing. Ce que nous mesurons en fait c'est comment la température évolue dans le cheveu alors qu'il est soumis à la chaleur du fer.' Des études qui s'avèrent difficiles, en effet la nature des cheveux peut énormément différer selon les gens. Les cheveux afro-américains supportent ainsi moins bien l'effet de la chaleur...
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Dans ce numéro, Futuris fait le point sur l'avenir du fret ferroviaire en Europe. Les coûts de transport impactent le prix des produits que nous achetons. Les réduire nous ferait donc faire des économies. Si le transport routier gagne en efficacité grâce à l'innovation, qu'en est-il du fret ferroviaire ? Sur ce site basé en Roumanie, des ingénieurs testent, dans le cadre d'un projet européen de recherche, un nouveau wagon de fret. Plus rapide, il est aussi censé pouvoir transporter davantage de marchandises qu'en temps normal, comme nous l'explique Marius-Ovidiu Ene, expert de laboratoire en matériel roulant, AFER : 'Ces essais portant sur les distances de freinage sont très importants parce que le wagon ne doit pas dépasser une zone de freinage déterminée, sinon il y a un risque d'accident, ou de danger sur la voie ferrée.' Les améliorations apportées à ce wagon le rendent plus compact et limitent ainsi l'usure des rails. Une série de capteurs et le recours à des technologies intelligentes permettent de contrôler son état et de suivre ses déplacements en temps réel. Le point avec Cristian Ulianov, checheur spécialisé dans les chemins de fer au Centre NewRail pour la recherche ferroviaire de l'Université de Newcastle (Royaume-Uni) : 'Les innovations essentielles sur ce wagon concernent sa structure qui est beaucoup plus légère qu'à l'accoutumée. Nous avons utilisé de l'acier haute-résistance pour les principaux éléments de la structure comme les poutres intermédiaires, ainsi que des profilés à froid comme ceux-là.' Mais ces innovations seront-elles faciles à mettre en place dans le transport ferroviaire européen ? Les industriels du transport de marchandises sont réputés pour leur conservatisme. Par le passé, ils se seraient, en effet, opposés à plusieurs évolutions majeures. Ce projet se concentre donc sur des technologies dites prêtes à l'emploi pour une mise en oeuvre simplifiée, selon Simon Iwnicki, Professor en ingénierie ferroviaire à l'Université de Huddersfield (Royaume-Uni) : 'Nous rassemblons toutes les innovations industrielles existantes issues du secteur ferroviaire et aussi d'autres filières, afin de gagner en vitesse et de réduire la force de résistance des rails. On veille également à ce que ces innovations ne soient pas trop avant-gardistes pour que les industriels les acceptent.' En outre, les chercheurs ont fait en sorte que ces trains plus rapides ne nuisent pas à la tranquillité des riverains. C'est au tour des acousticiens d'entrer en scène, à l'instar d'Alexandru P trascu, ingénieur en matériel roulant, AFER : 'Il existe plusieurs façons de réduire le bruit, par exemple à l'aide de matériaux d'amortissement sonore utilisés à bord des wagons et sur les rails. Autre option : réduire les vibrations lorsque le train est en mouvement.' Pour étudier ces vibrations, les ingénieurs du projet ont développé des gyroscopes et des accéléromètres peu coûteux. Mesurer les dégâts qu'elles occasionnent sur les voies leur permet également de prévenir les risques d'accident et de réduire les coûts de maintenance, précise Francis James Franklin, chercheur en interface matériel roulant / rail au Centre NewRail pour la recherche ferroviaire de l'Université de Newcastle (Royaume-Uni) : 'Quand quelqu'un me dit qu'il y a un problème sur un site, je me rends sur place et pose une cinquantaine de capteurs ici, là, là-bas. On peut se permettre de faire cela parce qu'ils ne sont pas chers. Ils ont été conçus pour être positionnés rapidement. Ensuite, on collecte les données et on les analyse pour régler le problème.' Selon ces chercheurs, avec une vitesse accrue - jusqu'à 140 km/h -, une efficacité et une fiabilité renforcées, le train pourrait sérieusement concurrencer les autres modes de transport et notamment la route, souligne Donato Zangani, coordinateur du projet SUSTRAIL : 'Le maître-mot de ce projet, c'est la durabilité en particulier en matière environnementale, économique et sociale. Nous planchons sur des solutions durables à long terme, capables de rendre le rail compétitif par rapport aux autres modes de transport.' Comparé au transport routier de marchandises, le fret ferroviaire est considéré comme meilleur marché et plus écologique sur de longues distances. Ce projet de recherche devrait donc ouvrir de nouvelles perspectives pour le rail européen.
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Qu'est-ce qu'un robot parallèle à câbles ? Comment fonctionne-t-il et quelles sont ses applications potentielles ? Dans ce laboratoire de recherche des environs de Montpellier dans le Sud de la France, une expérimentation unique en son genre est en cours. Un robot 100 % automatisé s'exerce à manipuler une aile d'avion factice grâce à un jeu de câbles, comme nous l'explique Marc Gouttefarde, chercheur en robotique (CNRS-LIRMM) : 'Les câbles sont des organes flexibles qui ne peuvent que tirer la plateforme et pas la pousser. Et donc évidemment, un des défis est de garder tous les câbles tendus. Le principe de base est très simple. Par contre, évidemment, quand on souhaite atteindre un certain nombre de performances, c'est-à-dire : aller vite, soulever lourd ou être précis, c'est là, où les difficultés vont apparaitre et c'est là, où il faut des mathématiques en fait, aussi bien pour la conception de la machine que pour sa commande.' Ce prototype a été conçu dans le cadre du projet de recherche européen CABLEBOT. Objectif : développer une nouvelle génération de robots reconfigurables à même de déplacer de lourdes charges dans un espace de travail plus vaste qu'à l'accoutumée. Le point avec Mariola Rodríguez, ingénieur industrielle à Tecnalia et coordinatrice du projet CABLEBOT : 'Ce robot, par exemple, se compose de 4 colonnes qui soutiennent l'ensemble de la structure. Il pourrait n'y avoir que 3 colonnes et l'écartement entre celles-ci pourrait aussi être différent. L'aspect modulable de ce robot permet de jouer avec la plateforme mobile. La forme de notre robot est cubique, mais elle pourrait tout aussi bien être trapézoïdale. Les câbles pourraient également être directement attachés à la charge que l'on veut bouger.' Cédric Baradat, ingénieur robotique à Tecnalia : 'Ici, sur cette plaque, on s'est adapté à la pièce, c'est-à-dire que c'est une pièce plane et on a calculé le meilleur positionnement des câbles pour pouvoir manipuler la pièce dans les 3 translations et les 3 rotations de l'espace, de manière à ce que l'on ait la meilleure amplitude possible et que l'on puisse travailler avec la plus grande sécurité possible dans tout le volume de travail.' Ce type particulier de robot parallèle utilisant des câbles serait, en effet, capable de déplacer des charges 10 fois plus lourdes que les robots industriels classiques. De quoi intéresser divers secteurs d'activité à commencer par la logistique et le BTP. José Ignacio Olmos, directeur général de Vicinay Cemvisa : 'Ces robots sont des outils complémentaires aux grues, aux treuils et autres systèmes de levage et de manutention existants. Ils sont très précis dans leurs mouvements et peuvent aisément bouger des objets de grande taille, comme des éléments de structure par exemple.' Il aura fallu 3 ans de travail à ces chercheurs pour mettre au point ce robot à câbles et son système ultra sophistiqué de commande numérique. Mais pas question d'en rester là, estime Marc Gouttefarde : 'Actuellement, on travaille à l'obtention d'une meilleure précision. Une deuxième évolution, c'est de tester des machines de plus en plus grandes. Parce que quand on monte en échelle, il y a des problématiques qui apparaissent et qui n'apparaissent pas forcément à plus petite échelle. Et notre principal objectif étant de développer des machines qui sont utilisées à grande échelle dans l'aéronautique, la construction, la construction navale, ce genre de secteurs.' Selon Mariola Rodríguez, le développement de ce nouveau robot serait un sérieux atout pour la compétitivité des industriels européens : 'L'Europe a besoin de maintenir sa production industrielle sur place et ne pas délocaliser vers des pays où la main d'oeuvre est meilleur marché. Mais pour cela, on doit réduire nos coûts de fabrication. La robotisation de la production industrielle est donc au coeur de la compétitivité européenne.' La commercialisation d'un robot parallèle à câbles comme celui-ci pourrait intervenir d'ici à 2 ans.
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Saviez-vous que le gecko a une peau incroyablement waterproof ? Plusieurs biologistes du Queensland, en Australie, travaillent sur sa texture pour l'appliquer à d'autres champs. Ce gecko aux motifs noirs et verts qui vit dans le désert australien est l'une des rares espèces de reptiles ou d'insectes à posséder cette qualité. Lorsque de l'eau est posée sur la peau du reptile, elle perle à la surface. Des petites bosses recouvertes de poils minuscules sur sa peau recueillent l'eau et la repoussent. Une protection ingénieuse pour le reptile qui pourrait prendre l'eau avec la rosée produite par l'alternance d'humidité et de chaleur du désert australien. Les chercheurs ont aussi découvert que la peau de ce gecko était compatible avec des cellules humaines. 'Parce qu'elle peut grandir ou accepter les cellules de la peau humaine ou d'autres cellules en général, on peut vraiment envisager une réplique de la peau du gecko comme un revêtement génial', explique le docteur Jolanta Watson, de l'université Sunshine Coast. 'C'est comme lorsque vous avez de l'eau gaseuse dans votre verre et que les bulles moussent. Je me sus dit, waou c'est excellent, c'est un gecko-effervescent'. Non seulement la peau du gecko retient l'eau mais elle s'auto-nettoie, résiste à la poussière et aux pollens, tue les bactéries et fournit une surface appropriée pour la croissance de cellules souches humaines. Elle possède toutes ces qualités intégrées dans une surface mince, résistante à l'usure et très flexible. 'Ça nous sera très utile de pouvoir l'exploiter parce qu'on pourrait l'utiliser sur des tables d'opération ou des bandages par exemple', explique le professeur Lin Schwarzkopf, professeur à l'université James Cook. Ce n'est pas encore au point mais les chercheurs développent un produit qui reproduirait ce que fait la peau du gecko. Il pourrait avoir d'innombrables utilisations industrielles, scientifiques ou médicales. http://www.newscientist.com/article/dn27133-watch-this-geckos-explosive-...
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Comment aider les racines des plantes à puiser l'eau et les nutriments plus efficacement ? Pour le savoir, suivez ce robot dans Futuris. Ce robot fait en effet partie d'un mécanisme complexe développé afin de dévoiler les secrets du blé et d'autres types de cultures. Cultivés sur un sol enrichi en eau et en nutriments, ces échantillons de blé sont ensuite transportés dans une salle équipée d'un énorme scanner tomographique à rayons X informatisé. Le point avec Malcolm Bennett, spécialiste des plantes à l'Université de Nottingham (Royaume-Uni) et coordinateur du projet 'FUTUREROOTS': http://www.cpib.ac.uk/research/projects/futureroots/ : 'Depuis dix mille ans, on s'intéresse essentiellement à la partie aérienne, c'est-à-dire visible des plantes. Or, nous voulons obtenir des cultures qui absorbent les nutriments et l'eau plus efficacement. Et pour cela, il faut aussi observer attentivement la croissance des racines. Nous voulons donc révéler la moitié cachée des plantes.' Dans ce laboratoire de l'Université de Nottingham, au Royaume-Uni, différents scanners permettent aux chercheurs d'étudier, dans le temps, le développement de l'architecture racinaire de diverses espèces de plantes. La technique est la même que celle utilisée en matière d'imagerie médicale comme nous l'explique Craig Sturrock, spécialiste du sol à l'Université de Nottingham (Royaume-Uni) : 'En 5 ans, le temps de réalisation d'un scanner est passé d'une heure à 10 minutes. Si on peut encore réduire ce temps, alors nous aurons une vision encore plus dynamique du processus de croissance des racines.' Les images obtenues avec ces scanners permettent de créer des modèles informatiques. Objectif : reproduire avec précision la façon dont les racines poussent dans différents sols et dans différentes conditions d'humidité souterraine, précise Tony Pridmore, informaticien à l'Université de Nottingham (Royaume-Uni) : 'On arrive maintenant à voir de multiples racines sur le même cliché. Il nous faut ensuite séparer ces racines pour pouvoir observer comment elles interagissent entre elles dans le sol. On dispose aussi de séquences d'images qui permettent d'examiner comment les racines poussent. Nous analysons aussi le cliché pour localiser l'eau et les poches d'air présentes dans le sol. Ce qui nous permet d'étudier les interactions entre la structure du sol et la croissance des racines.' Des modélisations qui ont donc permis à ces scientifiques de confirmer certaines de leurs hypothèses formulées dans le cadre du projet de recherche européen 'FUTUREROOTS', à commencer par la possible corrélation entre la forme d'une racine et sa capacité à absorber l'eau et les nutriments. Craig Sturrock : 'Nous avons découvert que dans des conditions d'humidité faible, les racines latérales ne se développent pas aussi bien que dans des conditions d'humidité plus élevée. Grâce à ces images, on comprend comment ces racines se développent d'un point de vue moléculaire. Et en associant ces données aux mécanismes moléculaires, on arrive à cerner la façon dont se développent les cultures et ainsi à tirer un meilleur profit des sols ayant un faible degré d'humidité.' L'objectif final consiste à identifier, dans le système racinaire, les caractéristiques et les gènes responsables de l'absorption de l'eau et des nutriments. De quoi faciliter à terme la mise au point de nouvelles cultures plus versatiles et plus performantes, selon Stephanie Smith, microbiologiste à l'Université de Nottingham (Royaume-Uni) : 'On connaît déjà l'auxine. Cette hormone végétale joue un rôle déterminant dans l'enracinement des plantes. Vous pouvez donc avoir une racine très longue et très étroite ou bien une racine ramifiée très large. Mais nous voulons en savoir davantage. Par exemple, comment les nutriments présents dans le sol sont absorbés. Ou bien quelle quantité d'eau, exactement, est puisée par la racine.' En plus d'améliorer le rendement des cultures, ces travaux pourraient aussi contribuer à la protection de l'environnement, notamment en rationalisant l'utilisation d'engrais agricole. Malcolm Bennett : 'Actuellement, une plante n'assimile que 40 % de l'engrais pulvérisé sur elle. Ce qui veut dire qu'une quantité importante de cet engrais va se retrouver dans le sol, s'il n'est pas absorbé par la plante. Il va alors polluer les eaux souterraines. Donc, notre objectif est de réduire le niveau de déperdition des nutriments et à l'inverse, d'augmenter le niveau des nutriments capturés par les plantes.' Pour y parvenir, une seule solution : renforcer la coopération interdisciplinaire entre spécialistes du sol - ou pédologues -, mathématiciens, chimistes, informaticiens et autres biologistes.
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En Espagne, à Oviedo, le jury a dévoilé ce jeudi le nom des lauréates récompensées par le prix Princesse des Asturies dans le domaine Sciences et Techniques. Il s'agit de la française Emmanuelle Charpentier et de l'Américaine Jennifer Doudna. Elles ont fait équipe pour élaborer une technique innovante de génie génétique, qui permet de réparer l'ADN sur certaines zones précises. Cette cérémonie s'est déroulée sous l'égide du prince Felipe VI et de son épouse la reine Letizia. Ce prix Princesse des Asturies peut récompenser une institution, une ou des personnes reconnues pour la qualité de leurs travaux de recherche dans le champ des mathématiques, de la physique, de la chimie, des sciences de la vie ou encore de l'astrophysique. Parmi les illustres lauréats des éditions précédentes, la primatologue britannique Jane Goodall, récompensée en 2003, ou encore Peter Higgs et François Englert, du CERN, il y a deux ans.
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Plonger au coeur des oeuvres d'art dans ce numéro de Futuris. Comment déceler ce qui est invisible à l'oeil nu dans une oeuvre d'art de manière précise et non-intrusive ? Des chercheurs de l'Université d'Oviedo située dans le Nord de l'Espagne pensent avoir trouvé la réponse, grâce à l'utilisation d'un matériau inattendu : le graphène. Le point avec Samuel Ver Hoeye, ingénieur télécom à l'Université d'Oviedo : 'Le graphène agit comme un multiplicateur de fréquence. Il est capable de générer assez facilement des signaux à haute fréquence à partir de fréquences plus basses. Le graphène permet également de plonger au plus profond d'une oeuvre d'art afin d'identifier la composition chimique de ses matériaux.' Associées à des techniques de traitement d'image et de numérisation 3D, les données obtenues avec ce tout nouveau scanner contribuent à révéler les secrets enfouis au coeur d'un tableau, d'une céramique ou encore d'un récipient scellé comme nous l'explique Yannick Francken, chercheur en informatique, chez 4DDynamics : 'Ce que nous voyons ici, c'est la véritable couleur de l'oeuvre que l'on a éclairée virtuellement, puis filmée toujours virtuellement avec une caméra. Le plus gros défi technique est ensuite de combiner l'ensemble de ces clichés. Tous doivent être automatiquement alignés. Si l'alignement n'est pas parfait, si la marge d'erreur dépasse les 0,2 millimètre, alors la reconstruction de la couleur ne sera pas bonne.' Ce scanner térahertz fonctionnant au graphène a été mis au point dans le cadre du projet de recherche européen INSIDDE. Objectif : modéliser aussi bien des objets en 2D qu'en 3D. Une technologie non-intrusive et versatile qui devrait faciliter les travaux de conservation et de restauration du patrimoine. Javier Gutiérrez Meana, ingénieur télécom chez Treelogic et coordinateur du projet INSIDDE : 'Les scanners que l'on utilise actuellement dans le milieu de l'art sont très onéreux. Le nôtre a été conçu pour être bien moins cher. Il est aussi plus compact, et plus léger. On peut donc facilement le transporter d'un musée ou d'un laboratoire à l'autre pour étudier tel ou tel objet.' Le Musée des Beaux-Arts des Asturies s'est prêté au jeu et a mis des toiles à disposition des chercheurs. L'équipe a même pu tester son scanner sur des tableaux de très grande valeur avec des résultats prometteurs, selon Marta Flórez Igual, l'une des conservatrices du musée : 'On a pu mesurer l'épaisseur du vernis et des couches successives de couleur. On a pu observer s'il y avait des études préparatoires sous la peinture actuelle et comment elles avaient été faites. On a aussi pu voir si le scanner était capable d'identifier les différents matériaux utilisés, comme les vernis, les liants et les pigments.' Dans quel autre domaine, les résultats de ces recherches pourraient-ils éventuellement être utilisés ? Une application pour smartphones et tablettes est d'ores et déjà en cours de développement. Une fois disponible dans les musées notamment, elle permettra au grand public de découvrir, grâce à la réalité augmentée, la face cachée d'une oeuvre d'art, précise Javier Gutiérrez Meana : 'Cette application propose plusieurs options qui permettent littéralement de voir à l'intérieur d'une oeuvre. Après l'examen de ce tableau, on a ainsi découvert le chiffre '34' inscrit sous plusieurs couches de peinture. On sait également maintenant que l'un des vêtements était vert à l'origine.' Le scanner nouvelle génération créé par ces chercheurs pourrait être commercialisé d'ici à 5 ans.
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Sur un terrain d'entraînement des pompiers près de Barcelone (Espagne), un exercice plutôt inhabituel se prépare. Des secouristes, mais aussi des scientifiques vont tester un prototype qui détecte des victimes ensevelies après un séisme par exemple. Objectif : gagner du temps. Car comme le souligne un secouriste finlandais, Raimo Rasijeff, 'on peut survivre facilement sans manger pendant trois semaines, mais sans eau, peut être seulement trois ou quatre jours.' Denis O'Driscoll qui fait partie des Services d'incendie et de secours de Buckinghamshire (Angleterre) assure de son côté que 'si on localise quelqu'un et qu'on lui apporte une assistance médicale dans les 24 heures, ces chances de survie - même si l'opération de secours dure plus longtemps - sont beaucoup, beaucoup plus élevées.' Pour le secouriste Nicolas Aced, des Services d'incendie et de secours du Vaucluse (France), 'si à un moment, on localise une victime et qu'on a la certitude que la victime est décedée, on l'extraira des décombres, mais on ne le fera pas forcément dans l'immédiat,' précise-t-il, 'on rapportera plutôt nos efforts et nos moyens sur des zones où on est sûr et certain de retrouver des personnes vivantes.' 'C'est une compétition entre le temps et la vie !' lance Raimo Rasijeff. Ce système qui est en test ici a été mis au point dans le cadre d'un projet de l'Union européenne. Il décèle ce que les chiens ne peuvent sentir et ce que les hommes ne peuvent voir. 'Parfois,' souligne Nicolas Aced, 'lorsque il n'y a qu'un doigt qui sort des décombres, ce n'est pas évident de bien l'identifier : est-ce que c'est un doigt, un caillou ou des débris ? Dans ce système,' précise-t-il, 'des caméras thermiques notamment nous permettent de basculer sur différentes fonctions et de conforter nos choix et nos décisions sur le terrain'. Des volontaires placés sous les décombres pour les besoins de l'exercice sont localisés grâce au détecteur muni de plusieurs caméras thermiques et de capteurs chimiques très spécifiques. 'La victime qui est piégée se trouve dans des conditions extrêmement stressantes : l'air qu'elle expire est rempli de certains composés chimiques comme l'acétone et le CO2,' explique l'ingénieur en télécommunications de chez TEMAI Jesús Bussión avant d'ajouter : 'cet outil a été développé pour faire des mesures d'air sous les décombres, détecter ces composés chimiques et déterminer la présence éventuelle d'une personne vivante.' Ces capteurs chimiques, efficaces lors de cette première simulation, sont nés d'une expérience hors du commun menée à des milliers de kilomètres de là. A l'Université de Loughborough (Angleterre), on donne de sa personne pour faire avancer la recherche. Pour analyser les signaux chimiques rejetés par un corps piégé, des volontaires ont passé jusqu'à 24 heures dans une boîte. Comme le souligne l'un d'entre eux, Liam Heaney, 'les chercheurs essayent de voir s'ils peuvent déceler des traces de vie sous des bâtiments qui se sont effondrés.' 'On veut détecter des composés chimiques qui sont dans l'air tout autour de nous : ils sont notre signature humaine,' affirme Matthew Turner, chimiste analytique à l'Université de Loughborough, 'mais quand on se retrouve enseveli, ces composés chimiques changent et c'est ce qu'on tente de mesurer en faisant varier les matériaux de construction et la profondeur.' Pareen Patel, chimiste analytique également, précise le cadre de l'expérience : 'les capteurs sont pour la tension artérielle et le rythme cardiaque,' dit-il avant de poursuivre : 'on ne voulait pas avoir au préalable, une quelconque forme de stress chez notre volontaire qui aurait pu nous empêcher de mesurer des indications de base.' 'Après plusieurs heures dans la boîte,' estime le volontaire Liam Heaney, 'je pense que j'aurai faim et soif parce qu'on a ni à manger, ni à boire. Je pense qu'au début, les choses vont bien se passer, peut être que ce sera moins confortable vers la fin.' Verdict après six heures passées dans la boîte : 'on commence à sentir que l'air devient un peu plus humide, un peu plus étouffant,' raconte Liam Heaney, 'mais sinon, ça allait à peu près.' Les chimistes eux, sont concentrés sur le profil chimique du sujet : 'on établit son profil chimique en analysant sa respiration, sa salive et sa peau,' explique la chimiste analytique Helen Martin avant d'ajouter, 'ce profil chimique va nous aider à trouver les marqueurs des conditions physiques que nous observons.' 'Notre expérience montre clairement des profils chimiques différents dans les décombres ou avec les personnes dans la boîte. On peut conclure que dans la boîte, il y a bien quelqu'un et que dans une certaine zone des décombres, il n'y a personne.' Le cobaye placé dans la boîte doit puiser dans ses réserves : 'quand vous avez brûlé tout le sucre, l'amidon et les hydrates de carbone issus de la digestion, vous commencez à brûler votre graisse,' souligne Paul Thomas, professeur de sciences analytiques à l'Université de Loughborough, 'et à cause de cela, les signaux dans votre respiration changent et l'acétone par exemple, va augmenter.' 'Quand un corps est piégé,' poursuit-il, 'on trouve des niveaux élevés d'acétone, de CO2 et d'isoprène, un composé chimique généré par le cholestérol dans votre corps, on a aussi de l'ammoniac qui est lié à l'urine et la transpiration et qui est diffusé à travers la peau.' D'après le professeur, 'les mesures de tous ces paramètres permettent aux spécialistes d'entamer la conception de capteurs qui analysent les signaux réels et déclenchent des alertes quand des seuils sont dépassés.' Pendant ce temps, à Barcelone, un autre volontaire est porté disparu. Les secouristes installent des capteurs sans fil, conçus pour déceler des traces de vie. Les appareils resteront en place même après le départ des équipes. Les données visuelles et chimiques seront enregistrées sur un ordinateur relié au web. Comme l'explique le développeur de logiciels Nuno Ferreira (Critical Software SA), 'la connexion web permet à un expert international de suivre en direct, depuis chez lui, toute l'opération : il pourra voir ce qui se passe sur le site, il disposera des mêmes informations que les secouristes et éventuellement, il pourra intervenir.' Ce prototype qui dispose aussi de caméras spéciales pour la vision à travers la fumée semble présenter de multiples atouts d'après les participants. 'Dans l'ensemble, le système marche bien,' affirme Nicolas Aced, 'même s'il y a un petit décalage de temps entre le moment où la machine a l'information et le moment où elle nous transmet cette information à nous.' Le premier test n'est pas encore achevé que les chercheurs se montrent d'ors et déjà optimistes. 'On pense vraiment pouvoir utiliser certains de ces prototypes et en faire des applications commerciales,' assure Milt Statheropoulos, coordinateur du projet SGL, de l'Université technique nationale d'Athènes. 'Bien entendu, on peut toujours les améliorer,' reconnaît-il, 'à la fois en termes de capacités et vis-à-vis de leurs performances opérationnelles.' Place à présent au bilan de l'expérience. Une étape essentielle où chacun fait part de son ressenti. 'Ce que je trouve très bien,' souligne le Finlandais Raimo Rasijeff, 'c'est que le système soit sans fil : dans les secours, la technologie que nous utilisons actuellement utilise toujours des câbles et parfois, quand on est en opération, les câbles se coupent ou se coincent.' Le secouriste catalan Sebastià Bassagué, de son côté, attend plus : 'on a parfois des matériaux de construction qui en cas d'effondrement, forment des gravats très homogènes, comme une montagne de sable, sans trous et où l'air et les odeurs ne peuvent pas passer,' précise-t-il, 'donc, le système proposé devrait évoluer pour pouvoir nous aider dans ce genre de situation. Et le kit devrait aussi être un peu plus léger.' Mais 'le système va forcément permettre d'augmenter les chances de survie dans ce genre d'incidents et cela ne peut être qu'une bonne chose !' conclut le Britannique Denis O'Driscoll. Le site du projet de recherche : http://www.sgl-eu.org
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Un drone contrôlé à distance par l'esprit du pilote. C'est le résultat impressionnant d'un projet de recherche européen. Cette technologie peut changer la vie des personnes handicapées. 'C'est la première fois que nous faisons la démonstration publique d'un vol réel, c'est sans précédent' souligne Ricardo Mendes, coordinateur du projet Tekever Brainflight. Comme de nombreux drones, un appareil sans pilote reçoit des instructions en provenance du sol. Mais au lieu d'utiliser un joystick et des boutons, le pilote ne pense qu'à la direction dans laquelle l'avion doit aller. Le chercheur qui est aux commandes concentre son attention sur l'écran avec les paramètres du vol. Il faut un certain effort mental pour diriger le drone dans la direction voulue, tout en restant dans la zone prévue. 'Cela ne devrait pas être trop difficile dit Nuno Loureiro chercheur du Programme de Neurosciences de la Fondation Champalimaud à Lisbonne. Avec plus d'entrainement, nous serons en mesure de faire mieux, et le pilotage devrait devenir plus intuitif.' Cette technologie est basée sur une interface cerveau-machine, un système qui utilise un ensemble d'électrodes appliquées sur le cuir chevelu de la personne. Grâce à un logiciel spécifique, les chercheurs peuvent en quelque sorte 'lire' les pensées du sujet. 'Nous utilisons un bonnet pour capter depuis la surface de la peau, l'activité électrique à l'intérieur du cerveau explique Rui Costa chercheur du Programme de Neurosciences de la Fondation Champalimaud à Lisbonne. Ces signaux sont ensuite transmis à l'ordinateur qui les convertit en mouvements visibles d'un curseur que vous pouvez voir sur l'écran.' Quand le pilote observe l'écran, son cerveau apprend les modèles électriques qui contrôlent les mouvements des objets. Selon les chercheurs, avec plus d'entraînement, cela peut devenir aussi intuitif que de conduire une voiture. 'En principe, n'importe qui peut apprendre à faire cela, mais cela dépendra au final des capacités d'apprentissage de la personne indique Rui Costa. On ne peut pas être tous pianistes !' Cette technologie a déjà été testée dans un simulateur de vol. Les chercheurs estiment qu'à l'avenir, l'interface cerveau-machine pourra contribuer à simplifier les panneaux de contrôle, à réduire le temps de formation d'un pilote, et un jour de permettre aux personnes paraplégiques de piloter des avions. Eteindre ou allumer la lumière, écrire des mails ou contrôler des prothèses avec des impulsions cérébrales, tout cela et bien plus encore sera possible en poursuivant le développement de la technologie cerveau-machine. http://cordis.europa.eu/result/rcn/147263_en.html
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Dans ce numéro de Space, largons les amarres et aventurons-nous sur la Manche pour voir comment les données satellite sont utilisées pour mieux comprendre les océans qui recouvrent 70 % de la surface totale de la Terre Notre reporter Jeremy Wilks a donc pris place à bord du navire de recherche 'Plymouth Quest' pour partager la vie des scientifiques du Laboratoire marin de Plymouth situé à 350 km au sud-ouest de Londres. Objectif : comprendre comment l'utilisation combinée de données satellitaires et de relevés marins contribue à une meilleure compréhension de nos océans. L'apport de la technologie permet aujourd'hui de mesurer, cartographier et modéliser chaque paramètre - chimique, physique, biologique - à l'échelle planétaire. Lors de cette sortie au large des côtes de la Manche, l'équipe de scientifiques s'est tout particulièrement intéressée à la couleur de l'eau qui témoigne notamment de la présence plus ou moins dense de phytoplancton. Une information qui va leur permettre d'extrapoler l' évolution à venir des océans et le moyen d'y faire face. Courant 2015, un nouveau satellite de l'ESA - baptisé Sentinel 3 - rejoindra la flotte d'observation de la Terre déjà en orbite dans le cadre de Copernicus. Ce programme européen marque une nouvelle étape dans l'observation des océans en offrant un flux ininterrompu de données depuis son orbite polaire. De quoi permettre aux chercheurs de continuer à croiser les informations envoyées par les satellites et celles recueillies sur zone pour arriver à terme à déchiffrer complètement les océans.
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Envoyer un texto tout en marchant c'est dangereux. Parce que oui, votre cerveau est capable de faire plusieurs choses en même temps mais il ne détectera pas ce petit trou dans le trottoir qui va vous faire très mal... A l'université de Zurich, des chercheurs tentent de comprendre en quoi l'utilisation d'un téléphone à écran tactile peut influencer l'activité cérébrale. Avec un bonnet équipé d'électrodes, on réalise l'électroencéphalographie d'une patiente afin de voir comment son cerveau traite les informations en provenance de ses pouces, index et majeurs. 'Les utilisateurs de smartphones ont des cerveaux qui traitent le sens du toucher différemment de ceux qui n'utilisent pas d'écrans tactiles', observe le chercheur Arko Ghosh. 'Si on se plonge dans toutes les données qui ont été recueillies, on constate que toutes ces habitudes nouvelles que les gens ont développé avec les écrans tactiles ont influencé la manière dont leur cerveau traite les informations en provenance du bout des doigts. Toutes ces actions, qui font partie du quotidien, ont un impact sur la façon dont le cerveau interprète ces informations.' Pour les chercheurs, cette expérience est idéale pour prouver à quel point le cerveau est élastique, à quel point il sait s'adapter. Il y a plus de deux milliards d'utilisateurs de smartphones dans le monde. Deux milliards de personnes dont les cerveaux se sont adaptés. Et dont les pouces aussi gagné en agilité.
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Les tortues marines sont parmi les espèces les plus menacées de la planète. Dans l'espoir de les protéger, les chercheurs de l'Université James Cook en Australie ont décidé d'observer des bébés tortues à dos plat. Dans ce qu'ils qualifient d'une première mondiale, les scientifiques vont suivre ces tortues australiennes, sous l'eau, le long de la grande barrière de corail. Ils ont pris soin au préalable de les équiper d'une balise GPS d'une centaine de grammes, afin de pouvoir localiser et analyser le parcours des Chélonidae. 'Comme la tortue remonte à la surface, la balise sera attachée sur son dos et émettra un signal. Nous pourrons ainsi télécharger les données via internet et déterminer l'emplacement des tortues et leur itinéraire', explique le Professeur Mark Hammann de l'Université James Cook. Pour lui, les données GPS pourraient aussi aider à mieux déterminer où les jeunes tortues ont séjourné durant la première partie de leur existence, à définir aussi leurs différents lieux de vie et leur migration dans les courants océaniques. Autant d'informations encore très floues pour les chercheurs qui manquent aujourd'hui d'éléments précis sur les mouvements des jeunes tortues à dos plat. 'Nous ne savons même pas réellement quelles menaces pèsent sur elles. Nous n'avons aucune idée de ce qu'elles font. C'est une grande énigme que nous devons absolument résoudre si nous voulons arriver à un bon niveau de sauvegarde de l'espèce', analyse Julia Dunn, chercheur à l'université James Cook. Une espèce en danger, car chassée pour sa viande et ses oeufs ou capturée accidentellement par certains engins de pêche. Une espèce menacée aussi par la destruction des plages de nidation et des récifs coralliens source de nourriture pour de nombreuses espèces marines.
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Au sommaire de ce numéro de Futuris : le béton fissuré peut-il s'auto-réparer ? La réponse nous vient de Belgique et des Pays-Bas. Alors, le béton fissuré peut-il vraiment s'auto-réparer ? Et si oui, par quels mécanismes mystérieux et inattendus ? Les ingénieurs d'un laboratoire de l'Université de Gand, en Belgique, travaillent sur un béton qui, à première vue, n'a rien d'extraordinaire. Et pourtant, il présente une propriété unique : c'est un béton capable de s'auto-régénérer en cas de fissure. Le point avec Elke Gruyaert, ingénieur en génie civil à l'Université de Gand : 'Ce béton est composé de polymères dits 'superabsorbants'. Du coup, lorsqu'une fissure apparaît et que l'eau s'y infiltre, les polymères superabsorbants gonflent et colmatent ainsi la brèche.' Les polymères encapsulés sont incorporés dans le béton.Lorsque l'échantillon est sec, les chercheurs le fissurent et attendent de voir ce qu'il se passe. Ils analysent alors ses propriétés mécaniques, son imperméabilité et sa résistance, comme nous l'explique Brenda Debbaut, ingénieur industrielle à l'Université de Gand : 'Si une microfissure commence d'elle-même, immédiatement, à se réparer, alors, elle ne pourra pas s'agrandir. Du coup, l'ensemble de l'ouvrage ne risque pas de s'effondrer. Nous voulons régler le problème avant qu'il ne devienne trop important.' Ces scientifiques participent à un projet de recherche européen. Et ils estiment que les polymères élastiques utilisés sont en mesure de protéger des structures supportant des charges dynamiques et mécaniques importantes, comme des ponts ou des tunnels, que la moindre fissure peut durablement et dangereusement endommager. 'On ne s'attend pas à ce que le béton auto-régénérant recouvre sa force initiale, souligne Nele de Belie, directrice technique du Laboratoire Magnel pour la Recherche sur le Béton de l'Université de Gand et coordinatrice du projet HEALCON. Il est suffisamment résistant tel qu'il est. Par contre, notre but est qu'il redevienne aussi imperméable qu'au départ afin que sa durabilité reste intacte.' Quels autres produits inattendus - et naturels ceux-là - peuvent également contribuer à la réparation autogène du béton ? À l'Université de Technologie de Delft, aux Pays-Bas, une deuxième équipe de chercheurs a réussi à identifier d'autres agents à même d'aider le béton à s'auto-réparer : des bactéries. Henk Jonkers est biologiste à l'Université de Technologie de Delft : 'les bactéries que nous avons isolées sont originaires d'endroits de la planète qui présentent des similitudes avec le béton. Elles proviennent d'un environnement rocheux et très alcalin, c'est-à-dire avec un pH très élevé. Ces bactéries aiment proliférer dans ces conditions. Elles ne sont pas pathogènes et sont donc inoffensives pour l'être humain et l'environnement.' À la première micro-fissure, la bactérie injectée dans le béton se mélange à l'eau présente et produit du carbonate de calcium qui va colmater la micro-fissure. Reste à savoir quel est le degré d'imperméabilité de ce béton naturel. 'Nous cherchons à savoir si un liquide peut réussir à s'infiltrer dans la fissure une fois régénérée et en quelle quantité, précise Eirini Tziviloglou, ingénieur en génie civil à l'Université de Technologie de Delft. Et on compare ensuite les résultats avant et après réparation.' Les chercheurs entendent maintenant tester leurs nouveaux matériaux sur des structures existantes. Or, sachant qu'environ 70 % des tunnels et des ponts en Europe sont en béton, l'avenir de ces agents auto-régénérants nouvelle génération semble tout tracé ou presque. Et Nele de Belie de conclure : 'le coût initial du béton auto-réparant est certes plus élevé. Mais, il permet de réduire les frais de maintenance et d'accroître la durée de vie de votre ouvrage. Donc au final, ce type de béton devient financièrement intéressant.'
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D’après les recherches de scientifiques de l’Université de Montréal, le virus d’une guêpe transforme une coccinelle en zombie.
Technologies
Une étude publiée par des chercheurs australiens prétend qu’il y aurait 200 milliards  de planètes habitables dans la Voie Lactée.
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Dans cette édition, Futuris examine les nouveaux matériaux à l'étude dans l'industrie aéronautique. Intelligents, extrêmement résistants, ultralégers ... À quoi ressembleront les matériaux utilisés pour construire les avions du futur ? La réponse se trouve, ici, à l'Université de Technologie Lublin située dans l'est de la Pologne. Encore récemment, ce laboratoire manquait d'équipement pour la recherche aérospatiale. Dotée de six nouveaux appareils ultra sophistiqués, dont des scanners 3D, des caméras thermiques et des fours à chambre, l'Université de Technologie de Lublin joue désormais dans la cour des grands ! Les explications de Marcin Knec', ingénieur en mécanique à l'Université de Technologie de Lublin : ' Les données issues de nos tests peuvent être utilisées par des partenaires industriels pour adapter leur production. Ils peuvent utiliser nos résultats, afin de réduire le temps de production de certains éléments aérospatiaux. Un raccourcissement du temps d'assemblage pour les nouveaux avions devrait se traduire par une réduction de leur coût de fabrication. Et au final, les passagers pourraient bénéficier de billets d'avion moins chers. ' Mais comment et quels outils viennent compléter ces tests mécaniques ? Les scientifiques de ce laboratoire - qui font partie d'un projet européen de recherche - recourent également à la simulation assistée par ordinateur. Objectif : mieux comprendre l'impact des vibrations, la mécanique des fluide ou encore la dynamique interne des nouveaux matériaux développés pour l'industrie aérospatiale. Le point avec Jerzy Podgórski, ingénieur civil à l'Université de Techonologie de Lublin : ' La simulation par ordinateur, nous permet de concevoir des modèles très complexes. Nous pouvons ainsi prévoir comment ces matériaux vont réagir dans des conditions extrêmes. La modélisation informatique, c'est tout simplement l'avenir de l'ingénierie aérospatiale. Elle va nous permettre de développer de nouveaux matériaux plus sophistiqués et plus sûrs. ' Les batteries de tests mécaniques et de simulations numériques menées ici ont permis de développer, pour l'aéronautique, de nouveaux matériaux à la fois plus légers et plus résistants, constitués notamment d'aluminium, ainsi que de fibres de verre et de carbone. Barbara Surowska, ingénieur en matériaux à l'Université de Technologie de Lublin nous explique à quoi servent ces nouveaux matériaux : ' pour l'essentiel, ces matériaux composites sont utilisés pour renforcer la structure des avions. Ils remplacent principalement des éléments métalliques à bord des appareils. Ces nouveaux matériaux sont plus légers et de meilleure qualité. ' Ce projet a permis à l'Université de Technologie de Lublin d'attirer un savoir-faire européen dans le domaine aérospatial et les résultats sont déjà visibles selon Jolanta Sadowska, physicienne à l'Université de Technologie de Lublin : ' nos recherches ont déjà fait l'objet de 2 livres et de 16 chapitres à part entière. Et nous avons publié quelque 70 articles dans 24 revues internationales. ' Même constat du côté de Tomasz Sadowski, ingénieur en génie civil et mécanique à l'Université de Technologie de Lublin et coordinateur du Projet CEMCAST : ' La première étape consiste à acheter des équipements. Et la deuxième, à former le personnel. Nous avons déjà participé à plusieurs échanges de professeurs. Nous avons envoyé des doctorants, des docteurs et des professeurs dans plusieurs établissements. Nous avons maintenant le potentiel requis pour nouer des partenariats avec les industriels. ' L'Université de Technologie de Lublin espère que ses collaborations avec des poids lourds du secteur, comme Airbus, se poursuivront, tout comme celles menées avec des PME locales.
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Obtenir un air de qualité à l'intérieur de son véhicule c'est possible grâce à un filtre photocatalytique installé dans le système de climatisation. Procédé imitant la photosynthèse des plantes, la photocatalyse est une technologie d'oxydation puissante. Elle résulte de l'action simultanée d'une source lumineuse UVA et d'un catalyseur. Les UV excitent le catalyseur ce qui provoque la désintégration des molécules polluantes par oxydation. Le catalyseur le plus employé est le dioxyde de titane car il se révèle thermodynamiquement stable, non toxique et économique. Des ingénieurs biochimiques d'une société polonaise ont construit un prototype. Le dispositif a été testé en laboratoire, il utilise le radiateur et la ventilation du véhicule et les premiers essais sont concluants. Jusqu'à 98 % des champignons, des bactéries et des virus sont éliminés des aérateurs de la voiture. Au Japon, les épurateurs d'air par UV sont commercialisés depuis dix ans, avec des applications dans les habitations, les magasins et les bureaux. En Europe, ce procédé se met en place tout doucement.
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Les récifs coralliens sont chaque jour un peu plus menacés par le réchauffement climatique. Pour mieux connaître l'état des coraux et ainsi les préserver, des scientifiques du projet Catlin Seaview Survey ont décidé de les photographier à l'aide d'un appareil ultrasophistiqué. Une opération titanesque est conduite actuellement dans le ''Triangle du corail'', qui regroupe les fonds marins de six pays d'Asie du sud-est. Ce territoire représente un tiers des récifs coralliens mondiaux et des espèces de poissons de récifs. ''Avec cet appareil photo auto-propulsé, on peut prendre beaucoup plus d'images, qu'on va pouvoir analyser plus rapidement, grâce à un système automatisé, explique Benjamin Neal, chercheur au Global Change Institute, à l'Université de Queensland. C'est important, car aujourd'hui, la science n'analyse pas suffisamment la surface des récifs coralliens pour comprendre ce qu'il s'y passe vraiment.'' Contrôlé par un plongeur, l'appareil prend une photo toutes les trois secondes et avance à une vitesse constante de 4 km/h. Cette cartographie des fonds marins, déjà disponible en partie sur Google sous la forme d'un street view, donne aux scientifiques un aperçu réel de l'état de santé des coraux. Et il y a urgence. ''Il est temps de prendre des mesures, car le réchauffement climatique, les activités humaines affectent la capacité fondamentale des coraux à maintenir la vie. Et si nous ne faisons rien, tous les récifs coralliens du monde entier seront menacés'', souligne Benjamin Neal. Si rien n'est fait, les récifs coralliens pourraient disparaître dans cent ans, craignent les scientifiques. Un tel scénario aurait de graves conséquences environnementales et économiques, qui affecteraient des millions d'individus.
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L'océan est parfois imprévisible et sans pitié. Les tsunamis se déclenchent tout d'un coup, emportant des milliers de vies. Comment les repérer pour pouvoir évacuer les populations à temps ? C'est à cette question que tentent de répondre des scientifiques travaillant près de Setúbal au Portugal et participant à un projet de recherche européen : ils testent à quelques kilomètres de la côte, un appareil qui détecte automatiquement la présence d'une vague en train de croître. 'On veut prouver que la mesure du niveau de la mer à un certain emplacement et l'analyse de ces données en temps réel permettent de déclencher une alerte auprès des habitants qui se trouvent à un tout autre endroit,' explique Alessandro Annunziato, directeur du Laboratoire européen de gestion de crise, émanation du Centre commun de recherche (CCR). Le sonar actif qui est en phase d'expérimentation utilise les ondes sonores pour évaluer les variations du niveau de la mer et détecter la présence éventuelle d'une vague se propageant sous l'appareil. Un dispositif qui peut sembler simple, mais c'est surtout la fiabilité de l'interprétation informatisée des données qu'il recueille qui constitue l'enjeu de cette étude. 'En général, le sonar est placé sur un support fixe, mais dans cette expérience, on peut le faire monter pour simuler la hausse du niveau de la mer et le faire descendre pour reproduire une baisse,' précise Daniele A. Galliano, chercheur en technologies de l'information et de la communication appliquées à la gestion de crise au CCR, en nous présentant l'appareil. Ce qui est reproduit, c'est notamment l'arrivée d'un tsunami bien réel : celui qui a frappé Lisbonne en 1755. Une nouvelle catastrophe de cette ampleur ne peut être exclue. Mais si le dispositif détecte une variation soudaine du niveau de la mer, comment l'alerte est-elle donnée par la suite ? Pour le savoir, nous suivons le cheminement des données enregistrées à Setúbal. Celles-ci sont rassemblées avec d'autres informations concernant les catastrophes naturelles et provenant de différentes sources, au Laboratoire européen de gestion de crise qui se trouve au CCR à Ispra en Italie. Cette plateforme européenne s'intègre au Système mondial d'alerte et de coordination en cas de catastrophe qui a été développé par le CCR et les Nations Unies. Ce dernier analyse les menaces en permanence et envoie si besoin, un message aux utilisateurs par mail, sms ou autre. L'abonnement à ces alertes est gratuit et ouvert à tous. 'On ne surveille pas seulement la survenue de tsunamis : il y a aussi les tremblements de terre, les inondations et les cyclones tropicaux,' souligne le directeur du Laboratoire, Alessandro Annunziato. 'Ils sont caractérisés par couleur : vert, orange ou rouge,' précise-t-il, 'en fonction de l'importance des conséquences prévisibles de cet évènement sur les populations.' De retour à Setúbal, nous assistons à un exercice d'alerte : il faut environ trente secondes pour que le système vérifie que les données du sonar en test correspondent bien à un tsunami et que le message d'alerte s'affiche sur des panneaux. Plus le sonar sera placé loin des côtes, plus la population aura du temps pour évacuer. Aujourd'hui, le délai n'est que de trois minutes et demi. 'Ce qui rend ce dispositif particulièrement intéressant,' indique Fernando Carrilho, chercheur en sismologie à l'==Institut portugais dédié à la mer et à l'atmosphère (IPMA)==, 'c'est qu'il combine la sirène et l'information écrite sur le panneau : ce qui est assez unique.' Les résultats des tests menés par les scientifiques seront précieux dans l'objectif de mettre en place un système international d'alerte précoce pour protéger les côtes européennes.
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Les forêts ne nous offrent pas que du bois, mais de petits trésors naturels qui peuvent être importants pour l'économie des régions forestières. Que peut apporter la science dans ce domaine ? Dans la région de Carélie en Finlande, les scientifiques qui participent à un projet de recherche européen baptisé StarTree ont mis au point un système pour prévoir quelle sera l'importance de la cueillette de champignons, de plantes ou de petits fruits. Un Finlandais sur deux la pratique. 'Notre système d'information est très utile parce que les gens veulent vraiment savoir quand ils peuvent aller en forêt pour cueillir des champignons ou des baies soit pour les consommer eux-mêmes, soit pour les vendre à des professionnels,' explique Kauko Salo, chercheur spécialisé dans l'utilisation des forêts, des baies sauvages et des champignons à l'Institut de recherche finlandais sur les forêts. 'En Finlande,' ajoute-t-il, 'on n'a pas à payer de taxe pour cela.' Si l'argent ne pousse pas dans les arbres, la valeur marchande des petits présents de la forêt dépasse les deux milliards et demi d'euros, rien qu'en Europe. Comment faire encore grossir cette manne ? La science s'attèle à trouver des réponses. 'On étudie la relation entre les caractéristiques des forêts et leur rendement,' indique Jari Miina, chercheur en sylviculture dans ce même institut. 'Comme cela,' dit-il, 'on peut donner des recommandations sur la manière dont elles devraient être gérées pour produire plus de champignons et de baies.' Voyons à présent comment sont exploitées ces ressources. À Joensuu, en particulier, depuis plus de cinquante ans, les cueilleurs de champignons ou de baies peuvent écouler leur récolte auprès d'une entreprise familiale. Un kilo de beaux cèpes rapporte sur place, quatre euros voire plus : cela dépend des années. 'Pour moi, c'est un complément de revenu,' raconte Matti Kontturi en apportant des cagettes de cèpes. 'Quand la saison est bonne et si j'ai le temps, je peux tirer jusqu'à 5 000 euros des champignons que je ramasse,' affirme-t-il. L'entreprise travaille en lien avec les chercheurs du projet StarTree sur des pistes innovantes en vue de diversifier son activité et ainsi la rendre moins sujette aux caprices de la météo. 'La cueillette des champignons ou des baies dépend de la pluie ou de la température ; donc on doit se préparer à l'avance,' estime sa propriétaire Marja Päivänurmi, 'mais on ne sait jamais ce qui va se passer : on se contente de fonctionner au jour le jour en espérant que cela se passe au mieux.' Dans toute l'Europe, ces scientifiques cherchent comment aider propriétaires forestiers, cueilleurs individuels, entreprises et consommateurs à profiter au mieux de ces végétaux sauvages. 'On a de nombreux exemples de bonnes pratiques un peu partout en Europe, on essaie de les explorer et de les transposer dans les régions avec lesquelles nous travaillons,' souligne Robert Mavsar, économiste de l'environnement de l'Institut européen des forêts et coordinateur du projet StarTree. 'Bien sûr, on est confronté à un environnement social et culturel particulier,' reconnaît-il, 'on ne peut pas s'attendre à ce que quelque chose qui marche bien en Finlande fonctionne aussi dans le sud de l'Espagne ou en Serbie, on tente juste de faire connaître ce qui existe.' Un bon moyen d'ajouter de la valeur à ces produits consiste à les transformer localement. Dans la société de Kari Koljonen, on réduit les baies en une poudre facile à conserver qui peut être mélangée à du yaourt ou dans des plats. Reste le problème de la labellisation : 'le système actuel de certification,' estime le PDG de l'entreprise, 'ne nous permet pas de mettre le label biologique sur les produits de la forêt, donc c'est une chose qui peut être améliorée.' De tout temps, les hommes ont su profiter des trésors qu'ils trouvent dans la nature. Aujourd'hui, la science peut les aider à en tirer le meilleur parti tout en respectant l'environnement.
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Les forêts sont les poumons verts de notre planète. Pendant la journée, les arbres absorbent le dioxyde de carbone et produisent de l'oxygène dont nous avons besoin pour respirer. La nuit, c'est le contraire : la forêt commence à produire du dioxyde de carbone. Qu'est-ce que cela signifie pour 'l'équation climatique mondiale' ? Dans cette forêt italienne, les chercheurs du Centre Commun de Recherche de la Commission européenne ont mis en place une station de surveillance qui mesure les échanges de gaz, au niveau du sol et dans les airs, au-dessus des arbres. "Ici, nous avons construit une tour de 36 mètres de haut, qui dépasse d'environ 10 mètres la canopée. L'idée, c'est de mesurer comment la forêt respire, autrement dit son absorption et son émission de CO2', explique Carsten Gruening, chercheur sur le changement climatique au CCR. Régulièrement, les scientifiques grimpent sur la tour pour vérifier et étalonner les instruments. Les capteurs installés receuillent les données pour comprendre comment les changements climatiques peuvent affecter la biochimie de la forêt. 'Ces instruments mesurent le flux de dioxyde de carbone, d'eau et d'ozone, ainsi que d'autres paramètres comme la radiation solaire totale et la partie du spectre solaire que les plantes absorbent et utilisent pour la photosynthèse', précise Ignacio Goded Ballarin, technicien pour le CCR. Les instruments sont situés à hauteur optimale, au-dessus de la canopée, pour mesurer les processus d'échange entre l'atmosphère et l'écosystème de la forêt. Tous les organismes vivants, y compris les plantes et les bactéries du sol, produisent du CO2. C'est leur métabolisme normal. Avec la lumière du soleil, les plantes convertissent le dioxyde de carbone en hydrates de carbone. Mais la nuit, la photosynthèse s'arrête, et le CO2 est 'expiré' dans l'atmosphère. Carsten Gruening explique le but de ces mesures : 'définir comment ce processus participe à l'évolution des conditions climatiques, si les températures ou la disponibilité de l'eau évoluent, et dans quelle mesure cela a une incidence sur la capacité des plantes à absorber le CO2 de l'atmosphère.' Les scientifiques vont avoir besoin de plusieurs années d'observation pour recueillir les données qui pourraient montrer comment les forêts perdent progressivement leur capacité à stocker le CO2. Une meilleure compréhension de ce processus devrait aider les gouvernements à prendre des contre-mesures. "Notre station est conçue pour un suivi à long terme des flux de CO2, nous allons pouvoir observer les effets du changement climatique sur l'écosystème forestier sur les dix prochaines années' conclue Carsten Gruening.

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