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A Oviedo en Espagne, le Prix Princesse des Asturies dans la catégorie recherche scientifique et technique a été attribué à l'ingénieur américain Hugh Herr, concepteur de prothèses bioniques qui ont révolutionné l'assistance orthopédique. 'Ses recherches en biomécatronique accélèrent l'intégration homme-machine, ce qui permettra d'améliorer la qualité de vie de millions de personnes', a souligné le président du jury. Directeur de recherche au célèbre institut MIT de Boston, Hugh Herr utilise lui-même ces prothèses au quotidien après avoir perdu ses jambes à l'âge de 17 ans suite à un accident de montagne. Ces prothèses bioniques offrent véritablement de nouvelles perspectives pour les amputés, car elles réagissent comme des muscles vivants, grâce à un système de batterie, qui réduit les efforts du patient et améliore donc ses sensations. Hugh Herr a permis notamment à une victime des attentats de Boston de poursuivre sa passion : la danse, alors que lui peut continuer à faire de l'escalade, presque tout à fait naturellement. Voir Reportage de France 2
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Le prix Princesse des Asturies 2016 en sciences sociales a été décerné à l'universitaire britannique Mary Beard. Mary Beard (wmarybeard), 2016 Princess of Asturias Award for Social Sciences. #PrincessAsturiasAwards. pic.twitter.com/4RP2O5P00j- Fundación Princesa (fpa) May 25, 2016 'Le jury a salué en particulier la capacité d'intégrer l'héritage primé du classique dans notre expérience de ce monde' a expliqué la présidente du jury Carmen Iglesias Cano. Mary Beard a étudié à l'université de Cambridge où elle a longtemps été la seule femme dans le département classique. Marie Beard est aujourd'hui professeur en lettres classiques, à Cambridge, et elle est sans doute la plus connue des historiennes britanniques. Sa renommée tient en partie au fait qu'elle est très présente dans les médias, à la télévision, et la BBC. Elle dirige également le supplément littéraire du quotidien The Times et anime un blogue qui figure aussi sur le site du Times. Marie Beard se décrit comme féministe, elle est née en 1955 dans une petite ville anglaise du Shropshire d'une mère proviseure d'école et d'un père architecte.
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A Oviedo en Espagne, la Fondation Princesse des Asturies - titre de l'héritière du trône, la fille aînée du roi Felipe VI - a désigné ce mercredi, son premier lauréat de l'année : Núria Espert Cette grande dame du cinéma et du théâtre en Espagne, aujourd'hui âgée de 80 ans, remporte ainsi le Prix 'Princesse des Asturies' des Arts 2016. 'Núria Espert est l'une des figures les plus éminentes sur la scène mondiale, a souligné le président du jury José Lladó y Fernández-Urrutia. Elle a été le relais au niveau international de la littérature et de la création théâtrale classique et contemporaine espagnoles au cours d'une longue carrière qui a conduit au succès sur les scènes du monde entier,' a-t-il ajouté. #PremiosPrincesadeAsturias Es 'muy halagador' dice Nuria Espert en MasDeUno. "Le tocaba al teatro" pic.twitter.com/aO5PnLXCpm- Onda Cero Gijón (ondacerogijon) 11 mai 2016 Comédienne touche-à-tout Originaire de Catalogne, Núria Espert a fait ses débuts sur scène à l'âge de 17 ans en remplaçant Elvira Noriega dans 'Médée'. En 1959, elle fonde sa propre compagnie de théâtre avec son mari. S'en suit une longue et remarquable carrière marquée notamment par le cinéma et le théâtre classique. Elle exerce aussi dans la mise en scène d'opéra et de théâtre. Núria Espert gana el Premio Princesa de Asturias de las Artes. https://t.co/pBtGbQ0JeF Léelo en miradas_ee pic.twitter.com/5chNhDtKbO- El Español (elespanolcom) 11 mai 2016 A 79 ans, elle interprète le Roi Lear A 79 ans, elle relève un défi de taille en devenant la 'première comédienne espagnole à interpréter le rôle-titre du 'Roi Lear' de Shakespeare':http://www.lemonde.fr/culture/article/2015/01/24/nuria-espert-reine-mere.... Au palmarès de ces Prix 'Princesse des Asturies' considérés comme les Nobel espagnols, Núria Espert succède au cinéaste américain Francis Ford Coppola, lauréat dans cette même catégorie l'an dernier.
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C'est l'un des plus grands cinéastes de tous les temps. Francis Ford Coppola était à Oviedo, en Espagne pour recevoir le Prix des Arts 2015 de la Fondation Princesse des Asturies. Et c'est à cette occasion que Javier Villagarcía, journaliste de la rédaction espagnole d'euronews a pu l'interviewer. Le réalisateur de classiques du cinéma comme la saga du 'Parrain', 'Apocalypse now', 'Patton' revient pour nous sur ses jeunes années, sur sa manière de travailler et nous fait partager sa vision des conflits armés d'aujourd'hui. A 76 ans, le maître du septième art n'est pas prêt de ranger sa caméra. 'Francis Ford Coppola, merci beaucoup d'accueillir euronews aujourd'hui. Vous venez de recevoir un prix récompensant vos films qualifiés 'd'icônes collectives et universelles'. Vous vous sentez fier ou un peu nostalgique ?' Francis Ford Coppola : 'Franchement, je me sens mal à l'aise. Toute ma vie, j'ai voulu faire partie du groupe. Quand j'étais jeune, mon père a déménagé tellement souvent que je n'avais pas beaucoup d'amis, j'ai toujours été un outsider, alors que je voulais être un ami qu'on connaît. Lorsqu'on devient célèbre et qu'on reçoit un tel prix, c'est un merveilleux honneur, mais d'une certaine façon, on est toujours un outsider à l'extrême inverse, mais j'en suis très fier et je suis très honoré et reconnaissant.' 'Vous avez très souvent dit que vous ne vouliez pas faire de films commerciaux, vous voulez maintenant faire des films plus indépendants. Le temps des super-productions Coppola est-il révolu ?' FFC : 'Et bien, peut-être que oui, peut-être que non. Je veux dire que seul le temps le dira, vous savez. Mais ce que je veux dire, c'est que même lorsque j'étais jeune, je me suis intéressé à des films plus expérimentaux. Des films qui tentent de comprendre ce que le cinéma pourrait être. Même lorsque que je faisais, ce qu'on appelle de grosses productions, il y avait plus de souplesse, de flexibilité. Aujourd'hui les grands films, ce sont tous des Spiderman, Batman, machine man, trucman...' 'Des films de super-héros...' FFC: 'Oui, et pour moi ce sont juste des produits. Je pense qu'ils ont été fait parce que quelqu'un devait le faire, parce que quelqu'un devait faire de l'argent. Plus personne n'investit dans un film pour faire quelque chose de nouveau, ils veulent être sûrs de récupérer leur argent. Le risque, c'est bien, c'est comme cela qu'on avance. Mais si personne ne veut prendre de risques, alors cela ne m'intéresse pas.' 'Laissez-moi vous citez, vous avez dit : 'ce que les studios veulent aujourd'hui ce sont des films sans risques, mais ne pas prendre de risque, c'est comme ne pas faire l'amour et espérer avoir des enfants'.' FFC: 'C'est vrai, je ne sais plus quand j'ai dit cela, mais il doit y avoir prise de risque. L'art est un risque. Cela l'a toujours été. Si vous êtes sûrs que ce que vous allez faire sera merveilleux, cela ne le sera probablement pas.' 'Vous avez aussi déclaré que la véritable récompense pour vous c'est de faire des films dont les gens se souviennent encore 30, 40 ans après. C'est ce qui s'est passé avec 'Le Parrain', 'Apocalypse Now', c'était dans les années 70, 80. Que s'est-il passé ensuite ?' FFC: 'Les films que l'on considère aujourd'hui comme des classiques ont été faits il y a 30, 40 ans. Les films que j'ai fait ensuite n'ont pas encore atteint cet âge, on verra s'il deviennent ou non des classiques dans quelques années. Mais tenter d'explorer de nouveaux territoires m'a toujours intéressé, c'est un plaisir. Je fais des films pour le plaisir, je ne fais pas des films pour faire de l'argent. Je n'ai pas besoin de tirer de l'argent des films.' 'Pouvez-vous nous dire un mot de votre prochaine aventure ?' FFC: 'Et bien, si vous parlez de votre aventure, c'est difficile de la vivre, vous obtenez déjà satisfaction, vous attirez un public qui vous entend alors dire 'je veux faire ça, je veux faire ci'. En parler, c'est comme retirer la vapeur d'un moteur à vapeur. Je ne peux pas en dire beaucoup, mais je travaille à présent sur quelque chose de plus ambitieux et de plus grand que n'importe quel film que j'ai fait. Vous savez, j'ai fait un film qui a été décrit comme commercial mais qui était expérimental, c'était 'Apocalypse Now', c'était une entreprise complètement folle à l'époque. Les studios ne voulaient rien faire sur la guerre du Vietnam. Alors je me suis lancé seul et j'ai emprunté de l'argent, je l'ai presque financé à moi tout seul. J'avais peur bien sûr, je prenais un gros risque avec 'Apocalypse Now', mais c'est ce qui était intéressant. Le script n'est pas passé dans les mains de gens qui mettaient de l'argent, qui auraient dit 'vous devez faire ci, vous devez faire ça, pouvez-vous le faire plus comme le film Les Canons de Navarone'. Tout le monde comprend ça, mettriez-vous de l'argent dans un film dont le réalisateur dirait probablement 'je ne suis pas sûr de ce que je fais'. Qui le voudrait ?' 'En parlant d''Apocalypse Now', vous pensez que ce film aide aujourd'hui à comprendre les conflits en cours ?' FFC: 'Dans 'Apocalypse Now', ce dont il est réellement question, c'est de moralité. Vous savez, tellement de gens disent 'nous sommes les gentils, la morale est de notre côté et les terroristes n'ont aucune morale, ce sont les méchants.' C'est déjà un mensonge. Ce qu''Apocalypse Now' hait le plus, dénonce, c'est le mensonge. Si vous allez faire quelque chose, alors vous devez être honnête sur ce que vous faites. Le terroriste est très souvent qualifié de terroriste parce qu'il n'a pas d'armée. Il est facile pour un pays qui a une armée de dire 'nous combattons les terroristes', mais les terroristes se battent avec tout ce qu'ils peuvent et avec courage. Donc, si vous voulez comprendre le monde d'aujourd'hui et résoudre ces problèmes terribles dont les gens normaux paient le prix, je parle des millions de réfugiés qui n'ont rien fait, vous devez commencer par arrêter de mentir.' 'Revenons à votre carrière, quelle importance avait Marlon Brando pour vous ?' FFC: 'D'abord, c'était un grand homme en plus d'être un acteur. C'était un génie dans sa manière de penser. Et je n'utilise pas le terme génie très souvent. Dans ma vie, je n'ai connu que deux ou trois personnes que je qualifierais de génie. Marlon en était un, parce qu'il pensait d'une manière réellement unique. Et c'était un homme empli d'amour. ' 'C'était difficile de le diriger ?' FFC: 'Non, j'avais juste à lui apporter des choses qui l'intéressaient. Je lui mettais simplement un animal entre ses mains ou un fromage italien ou bien un cigare et il agissait naturellement. Pour le diriger, vous aviez juste à lui dire 'tu peux te mettre plus en colère, moins en colère'. On ne lui parlait pas de jeu d'acteur, vous savez, il n'aimait pas ça.' 'Votre famille est pleine de réalisateurs de films, votre fille, Sophia, votre fils, Roman... Viennent-ils souvent vous demander 'papa, est-ce que tu peux m'aider ou que penses-tu de cela ?' FFC: 'Ils le font encore, mais bien sûr, moins à mesure qu'ils vieillissent. Mais les plus jeunes, comme ma petite-fille Gian-Carla, qui a seulement 28 ans, elle me questionne tout le temps. Les autres l'ont fait quand ils avaient la vingtaine. Maintenant, ils sont dans la quarantaine, la cinquantaine, et ils sont plus timides ou plus sûrs de ce qu'ils veulent faire, mais de temps en temps, ils demandent conseil. Et bien sûr, ma femme Eléanor vient de tourner le premier long-métrage de sa carrière à 79 ans, donc elle a posé beaucoup de questions. Je dirais qu'à mesure qu'ils prennent confiance, ils ont moins besoin de moi.'
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La remise des Prix Princesse des Asturies s'est déroulée ce vendredi à Oviedo, capitale de la principauté des Asturies, dans le nord-ouest de l'Espagne, et sous l'égide du Roi d'Espagne Felipe VI et de la Reine Letizia. Le prix Prix princesse des Asturies se compose de huit catégories. L'encyclopédie numérique participatif Wikipedia a reçu le prix Princesse des Asturies pour la Coopération internationale. L'économiste Esther Duflo, qui évalue les politiques de lutte contre la pauvreté, a quant à elle reçu le prix Princesse des Asturies pour les Sciences sociales. Le Prix princesse des Asturies pour la Concorde est remis à l'Ordre hospitalier de saint Jean de Dieu. Le Prix Princesse des Asturies pour la Littérature est décerné à Leonardo Padura, journaliste et romancier cubain. Enfin le cinéaste américain Francis Ford Coppola a reçu le Prix Princesse des Asturies pour les Arts. 'C'est la vraie sensation de l'espèce humaine : à chaque génération les enfants peuvent courir plus vite, sauter plus haut, jouer des instruments de musique avec une excellence technique troublante et rêver plus fort à de nouvelles expressions cinématographiques que nous ne pouvons même pas imaginer.' Le prix Prince des Asturies a été créé en 1980. Le prince Felipe, Prince des Asturies, était alors l'héritier du trône. Ce dernier étant devenu roi en 2014, le prix a été rebaptisé Prix Princesse des Asturies en référence à à l'héritière présomptive du royaume d'Espagne, la Princesse Leonor, fille aînée du couple royal, âgée aujourd'hui de 9 ans.
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'Une personnalité qui symbolise la lutte pacifique contre les violences envers les femmes et les pauvres et contre la discrimination', c'est ainsi que le jury du Prince des Asturies a décrit Caddy Adzuba en lui décernant récemment le Prix de la Concorde 2014. Cette journaliste et militante congolaise dénonce depuis des années, les viols qui sont utilisés comme armes de guerre en République démocratique du Congo. Leire Otaegi, euronews : 'Votre carrière de journaliste et de juriste est marquée par la lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes. Pouvez-vous nous parler de la première fois où vous avez interviewé une victime ?' Caddy Adzuba : 'Je n'ai pas pu finir l'interview. C'était en 2000, j'étais sur terrain, j'ai rencontré une femme et j'étais pressée d'apprendre ce que ces femmes endurent. J'ai tendu mon micro à cette femme et elle m'a regardé droit sur les yeux. Elle ne voulait pas parler. J'ai insisté, je lui ai dit : 'C'est très important, il faut parler'. Elle m'a regardé et elle m'a dit : 'Tu es sûre que tu veux entendre ça ? Tu vas supporter ?' J'ai dit : 'Bien sûr'. Elle m'a parlé pendant deux minutes, puis je me suis levée, je suis partie. Je ne lui ai dit ni au revoir, ni merci, je suis tout simplement partie, j'ai fui parce que les choses que j'entendais, je les connaissais auparavant, mais c'était la première fois qu'une victime m'en parlait directement. Alors, j'ai fui.' Leire Otaegi : 'Et vous, Caddy Adzuba, avez-vous changé depuis cette interview ?' Caddy Adzuba : 'Depuis cette interview, je me suis jurée de faire tout ce que je pouvais faire, avec mes petites connaissances, avec ma petite contribution pour voir si je peux participer à l'amélioration de la vie de ces femmes. Je ne peux rien parce que je n'ai pas de grands moyens, je n'ai qu'un simple micro pour parler, dénoncer et faire savoir ce qui arrive à ces femmes.' Leire Otaegi : 'Quel chemin doit faire une femme abusée pour tourner la page de ce qu'elle a subi et pour qu'elle ne soit plus perçue comme une victime ?' Caddy Adzuba : 'Tout d'abord, il lui faut du temps et ce n'est pas un ou deux jours, un, deux ou cinq mois, ni même deux ans. C'est plusieurs années malheureusement : cinq voire dix ans. Ces femmes sont détruites physiquement, déchirées, traumatisées, torturées. Elles doivent être réparées. La première des choses, c'est la réparation physique. Après cela, elles doivent se libérer de leur traumatisme avec des séances psycho-sociales, psycho-traumatiques... Ensuite, si elles répondent très bien, elles doivent suivre d'autres thérapies de groupe et un accompagnement social pour sa réinsertion socio-économique. Puis, on doit travailler sur leur entourage pour qu'elles soient acceptées au sein de la société là où elles ont été bannies et chassées. Enfin, elles doivent se réinsérer économiquement parce que c'est aussi très important. Souvent, ces femmes sont réduites à la pauvreté parce qu'elles ont tout perdu.' Leire Otaegi : 'Peuvent-elles guérir totalement sans obtenir justice ?' Caddy Adzuba : 'Non, c'est impossible, malheureusement. Il n'y a pas de guérison complète sans justice parce que les bourreaux continuent de circuler librement. Les responsables, les coupables continuent d'errer librement et lorsque ces femmes traumatisées qui ont vécu ces choses-là continuent de voir circuler les gens qui ont causé ces drames, c'est encore une source de traumatisme et pas seulement pour ces femmes, pour nous tous, pour toute la société.' Leire Otaegi : 'Vous avez reçu des menaces pour avoir dénoncé les crimes de violences sexuelles. Vous avez même quitté votre pays à cause de cela. Qu'est-ce que cela fait de vivre et de travailler dans la peur ?' Caddy Adzuba : 'Moi, si je suis menacée, c'est parce que j'ai fait quelque chose : j'ai provoqué les bourreaux, un système. Mais ces femmes, qui ont-elles provoqué ? Personne. Elles n'ont rien fait, mais elles sont victimes des plus graves atrocités qu'on puisse imaginer sur cette planète. Et c'est cela qui nous donne du courage. C'est vrai, on a peur. C'est vrai que quand on reçoit des SMS qui disent : 'si tu continues, tu auras deux balles dans la tête', on a peur. Mais celui qui veut te tuer, il ne va pas t'envoyer un SMS, il va te tuer directement.' Leire Otaegi : 'Qui est en capacité d'installer une paix stable et durable en République démocratique du Congo ?' Caddy Adzuba : 'Tout le monde, tout le monde. La paix, c'est une question universelle. La paix, c'est d'abord une question de responsables qui sont directement liés, qui sont obligés de protéger la population, je parle là du gouvernement congolais. La responsabilité incombe également à la société civile congolaise que nous constituons : nous devons continuer à accompagner ce gouvernement pour qu'il puisse mieux faire son travail. La responsabilité incombe aussi à toute la région des Grands Lacs : tous les voisins de la RDC sont eux aussi responsables d'une manière ou d'une autre de ce que nous connaissons dans le pays. La responsabilité incombe également au continent africain, aux États africains, à l'Union africaine qui doit savoir prendre ses propres responsabilités et résoudre ses propres problèmes. La responsabilité va au-delà des frontières, au-delà des océans, c'est ce qu'on appelle la communauté internationale. Le conflit congolais était davantage un conflit économique, il y a eu plusieurs rapports qui ont dénoncé et qui ont cité nommément les multinationales qui ont été impliquées directement ou indirectement dans le financement des groupes armés tout simplement à cause d'intérêts économiques. Suite à cela, six millions des Congolais ont été tués, plus de 500.000 femmes ont été victimes de violences sexuelles. Donc, la responsabilité est partagée et chacun doit répondre de ces actes. C'est ça, la justice.' Leire Otaegi : 'L'histoire de votre pays est marquée par les guerres, mais aussi par la lutte constante des femmes en faveur de la paix. Que peut-on apprendre de ce combat des Congolaises en Europe au moment où on vous décerne ce prix ?' Caddy Adzuba : 'L'Europe vit en réalité, dans une situation de naïveté - si je puis dire - et cela s'explique par les informations qu'on donne aux Européens sur l'Afrique : 'l'Afrique, c'est un continent des pauvres, c'est le tiers-monde, c'est la guerre, les maladies, Ebola, etc... On ignore qu'en Afrique, il y a des femmes et des hommes courageux, des hommes et des femmes capables de soulever le monde et de dire non aux atrocités et l'Europe doit changer maintenant sa façon de voir les choses en Afrique. L'Europe doit changer sa politique vis-à-vis de l'Afrique. C'est très important.'
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'Talents de tous les pays, unissez-vous !' Telle pourrait être la devise de la cérémonie de la remise des prix Prince des Asturies qui se tient chaque année à Oviedo dans le nord de l'Espagne. Sa 34è édition s'est déroulée ce vendredi en présence du roi Felipe VI et de la reine Letizia. Le prix de la communication et des humanités a été décerné à Joaquin Salvador Lavado Teron, de nationalités argentine et espagnole, auteur de plusieurs bandes dessinées et inventeur du célèbre personnage de Mafalda. Le prix de la littérature, quant à lui, revient à l'écrivain irlandais John Banville qui a su faire vibrer l'auditoire du théâtre Campoamor. Dans son discours de remerciements, il s'est lancé dans une ode à la phrase. 'La création la plus remarquable de l'humanité est la phrase, a-t-il dit. Certaines grandes civilisations antiques ne connaissaient pas le concept de la roue. En revanche, elles avaient la phrase. Car sans la phrase, elles n'auraient été ni grandes ni civilisées. C'est grâce à la phrase que nous pensons, que nous spéculons, calculons, imaginons. C'est avec des phrases que nous déclarons notre amour - et la guerre -, que nous prêtons serment. Avec des phrases, nous affirmons notre être.' Le lauréat le plus célèbre est sans doute Frank Gehry, l'architecte californien connu pour son musée Guggenheim à Bilbao en Espagne, à qui l'on doit également la Fondation Louis Vuitton qui vient d'être inaugurée à Paris. Enfin, Caddiz Adzuba est distinguée pour son travail comme journaliste à Radio Okapi, un média créé dans le cadre de la mission de l'ONU en République démocratique du Congo. Elle a été menacée de mort après des enquêtes fouillées sur les violences sexuelles subies par les femmes dans son pays.
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Il y a tout juste 50 ans, Joaquín Salvador Lavado, dit "Quino", publiait les premières aventures de Mafalda, la plus célèbre des petites filles argentines. Quino est le premier caricaturiste à recevoir un Prix 'Prince des Asturies' en Espagne, dans la catégorie 'Communication et Humanités'. Sa vie est, aujourd'hui, partagée, entre Buenos Aires et Madrid. Mais une maladie des yeux l'empêchent, désormais, de dessiner son personnage fétiche. Euronews l'a rencontré en Espagne. Francisco Fuentes, Euronews: Bienvenue. Merci beaucoup d'être avec nous. Quino: Merci à vous. Euronews: Prix 'Prince des Asturies' dans la catégorie 'Communication et Humanités'. Qu'est-ce que cela signifie pour vous? Quino: Je suis très content parce que c'est un prix pour lequel j'ai toujours eu un grand respect. Il a toujours été décerné à des gens qui respectent et aiment beaucoup leur métier. Paco: Vous êtes le premier dessinateur à recevoir ce prix. Quino: (Rires) Mais j'espère que je ne serai pas le dernier. Paco: Est-ce que vous croyez, qu'en général, les caricaturistes (comme Plantu) sont suffisamment reconnus dans le monde? Quino: Je crois que oui. Je pense qu'Umberto Eco nous a beaucoup aidé quand il a créé une sorte de littérature dessinée. Paco: Savez-vous comment les nouvelles technologies peuvent contribuer au développement de la bande dessinée humoristique? Quino: Nous sommes dans une transition technologique et pour l'instant nous ne savons pas comment cela va finir. C'est comme pour le livre électronique. Au début, on a eu peur que cette technologie s'impose face à l'édition papier et finalement, ça ne s'est pas passé ainsi. C'est difficile d'anticiper l'avenir. Paco: Dans vos dessins, vous auriez pu évoquer les tablettes ou les réseaux sociaux? Quino: Au début de cette nouvelle ère, j'ai commencé a m'amuser en dessinant cette technologie, en utilisant ses termes, la plupart en anglais et que les gens utilisent sans vraiment les comprendre. Je crois que la technologie va modifier les relations humaines. Elles ont déjà assez bien changé, mais avec un handicap un peu curieux. Les gens sont connectés à des milliers de personnes, mais ils n'ont pas d'amis avec qui avoir une conversation. C'est très curieux. Paco: Parlons un petit peu de Mafalda qui est une des raisons pour lesquelles, nous sommes ici, dans la principauté des Asturies. Elle vient de fêter ses 50 ans. Depuis plusieurs mois, il y a une exposition dans le monde entier. Vos vignettes humoristiques, vos pensées ont une grande importance. Quand vous avez commencé a dessiner Mafalda, aviez-vous imaginé tout ça? Quino: Non. Je ne m'attendais à rien. J'ai commencé à publier ce personnage sans le connaître totalement. Je ne l'avais pas assez travaillé avant de le publier. Mais à un certain moment, je me suis demandé: 'comment faire pour continuer à raconter son histoire?' Et j'ai trouvé cette idée de Mafalda qui pose des questions à ses parents, des questions auxquelles personne n'a de réponses. 'Pourquoi il y a la guerre? Pourquoi il y a des gens pauvres? Pourquoi on détruit la planète?' Des questions sans réponses et je trouvais que c'était un bon moyen pour que les gens s'intéressent à Mafalda. Paco: Pourquoi le temps n'a-t-il pas d'effet sur Mafalda? Elle n'a pas pris une ride et elle a comme traversé le temps pour devenir éternelle. Quino: Non (rires). Je crois que, justement, le jour où les lecteurs se rendront compte que dans mes dessins, il n'est pas fait mention des nouvelles technologies, que moi, je n'y connais rien, alors, il verront que ce personnage n'est pas de notre temps et elle perdra tout intérêt. Paco: Vu que Mafalda est toujours d'actualité, on a l'impression que le monde a très peu changé ces 50 dernières années. Quino: Très peu. Et ça, c'est une grande déception sur le comportement humain parce que cela veut dire qu'on continue à faire les mêmes erreurs, que l'on n'a pas progressé, sauf dans la technologie. Paco: Pourquoi le monde va-t-il toujours si mal? Quino: Parce que les intérêts économiques ont pris le dessus sur les intérêts politiques et idéologiques. Aujourd'hui, il n'y a pas d'idéologie et ça, c'est rarissime pour quelqu'un de ma génération! La génération de 68 dont le leitmotiv était: 'l'imagination au pouvoir'. Tout ceci était si beau et aujourd'hui, il ne reste plus rien. Paco: Une des images de Mafalda, qu'on a toujours en tête, est qu'elle n'aimait pas la soupe. J'ai lu que vous aviez utilisé la soupe de Mafalda comme une métaphore de la dictature argentine. Comment vous et votre famille avait vécu cette époque, où vous avez dû partir en exil en l'Italie? Quino: Comme tous nos compatriotes. Très mal! Etre obligé de quitter son pays dans l'angoisse, vous fait perdre le contact avec vos amis, votre famille et les personnes que vous aimez. Aujourd'hui, les flux migratoires sont importants dans le monde, alors pas besoin d'expliquer ce que cela signifie. Paco: Comment voyez-vous l'évolution récente de l'Amérique Latine? Quino: J'observe mais je n'arrive pas à comprendre ce qu'il se passe. Il y a 5 ans, je la regardais avec plus de tranquillité. Aujourd'hui, je suis très curieux de savoir de ce qu'il va se passer. Paco: Et l'Europe? Quino: L'Europe m'intrigue autant que l'Amérique Latine. Paco: N'oublions pas que vous vivez à cheval entre Buenos Aires et Madrid et ceci fait de vous un spectateur privilégié. Quino: L'Europe, c'était un modèle pour l'Amérique Latine. Et en ce moment, elle est dans une étape où on ne sait pas si elle va continuer à s'étendre ou se désintégrer totalement. Il y a des pays qui veulent leur indépendance, ce que je trouve très grave. 'Des pays?' Non, je voulais dire 'des régions'. Parce que je crois que dans cette ère de l'incertitude, il faut plutôt s'unir que se diviser. Paco: Retournons à la soupe de Mafalda. Aujourd'hui, quelle serait la soupe de Mafalda ou la soupe de tous les problèmes? Quino: (Rires) La soupe de Mafalda d'aujourd'hui serait un peu la montée en puissance des groupes terroristes que l'Occident ne sait pas gérer à cause, notamment, de son manque d'intérêt pour d'autres cultures. En conséquence, l'Occident ne sait pas comment les traiter et agir avec elles. Paco: Comment voyez-vous le monde? Quino: Je le regarde. Je lis fréquemment la Bible pour chercher des idées pour mes bandes dessinées même si je ne suis pas croyant et que je ne l'ai jamais lue avec un esprit religieux. Je pense que les Etats ont non seulement commis les mêmes erreurs lors des deux derniers siècles mais que l'être humain a une tendance à abîmer ce qu'il a bien fait. Paco: En quoi croyez-vous? Quino: En la pensée humaine, Même s'il y a des périodes dans lesquelles l'humanité a reculé, pendant la période nazie et fasciste notamment. Parfois, elle réussit de bonnes choses mais ensuite, il lui arrive de tout gâcher. Paco: Quino, merci d'avoir été avec nous. Quino: Merci à vous. Paco: Et bonne chance!
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Caddy Adzuba, journaliste et militante de République démocratique du Congo, décroche le ='Prix Prince des Asturies' de la Concorde==. Une récompense attribuée ce mercredi midi à Oviedo en Espagne, dernière d'une série de distinctions espagnoles prestigieuses. Le président du jury, Javier Fernández Fernández qui dirige le gouvernement régional des Asturies a salué une 'personnalité qui symbolise la lutte pacifique contre les violences envers les femmes, les pauvres et la discrimination.' 'Une tâche dangereuse et généreuse,' a-t-il dit. Pour notre magazine Women and War, notre reporter Valérie Gauriat a suivi Caddy Adzuba dans son combat quotidien pour offrir une vie meilleure aux femmes victimes de viols et lutter contre le recours aux enfants soldats. Dans un pays frappé par la guerre civile jusqu'en 2008 et encore en proie aux combats dans l'Est, l'une des associations dont la jeune femme fait partie a témoigné auprès des instances internationales sur de nombreuses atrocités. Journaliste de Radio Okapi, antenne de la mission des Nations Unies sur place, elle a été menacée de mort et plusieurs fois attaquée chez elle. Le Prix de la concorde lui sera décerné à Oviedo en octobre.
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La Fondation Prince des Asturies a choisi le romancier John Banville comme lauréat de son prix 2014 de Littérature. Chaque année, cette fondation remet des prix dans huit catégories. Chaque lauréat est récompensé d'une sculpture conçue par Joan Miró et de 50 000 euros. John Banville succède à Antonio Munoz Molina... 'La prose de John Banville', explique le président du jury, 's'ouvre vers d'éblouissants espaces lyriques au travers de références culturelles où les mythes classiques sont révigorés, et l'ironie se mêle à la beauté'. Né à Dublin en Irlande, Jong Banville a débuté sa carrière d'écrivain prolixe dans les années 70 avec la publication d'un recueil de nouvelles (Long Lankin), puis d'un roman (Nightspawn). Il acquiert sa notoriété en 76 avec Doctor Copernicus, premier ouvrage de la trilogie des Révolutions en 76, une metafiction historiographique. Pour beaucoup, John Banville s'inscrit dans la grande lignée des auteurs irlandais de Jonathan Swift à Samuel Beckett en passant par Oscar Wilde et James Joyce. Avec un style ingénieux et un humour proche de Vladimir Nabokov. Romancier, mais également journaliste, John Banville a reçu de nombreuses récompenses, dont le prestigieux pris Booker en 2005 pour sa nouvelle The Sea, qui devrait être prochainement adapté à l'écran. Pour le cinéma, John Banville a travaillé sur le scénario d'Albert Nobbs, où Glenn Close se grime en homme pour travailler comme majordome. John Banville a publié plus récemment son vingtième livre, Ancien Light en 2012 qui conclu la trilogie (Eclipse, Shroud), de son personnage Alexander Cleave. Il écrit aussi sous le nom de plume Benjamin Black a sorti cette année The Black-Eyed Blonde qui met en scène le célèbre détective privé Phillip Marlowe sorti de l'imagination fertile de Raymond Chandler.
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Quino est le lauréat du Prix Prince des Asturies 2014, catégorie Communication et Humanités. De son vrai nom Joaquín Salvador Lavado Tejón, ce scénariste et dessinateur argentin aujourd'hui âgé de 81 ans est le papa du personnage satyrique de bande dessinée Mafalda. 'Alors qu'on fête le cinquantième anniversaire de Mafalda, la lucidité des messages de Quino reste d'actualité grâce à une sage combinaison entre la simplicité de son coup de crayon et la profondeur de sa pensée', a expliqué le président du jury Víctor García de la Concha. L'un des 'comics strips' les plus diffusés au monde, Mafalda met en scène un groupe d'enfants dont une petite fille de six ans qui pose un regard très mature et critique sur l'état du monde et défend des valeurs humanistes. Un personnage satyrique dont les questionnements restent effectivement d'actualité en 2014. Certains parlent même d'une espèce de précurseur du mouvement des indignés de ce début de XXIe siècle. Mafalda est apparue pour la première fois dans la presse argentine le 29 septembre 1964. Quino a cessé la série en 1973, mais l'intérêt pour Mafalda a perduré, en Amérique du Sud, mais aussi en Europe ou encore au Québec.
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Le prix Prince des Asturies des Sciences sociales a été décerné ce mardi à Oviedo à l'historien français Joseph Pérez, spécialiste des civilisations ibériques d'Espagne et d'Amérique latine. Un prix doté de 50.000 euros. 'Son oeuvre a constitué une révolution dans la manière d'interpréter des épisodes décisifs pour la compréhension de l'histoire de l'Occident et de l'indépendance de l'Amérique hispanique.' Ancien élève de l'Ecole normale supérieure, professeur agrégé et docteur d'Etat, Joseph Pérez a consacré sa vie à sa passion, l'histoire du monde ibérique, sur laquelle il a beaucoup écrit. Président de l'Université de Bordeaux III, il a fondé la 'Maison des pays ibériques', un centre de recherche et de documentation inter-universitaire basé en Aquitaine. De 1989 à 1996, il s'est aussi illustré à Madrid à la tête de la Casa de Velázquez, une école française qui forme des enseignants, des chercheurs et des artistes.
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Frank Gehry succède au cinéaste Michael Haneke. La Fondation Prince des Asturies a décerné son Prix Prince des Asturies 2014 pour les Arts à l'architecte américano-canadien. Pour le jury, il...
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La cérémonie des Prix Prince des Asturies s’est déroulée ce vendredi soir à Ovideo en Espagne. Une cérémonie logiquement présidée par le prince des Asturies en personne : l’héritier du...
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Le Prix Prince des Asturies, c’est un peu le Prix Nobel de la famille royale espagnole. Il est attribué chaque année depuis 1981 dans 8 catégories et aujourd’hui, c’est la ONCE,...
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Le golf et l’Espagnol José María Olazábal à l’honneur. Le joueur remporte le prix Prince des Asturies dans la catégorie sport. Pour l’ancienne championne de tennis et présidente du jury Arancha Sanchez, il est” l’un des meilleurs golfeurs de l’histoire.” Avec Severino Ballesteros, José María...
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Le Prix Prince des Asturies de la coopération internationale a été décerné aujourd’hui à la Société Max Planck pour le développement des sciences. Le jury de la fondation Prince des Asturies a souligné la vocation européenne de la Société, son approche pluri-disciplinaire et la coopération que le...
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Les physiciens Peter Higgs et François Englert, ainsi que le CERN sont les laureat du Prix Prince des Asturies 2013 de la recherche scientifique. Ce prix récompense les travaux menés autour du boson de Higgs, dit la particule de Dieu, de la théorie émise par l‘équipe des physiciens Higgs et...
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Le prix Prince des Asturies 2013 dans la catégorie Communication et Humanité a été décerné cette année à la célèbre photographe américaine Annie Leibovitz. Ce trophée est décerné tous les ans par la Fondation Prince des Asturies, dans huit catégories. L’objectif est de “promouvoir des valeurs...
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