Interrogé sur son hypothétique gouvernement, François Fillon n'a pas exclu la participation de cette émanation de La Manif pour tous. Une prise de position qui fait grincer des dents au sein des Républicains.

En quelques mots, François Fillon s'est mis une partie de son camp à dos. A Radio J, samedi, le candidat de la droite à la présidentielle a dit ne pas exclure de prendre dans son gouvernement des membres de Sens commun.

Peu connue du grand public, l'association est un soutien indéfectible de François Fillon, et ce depuis la primaire de la droite. L'organisation, née en 2013 au plus fort de la contestation du mariage homosexuel, est une émanation de La Manif pour tous, mouvement opposé au vote de la loi Taubira, et qui a réuni des millions de protestataires dans la rue.

L'objectif de Sens commun, conçu comme un mouvement politique, est de peser au sein des Républicains afin d'influencer la ligne politique du parti, notamment sur les questions sociétales (PMA, GPA...). Mais l'organisation politique, qui réuni environ 10 000 adhérents, a pris ses distances avec La Manif pour tous, et veut dépasser les simples questions sociétales. La Manif pour tous "a été l’organisation qui vise à peser sur la famille. Mais nous, nous sommes une organisation politique, nous avons un rapport à l’économie, un rapport à la défense, à la sécurité. Dès lors qu’il s’agit de peser sur la famille, nous parlerons avec la Manif pour tous, mais, dans notre fonctionnement, nous n’avons aucun lien avec la Manif pour tous", assurait en novembre dernier au micro d'Europe 1 le président de Sens commun, Christophe Billan.

Sens commun a permis la réussite du meeting du Trocadéro

Selon la radio, le soutien de Sens commun au candidat de la droite est gagnant-gagnant : "François Fillon apporte une visibilité à Sens commun qui, de son côté, draine vers lui les voix des catholiques à tendance traditionaliste." En 2015, lors des élections régionales, des dizaines de militants du mouvement avaient été investis sur des listes de droite, notamment sur celle de Valérie Pécresse, victorieuse en Ile-de-France. Aujourd'hui, l'oganisation fait bloc derrière François Fillon, faisant fi des nombreuses affaires que traînent l'ancien Premier ministre. D'ailleurs, au plus fort de la contestation, Christophe Billan avait promis sur CNews de mobiliser "l’ensemble de son réseau" pour faire du meeting du 5 mars de François Fillon au Trocadéro une "démonstration de force".

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Dans un article du Canard enchaîné de ce mercredi, on apprend que François Fillon défend bec et ongles les membres de Sens commun, malgré les remarques de certains comme Christian Estrosi ou encore Alain Juppé.

Vidéo sur le même thème : Fillon l'ami de Sens commun

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