Cette semaine, un attentat a été déjoué à Marseille et un autre a eu lieu sur les Champs-Elysées. Des évènements pris très au sérieux par les candidats, qui ont vu leur sécurité renforcée à l’approche du premier tour.

Alors que les questions liées à la sécurité et au terrorisme ont été quelque peu absentes de la campagne présidentielle, celles-ci ont subitement ressurgi cette semaine.

Mardi, deux hommes suspectés de vouloir commettre un attendant ces jours-ci ont été arrêtés à Marseille. Mais jeudi soir, la sécurité autour de la campagne présidentielle est montée d'un cran suite à un attentat, réussi celui-là, sur les Champs-Elysées. A 21 heures, un homme est sorti d'une voiture et a fait feu sur une patrouille de police, tuant un policier et blessant deux de ses collègues et une touriste qui passait par là. L'assaillant, qui tentait de s'enfuir, a ensuite été abattu par des policiers.

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"La menace est permanente et de haut niveau"

Avant ce dernier évènement, les meetings de François Fillon se sont déroulés sous haute surveillance policière, de même que ceux des autres candidats, notamment Marine Le Pen, auparavant cible de choix des djihadistes. Mais la menace d’un attentat pèse également sur le premier tour de l’élection présidentielle, où des millions de Français vont converger vers les bureaux de vote. Pour tenter de rassurer la population, le nouveau ministre de l’Intérieur, Matthias Fekl, a promis mardi que plus de 50 000 policiers et gendarmes seront mobilisés ce dimanche, en plus des militaires de l’opération Sentinelle. Au JDD, le ministre a révélé que 19 interpellations antiterroristes avaient eu lieu rien qu’au mois de mars.

Des gardes du corps, des policiers d’élite…

Du côté des onze candidats, quelles mesures de protection sont prévues ? Il faut savoir que depuis le début de la campagne, les candidats qui en ont fait la demande peuvent recevoir l’appui de policiers d’élite du service de la protection (SDLP), qui les suivent dans leurs moindres déplacements. A cela s’ajoute les gardes du corps personnels des candidats, comme le désormais célèbre Thierry Légier, le géant (1m90 pour 97 kg) chargé de la protection de Marine Le Pen.

Les candidats qui bénéficient d’une exposition plus forte peuvent en outre bénéficier d’un dispositif dit de "protection rapprochée", composé de six policiers maximum se relayant par équipe de trois. "Par définition, seuls les “gros” candidats en profitent, pour la simple raison qu'ils n'ont pas la même résonance médiatique qu'Asselineau ou Cheminade", note auprès du Figaro un haut fonctionnaire. Lors des grands rassemblements des candidats, les tireurs du Raid et du GIGN ont aussi pu être engagés de manière ponctuelle, cependant que des dizaines de vigiles filtraient les entrées du meeting.

Fillon est niveau "Uclat 2", Le Pen "Uclat 3"

S’agissant des candidats au cas par cas, l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) a décidé de réévaluer (sur une échelle de 1 à 4) François Fillon en "Uclat 2", c’est-à-dire un haut niveau de menace pour un politique. Et à l’exception de Marine Le Pen évaluée "Uclat 3" (des menaces existent à son encontre), tous les autres candidats sont "Uclat 4", c’est-à-dire exempts de menace.

Selon l’AFP et Le Parisien, François Fillon a désormais douze officiers de sécurité à ses côtés. Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Benoît Hamon en ont cinq. Jean-Luc Mélenchon en a trois, François Asselineau et Nicolas Dupont-Aignan en ont deux et Jacques Cheminade un seul. Quant à Philippe Poutou et Nathalie Arthaud, ils ont refusé toute protection.

Le risque zéro n’existe pas

A France Info, l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron a indiqué que "des démineurs passent par précaution avant chaque meeting" et que des renforts policiers avaient été mobilisés autour de son QG de campagne. Du côté du FN, on s’étonne de ne pas voir de dispositif de sécurité près du QG de Marine Le Pen, malgré une tentative d’incendie d'origine criminelle mi-avril. Du côté de Jean-Luc Mélenchon, son équipe précise que le candidat ne prend plus le métro comme il le faisait avant. Quant à Jacques Cheminade, il a confié mercredi à France 2 qu’il ne faisait pas de réunions en plein air et qu’il sortait moins qu’avant dans la rue.

L’équipe de Nicolas Dupont-Aignan nous a confirmé que deux policiers d’élite de la SDLP veillaient en permanence sur lui, et que pour les réunions publiques, des forces de l’ordre étaient sur place, ainsi qu’une société privée de vigiles (au frais du candidat) pour fouiller les militants. On nous a aussi confirmé que depuis les derniers évènements, le ministère de l’Intérieur était en lien avec Nicolas Dupont-Aignan – comme avec les autres candidats – pour l’informer de la menace terroriste.

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Malgré toutes ces précautions, le risque zéro n’existe pas, comme on a pu le voir pendant la campagne avec Manuel Valls, un jour enfariné, l’autre giflé, ou bien avec Emmanuel Macron, qui avait reçu un œuf en pleine tête au Salon de l’agriculture, ou bien encore avec François Fillon, enfariné lui aussi à son meeting de Strasbourg.

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