Dans une interview au magazine "Capital", Christian Schoettl, maire centriste de Janvry (Essonne), affirme que le candidat à la présidentielle est loin d'être irréprochable. 

Dans une interview au magazine économique Capital, publiée mercredi, le maire de Janvry (Essonne), Christian Schoettl, s'en prend à Jean-Luc Mélenchon. Comme le rappelle le magazine, le centriste avait fait condamner à 18 mois de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende Xavier Dugoin, l’ancien président RPR du conseil général, qui avait subtilisé 1 200 bouteilles de vin au département. 

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Des coups de pouce à sa fille ?

Mais alors que Jean-Luc Mélenchon se targue de ne pas être pris dans les affaires, comme Fillon et Le Pen, l'élu centriste se récrie. "Quand je l’ai entendu, le 1er mars, déclarer depuis Concarneau, dans le Finistère, que les électeurs de droite 'auraient le droit d’avoir un candidat qui puisse être présentable', j’ai pensé qu’il avait perdu la mémoire ou qu’il avait un sacré culot. Alors, on va lui faire une piqûre de rappel, et lui parler de sa propre désinvolture. Parce qu’en décembre 2009, c’est sa fille Maryline qu’il a fait embaucher par le conseil général de l’Essonne", explique Christian Schoettl. 

Une embauche qui n'aurait pas dû se faire selon ce dernier "parce qu’elle n’a pas été embauchée comme collaboratrice du groupe socialiste au conseil général. Là, le recrutement aurait été à la discrétion du politique, comme pour les attachés parlementaires d’un député. Mais en 2009, c’est en tant qu’agent administratif que Maryline Mélenchon a été engagée. Pour réaliser ce recrutement, la collectivité territoriale devait respecter les règles, notamment d’impartialité, qui s’appliquent à toute la fonction publique".

La règle veut qu'en cas de poste vacant, l'administration publie une offre d'emploi et recrute le candidat le plus compétent. "Or, à l’issue de cette procédure de recrutement, qui voit-on arriver à un poste de chargée de coopération ? La fille d’un ancien vice-président du conseil général, par ailleurs toujours sénateur de l’Essonne", relève-t-il.

Et selon Christian Schoettl, ce ne serait pas la première fois que Maryline Mélenchon se fait embaucher grâce à son père. "Son premier job, elle le décroche comme agent administratif à la mairie de Viry-Châtillon, toujours dans l’Essonne, indique le centriste. On est en 1998 et elle a 24 ans. Son père est déjà vice-président du conseil général (...) Le lieutenant de Jean-Luc Mélenchon s’appelle Gabriel Amard, et c’est le maire de Viry-Châtillon. Mieux : on le surnomme 'monsieur gendre', parce qu’il est le compagnon de Maryline. Si ce n’est pas du favoritisme, je voudrais qu’on me dise ce que c’est."

"Mélenchon a toujours fait preuve de désinvolture avec l’argent public"

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Le maire de Janvry ne s'arrête pas là. Il montre, extrait de facture à l'appui, que Jean-Luc Mélenchon, en 1998, a signé une commande à une petite boîte de communication événementielle, l’agence Eventissimo. Sauf que cette commande, qui concerne la conception artistique d'une carte de voeux (sans la fabrication ni l'impression), a coûté 94 671 francs soit 18 489 euros aux contribuables essonniens. "Et vous savez qui était la patronne d’Eventissimo ? Je vous le donne en mille : Isabelle Thomas, l’égérie du mouvement étudiant de 1986 contre la loi Devaquet, et animatrice l’aile gauche du PS avec Jean-Luc Mélenchon", affirme le centriste. Celui-ci affirme également avoir d'autres histoires de ce genre : commande faramineuse à "des copains", véhicule avec chauffeur payé par le Conseil général, salaires sans présence. Ces affaires "montrent que Mélenchon a toujours fait preuve de désinvolture avec l’argent public", tacle-t-il. 

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