Si la candidate du Front national venait à remporter l'élection présidentielle, le président envisagerait de renoncer à une partie du protocole. Une décision surprenante et inédite dans l'histoire de la Ve République.

François Hollande envisagerait de renoncer à accueillir Marine à l'Elysée Le Pen si elle était élue le 7 mai. D’après L’Opinion, le président se serait en effet renseigné concernant ses obligations lors de la journée d’investiture de son successeur, afin de savoir s'il serait obligé d’assister en personne à la cérémonie de passation de pouvoir.

Traditionnellement, le président sortant accueille le président élu sur le parvis du palais de l’Elysée, devant la garde républicaine. Après une discussion dans un des salons, le nouveau président raccompagne son prédécesseur dans la cour d’honneur afin qu’il quitte définitivement la demeure présidentielle. Mais tradition ne signifie pas nécessairement obligation.

A lire aussiSurprenant et pourtant légal : et si Cazeneuve restait Premier ministre en cas de victoire de Le Pen ?

"Le président de la République peut ne pas assister à l’installation de son successeur"

Rite républicain respecté jusqu’ici par tous les présidents sortants, les modalités de la passation de pouvoir ne sont pas inscrites dans la Constitution. Elle dépent du bon vouloir du président qui choisit ou non de respecter la tradition, et François Hollande pourrait, en théorie, la contourner. "Ce n’est pas impensable. Le président de la République peut ne pas assister à l’installation de son successeur, même si la tradition en a toujours voulu autrement", a expliqué un ancien chef de protocole de l’Elysée, interrogé par BFMTV.

Publicité
François Hollande pourrait donc faire l’école buissonnière le jour de l’investiture du prochain président, prévu au plus tard pour le 14 mai, date officielle de la fin de son mandat. Craignant que la "menace" d’une élection de la candidate frontiste devienne réalité, il aurait envisagé de se détourner de cette coutume républicaine. Il avait lui-même avait été accueilli par Nicolas Sarkozy le 15 mai 2012.

En vidéo sur le même thème : "Le Président présidera jusqu'à la dernière seconde"