Le candidat de la droite et du centre était l'invité de l'"Emission politique", diffusé jeudi soir sur "France 2". Il a notamment accusé François Hollande d'être derrière ses démêlés judiciaires.

Le candidat de la droite et du centre à la présidentielle, François Fillon, était l'invité de l'"Emission politique" jeudi soir sur France 2. A noter que Penelope Fillon et leur fille, Marie, étaient présentes dans le public.

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D'entrée de jeu, David Pujadas a adressé une petite pique à François Fillon en lui demandant s'il avait éteint son portable. "Je ne reçois jamais de SMS durant les émissions", lui rétorque François Fillon. "Pourtant, on vous a vu écrire des messages durant le débat", assène alors le journaliste. L'ancien premier ministre lui répond du tac au tac : "Encore une calomnie".

Le terrorisme et les migrants

Premier sujet, le terrorisme : François Fillon demande "une grande coalition internationale" pour lutter contre l'Etat islamique. "Il faut mettre nos frontières en sécurité et mettre un terme aux activités sur notre territoire qui ont le même discours que les terroristes : les salafistes, les Frères musulmans", a complété le candidat. Interrogé sur les migrants, le candidat estime qu'il "devrait y avoir une politique européenne cohérente en terme de migrants. Il faut qu'il y ait une stratégie, des moyens d'accueil de l'autre côté de la Méditerranée, que les passeurs soient arrêtés et condamnés."

Les affaires judiciaires

Le journaliste David Pujadas a ensuite évoqué les affaires judiciaires concernant François Fillon et sa famille. "Cela fait deux mois que la presse déverse des torrents de boue sur moi", a indiqué le candidat, ajoutant qu'en 35 ans de vie politique il n'avait jamais été mêlé à une affaire politique. A propos du contrat de 50 000 euros pour mettre en relation un homme d'affaires libanais et Vladimir Poutine révélé par le Canard enchaîné, François Fillon a parlé de "fausses informations", tout en reconnaissant l'existence d'un contrat de 50 000 dollars simplement destiné à une activité de conseil. Sur l'histoire des costumes offerts par son ami Robert Bourgi, le candidat explique les avoir reçus "dans une affaire strictement privée". "J'ai eu tort de les accepter", a-t-il reconnu avant d'affirmer les avoir rendus "à celui qui me les a offert".

Le candidat à la présidentielle a ensuite contre-attaqué. François Fillon s’est étonné des fuites dans la presse et a mis "en cause le président de la République". Le candidat a dénoncé un "scandale d’Etat" et porté de lourdes accusations contre le chef de l'Etat, l’accusant d’être à la tête d’un "cabinet noir" à l’Elysée, en prenant pour source le livre Bienvenue Place Beauvau de journalistes du Canard Enchaîné.

Il est favorable à la clause Molière

François Fillon a ensuite parlé de son programme économique. "Il faut baisser la dépense publique sereinement, tranquillement, tant qu'on le peut. On est à un million et demi de fonctionnaires en plus en 25 ou 30 ans. Le projet que je propose est de revenir au nombre d'emplois publics de 2002, une époque où on n'avait pas l'impression que le pays était sous-administré", a-t-il déclaré. "Si on veut pouvoir proposer des améliorations, il faut supprimer des emplois et augmenter le temps de travail", a-t-il ajouté. Il s'est dit favorable à la clause Molière qui vise à imposer l'usage du français sur les chantiers.

Les débats avec Christine Angot et Aurélie Filippetti

Un premier débat a ensuite eu lieu entre François Fillon et la romancière Christine Angot, qui a donné lieu à un vif affrontement. "Est-ce que vous nous faites un chantage au suicide", a notamment lâché l'auteur, évoquant la référence de François Fillon au suicide de Bérégovoy, qu'il a dit "avoir compris", plus tôt dans l'émission.

Le candidat a ensuite été interrogé sur des questions de sociétés. "J'ai fait le tour de France, je vais sur le terrain. Et je constate qu'il y a une montée de l'antisémitisme, une montée considérable du racisme anti-musulman mais aussi du racisme anti-Français. On le voit dans les quartiers", a-t-il fait entendre. Interrogé par une enseignante sur le plateau, François Fillon a dit : "Je demande qu'on enseigne l'histoire dans son ensemble. De faire comprendre aux Français qu'ils sont les héritiers de ce passé. Quand on voit les mouvements communautaires qui se mettent en place dans notre pays, on se dit que l'histoire a aussi une vocation d'enseignement civique."

François Fillon a ensuite débattu avec Aurélie Filippetti, ancien ministre de la Culture de François Hollande. "Je m'interroge. La probité des représentants politiques n'est pas une question annexe. Votre programme est très dur avec les plus faibles et très complaisant avec les puissants. Quelle est la légitimité, aujourd'hui pour vous d'exiger des Français des efforts inconsidérés, de réclamer la tolérance zéro, de représenter la France à l'étranger", a-t-elle attaqué d'emblée. "Vous devez respecter la présomption d'innocence. J'ai dénoncé les manœuvres qui ont mené à ces accusations", a répondu le candidat. "Je veux augmenter la TVA pour baisser les charges qui pèsent sur les salaires, pour que la protection sociale soit financé par les exportations, les importations. Je propose un gain de pouvoir d'achat pour les salaires les plus bas. Les salaires nets vont augmenter", a-t-il poursuivi.

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Vers la fin de l'émission, François Fillon a redit sa détermination à poursuivre sa campagne : "J'ai la force mais je vais la mener. Je vais être au second tour de cette élection. Je considère aujourd'hui être le seul candidat à proposer une alternance politique. C'est difficile, c'est vrai, mais ça ne m'empêche pas de faire campagne."

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