Attaqué par Alain Juppé et la gauche sur sa supposée ambiguïté à propos du droit à l'avortement, le vainqueur du premier tour de la primaire veut lever tout doute.

La campagne de l'entre-deux-tours a commencé, et les coups aussi. Arrivé largement en tête du premier tour, François FIllon est désormais l'homme à abattre pour le clan Juppé qui pensait que le favori des sondages l'emporterait facilement.

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Pour déstabiliser François Fillon, le fervent catholique héraut de la Manif pour tous, l'angle d'attaque est tout trouvé : l'avortement. "Que François Fillon clarifie sa position sur l'avortement", a demandé Alain Juppé sur Europe 1 mardi. "Jamais je n'aurais pu penser que mon ami Alain Juppé tombe aussi bas", a répliqué dans la même journée le candidat arrivé en tête de la primaire. "Est-ce qu'une seule fois j'ai pris une position contraire à l'avortement ?", a-t-il ajouté.

"Philosophiquement et compte tenu de ma foi, je ne peux pas approuver l'avortement"

Quelle est donc la postition de François Fillon sur l'avortement ? Dans son livre-programme Faire, il indiquait que l'interruption volontaire de grossesse (IVG) était un "droit fondamental". Dans un meeting dans les Yvelines le 22 juin dernier, il était revenu sur cette phrase : "Ce n'est pas ce que je voulais dire. Ce que je voulais dire, c'est que c'est un droit sur lequel personne ne reviendra. Philosophiquement et compte tenu de ma foi personnelle, je ne peux pas approuver l'avortement."

Le 27 octobre, sur le plateau de l'"Emmission politique", sur France 2, il avait réitéré ses propos. "Jamais personne, et certainement pas moi, ne reviendra sur l'avortement. Je n'ai pas à m'expliquer sur mes convictions religieuses. Je suis capable de faire une différence entre ces convictions et l'intérêt général. Je considère que l'intérêt général, ce n'est pas de rouvrir ce débat".

Risque de "banaliser" l'avortement

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Toutefois, comme le rappelle France Info, François Fillon a vivement critiqué la volonté du gouvernement d'assouplir les conditions de l'avortement en instaurant en 2014 un amendement supprimant la notion de "détresse" de l'IVG. "En choisissant de réécrire la loi de 1975 sur l'IVG, le gouvernement fait une faute morale et politique. Faute morale car il risque de “banaliser” l'avortement qui, selon les termes de Simone Veil, devait rester “l'exception”. Faute politique, car il prend le risque de diviser, une fois encore, les Français", écrivait-il sur son ancien blog publié le 20 janvier 2014.

Et, étrangement, le 26 novembre 2014, il a fait partie des 27 députés UMP à voter pour la proposition de résolution visant à "réaffirmer le droit fondamental à l'IVG".