Ne vous y fiez pas, derrière leur bonne entente de façade, Manuel Macon et Manuel Valls auraient du mal à se supporter. En cause : leur ambition et leur positionnement politique.

Si Manuel Valls n’a pas hésité à soutenir publiquement Emmanuel Macron au moment de la polémique sur les fonctionnaires, en coulisses, il serait moins tendre. Le chef du gouvernement et son ministre seraient même en compétition, rapporte Le Figaro.Et alors que le Premier ministre a assuré qu’il le soutenait "jusqu’au bout" le patron de Bercy, un socialiste a confié au journal qu’en réalité, il s’agissait non pas d’un témoignage de soutien sans faille mais d’un "avertissement sans frais".

"Il prend les points que Valls perd"En "famille", Manuel Valls commencerait en effet à montrer les premiers signes de son agacement envers Emmanuel Macon. Ce qu’il lui reproche ? Sa popularité, note d’abord le journal. "A cette allure, Vals va finir au même niveau que le président dans les sondages, aurait même souligné un ancien ministre. C’est Emmanuel Macron qui monte ! Il prend les points que Valls perd".

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Autre point de désaccord : le réformisme dont fait preuve Emmanuel Macron. Un trait de caractère qui était jusque-là attribué à Manuel Valls mais que ce dernier semble perdre depuis quelques temps, notamment à cause du soutien qu’il témoigne à François Hollande. Il "en vient à perdre une partie de son originalité politique" quand son "rival" ne "s’interdit manifestement aucun débat", explique Le Figaro. Effectivement, depuis son entrée au gouvernement, Emmanuel Macron n’a pas hésité à aborder des sujets sensibles, quitte à déclencher de vives polémiques. Il y a bien évidement eu l’affaire du "statut des fonctionnaires" mais également celle des 35 heures.

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"Ils ne se font pas de cadeaux"Autant d’éléments qui nourriraient une certaine tension entre les deux hommes. "À l'époque du vote sur la loi Macron, Valls excédé, ne cessait de répéter: ‘Ce n'est pas la loi Macron, c'est la loi du gouvernement!’ Il était d'ailleurs heureux de dégainer le 49-3 pour la faire voter", indique le quotidien qui cite également un ministre : "ils ne se font pas de cadeaux". Dernier "cadeau" connu à ce jour : la mise au point faite par Manuel Valls lors d’un séminaire du groupe PS, mardi matin. "La responsabilité, ça vaut pour le gouvernement, qui n'a pas à ouvrir des débats inutiles", a-t-il lancé, faisant ainsi une référence à peine voilée sur le rétropédalage d’Emmanuel Macron à propos du statut des fonctionnaires. Ambiance.

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