Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez

Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse s’essaient à un consensus nuptial mou, perturbé par leur entourage. On peut comprendre cette stratégie pour ratisser large, l’un mordant sur les terres du Front national et l’autre sur les souvenirs de l’UDF. Cette "nouvelle" droite veut reprendre le lit investi, à la hussarde, par notre président. Comme le notent tous les commentateurs, si Emmanuel Macron réussit dans les domaines essentiels – chômage, insécurité, dette, … – Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez n’ont aucune chance de retrouver suffisamment les faveurs de l’électorat de la droite et du centre-droit. Il leur faut donc parier sur l’échec de la politique macroniste, mais cela ne suffit pas.

Ils doivent aussi, impérativement, expliquer clairement comment ils se démarquent d'Emmanuel Macron ; sinon, pourquoi voter pour eux. Or, pour l’instant, la gondole nuptiale semble hésitante. Certes, lors de son "grand oral", sur France 2, le 25 janvier, Laurent Wauquiez a prouvé qu’il était un débatteur solide et compétent ; mais Valérie Pécresse peut-elle cautionner toutes ses prises de position ?

Selon moi, l’un des axes du "nouveau front de la droite modérée" devrait être le rejet le la politique de "l’extrême droite" pratiquée par Emmanuel Macron ; avant celui-ci, aucun président de la République française n’a osé favoriser le Grand Capital avec une telle outrecuidance ; il serait souhaitable que Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse et les autres accordent leur violon pour dire précisément où est leur désaccord avec la politique actuelle et ce qu’ils feraient s’ils étaient au pouvoir.

De plus, il ne suffit pas que Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez soient d’accord : il faut aussi qu’ils soient crédibles. Laurent Wauquiez prône un protectionnisme européen : au vu de la diversité des intérêts des pays de l’Europe, y compris parmi les six pays fondateurs, cette option est irréaliste ; c’est d’ailleurs presque celle défendue par Emmanuel Macron.  

On attend encore les économies dans les dépenses de fonctionnement promises par Emmanuel Macron ; là aussi, Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez devront se mettre d’accord pour faire des propositions précises et convaincantes. Ils peuvent, par exemple, l’un et l’autre, expliquer comment ils font des économies dans leur région et comment celles-ci peuvent être étendues à l’échelon national.

Il y a un point sur lequel ils peuvent facilement se mettre d’accord : une politique familiale décomplexée. La baisse de la natalité leur fournit un argument objectif de poids : mieux vaut "faire des gosses heureux" que de s’en remettre à une immigration non contrôlée porteuse de rancœurs et donc de terrorisme. De plus, c’est un levier puissant pour dessouder une partie de la "droite de cœur" du macronisme égocentrique et libertaire.

Bref, comme tous les couples construits sur un mariage de raison, Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez ont encore beaucoup d’efforts devant eux avant de pouvoir espérer le ciel de l’Élysée. Sinon, et si Emmanuel Macron échoue, c’est aux extrêmes que ce ciel sera dévolu.

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