Une primaire réussie

Pour la droite classique, cette primaire est une réussite exemplaire qui révèle plusieurs évolutions.

Tout d'abord, les lieutenants de la droite ne veulent plus de guerre des chefs. La lettre des 215 parlementaires qui "regrettent les attaques" d'Alain Juppé contre François Fillon et, encore plus, la lettre ouverte de Bernard Debré, particulièrement virulente, sont sans appel.

Ensuite, une partie importante de la base électorale de la droite est complètement décomplexée. Elle est en ordre de marche pour suivre son nouveau général, même si, ici ou là, tel ou tel électeur aurait probablement préféré une autre variante du programme. Notamment, le quidam de droite est prêt à travailler plus : certes, chacun espère bien que c'est son voisin qui sera privé de "ses privilèges abusifs" et non lui-même.  

Enfin, c'est toute la base électorale de la droite et du centre qui ne veut plus d'amateur pour candidater à la magistrature suprême. Selon moi, et contrairement à ce qu'affirment nombre de commentateurs, c'est beaucoup plus profond que le simple choix du "vote utile", sinon François Fillon aurait dû faire naufrage. NKM était sympathique mais bien incapable de dissimuler sa fragilité et son positionnement était par trop marginal eu égard à l'électorat consulté. Bruno Le Maire affectait une posture en totale contradiction avec ce qu'il est réellement. Jean-Frédéric Poisson était complètement hors sujet en défendant des options dépassées et pas à la hauteur de l'enjeu. Evoquer Jean-François Copé serait mesquin. La primaire ne doit devenir ni un concours Lépine pour promouvoir une utopie scintillante ni un concours de l'ENA où on peut dire tout et son contraire et, selon moi, "c'est tant mieux".  

Et les autres ? Le retour en force de la droite "dure" devrait provoquer un sursaut de la gauche : le moins qu'on en puisse dire est que celui-ci est encore "dispersant". Je dois avouer que le ralliement des communistes derrière Jean-Luc Mélenchon me surprend.

Une candidature de François Bayrou prendrait probablement autant de voix au centre gauche, notamment à Emmanuel Macron, qu'au centre droit.

Enfin, Marine Le Pen va affiner un programme populiste, "à gauche" de celui de François Fillon, mais dont il faudrait qu'il soit crédible.  

 

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