Le 31 mars 2014, Manuel Valls était nommé Premier ministre. Un an plus tard, que retient-on de sa première année aux commandes du gouvernement ?

Un Premier ministre qui a la cote

Depuis qu’il a été nommé chef du gouvernement, Manuel Valls jouit d’une solide cote de popularité. Un score d’autant plus remarquable que celle de François Hollande est, elle, bien inférieure. En avril dernier, le JDD dévoilait même un sondage selon lequel l’écart de popularité entre le président et le Premier ministre s’élevait à 40 points. Du jamais depuis 1958 ! Actuellement, la cote de popularité du locataire de l’Elysée est fixée à 24% (sondage Oxada pour L’Express) et celle de celui de Matignon à 41%.  Après avoir enregistré un rebond en janvier, après les attentats qui ont frappé la France, tous les deux ont finalement reculé. Mais Manuel Valls garde l’avantage.

A lire aussi – La popularité de Manuel Valls est-elle nuisible à François Hollande ?

Sa démission réclamée par le FN

Malgré la popularité de Manuel Valls, la présidente du Front National ne cesse de réclamer sa démission. Aussi, Marine Le Pen n’a pas manqué de rebondir sur le score obtenu par la majorité aux élections départementales pour demander, une fois encore, à ce qu’il quitte ses fonctions. "Chef de campagne, meneur d’un clan même, Manuel Valls doit maintenant écouter le message des urnes et avoir la décence de présenter sa démission au président de la République", a-t-elle déclaré dimanche soir. Un avis que partage également le politologue Thomas Guénolé. "Manuel Valls doit endosser cet échec national personnel en démissionnant", a-t-il estimé auprès du Figaro.

A lire aussi – Marine Le Pen tacle Manuel Valls : "un petit politicien médiocre"

Mais le principal intéressé ne l’entend pas de cette manière. "Ma démission ajouterait une crise politique à cette situation", a-t-il affirmé ce mardi sur BFM TV.

Ses combats "de coqs" avec Nicolas Sarkozy

Ce que l’on retient également de cette première année, ce n’est pas tant la récurrence de ces combats mais plutôt leur intensité. A l’aube des élections départementales, le Premier ministre et le président de l’UMP se sont livrés à un véritable échange de tirs. En l’espace de quelques semaines, et alors qu’il animait chacun de nombreux meetings, ils ont multiplié les attaques. L’ancien chef d’Etat a ainsi, et entre autres, estimé que le chef du gouvernement était sur le point de "perdre ses nerfs" tandis que ce dernier lui a assuré que les Français "ne voudront plus jamais" de lui comme président.

A lire aussi – Manuel Valls et Nicolas Sarkozy : leurs meilleurs échanges de tirs

L’utilisation du 49-3

Le 17 février, Manuel Valls a invoqué l’article 49-3 de la Constitution pour faire passer le projet de loi Macron. Une manœuvre qui lui a permis de faire passer cette loi sans vote et qui a élargi le fossé entre le gouvernement et les frondeurs. "La responsabilité du gouvernement c’est d’avancer", avait ensuite tenté de justifier le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, réfutant ainsi l’idée que cette loi soit un "déni de démocratie".

A lire aussi - Les arguments d'Emmanuel Macron pour défendre l'utilisation du 49-3

Un Premier ministre qui peine à rassembler dans son camp

Publicité
Le fossé entre le gouvernement et les frondeurs était déjà bien creusé avant le passage en force de la loi Macron. Depuis plusieurs mois, le Premier ministre tente de rassembler une majorité divisée. Mais face aux frondeurs qui reprochent à l’exécutif de mener une politique contraire aux promesses de campagne, le Premier ministre ne lâche rien. "Il faut rassembler, mais pas au détriment de la cohérence", souligne l’Elysée. Une attitude qui est, semble-t-il, loin d’apaiser la grogne d’une partie des députés de la majorité. "L’exécutif  est crispé sur l’idée qu’il mène la seule politique possible", a regretté le député PS Laurent Beaumel sur BFM TV.

Vidéo sur le même thème : Valls "terrasserait" Hollande en 2017 selon un sondage