Ce week-end, un congrès va enterrer l’Union pour un mouvement populaire qui sera rebaptisée "Les Républicains". Retour sur les moments importants du parti de droite.

Ce samedi soir, l’Union pour un mouvement populaire (UMP) n’existera plus. Le parti sera en effet renommé "Les Républicains" selon le souhait du président Nicolas Sarkozy, lors d’un congrès.

Le principal parti de droite n’a pourtant qu’une petite dizaine d’années d’existence mais assez pour avoir vécu de nombreux évènements politiques. La récente crise de présidence et les affaires judiciaires périphériques auront achevé l’UMP ; mais sa disparition est aussi le moyen pour Nicolas Sarkozy de marquer son empreinte sur la vie politique de la droite française.

Retour sur les cinq dates clés qui ont marqué l’histoire de l’UMP :

17 novembre 2002 : la naissance du parti, énième avatar du gaullisme

A l’aube du troisième millénaire, le président de la République, Jacques Chirac, décide de se représenter pour un second mandat présidentiel. A l’issue du premier tout, il se retrouve qualifié en face de Jean-Marie Le Pen : un séisme dans la vie politique française. Avec l’appui d’Alain Juppé – son ancien Premier ministre – Jacques Chirac décide de créer un grand mouvement capable de fédérer toutes les droites et le centre pour le reconduire à l’Elysée : ce sera l’UMP pour "Union pour une majorité présidentielle." Ce n’est qu’une fois la réélection de Jacques Chirac assurée que le parti sera rebaptisé Union pour un mouvement populaire. Alain Juppé en devint le premier président. Le RPR, héritier des différents partis gaullistes auquel appartenaient Jacques Chirac, Alain Juppé et d’autres figures (Sarkozy, Séguin, Pasqua, Alliot-Marie, etc.), est dissout dans l’UMP au même titre que d’autres partis satellitaires, tel le Parti radical de Jean-Louis Borloo.

Mars-Juin 2004 : des résultats désastreux aux élections

Plein d’espoir, les ténors de l’UMP déchantent vite quand viennent les résultats des élections régionales qui se déroulent les 21 et 28 mars 2004. Pire qu’une défaite, c’est une catastrophe : le PS rafle 24 régions sur les 26, le parti de droite ne conservant que l’Alsace et la Corse. Et c’est un double coup dur pour l’UMP puisque les élections cantonales, qui se déroulent les mêmes jours, enregistrent une nette progression de la gauche qui conquiert la majorité des départements français. Une seule présidence basculant à droite (Corse-du-Sud) contre une dizaine pour la gauche. L’Union pour un mouvement populaire a à peine le temps de se remettre de ce camouflet que deux mois plus tard, à l’occasion des élections européennes, les Français sanctionnent à nouveau le parti de droite : l’UMP se retrouve deuxième, derrière le PS, avec 12 points de retard.

14 janvier 2007 : Nicolas Sarkozy part à l’assaut de l’Elysée

Trois ans plus tôt, le 28 novembre 2004, Nicolas Sarkozy est élu président de l’UMP avec un score de dictateur africain : 85 % des voix, devançant ses concurrents, Nicolas Dupont-Aignan (9,10 %) et Christine Boutin (5,82 %). Prendre le parti est une vieille habitude voire une nécessité à droite s’il on vise l’Elysée, ce qui est le cas de Nicolas Sarkozy qui y pensait "chaque fois en se rasant". Le 14 janvier 2007, ce sera chose faite, puis, lors du second tour de l’élection présidentielle, il deviendra officiellement président de la République. Pendant que Nicolas Sarkozy est au pouvoir, l’UMP traverse les élections avec plus ou moins de réussite.

18 novembre 2012 : le combat Copé-Fillon

Quelques mois après la défaite de son candidat à la présidentielle, l’UMP est en plein doute. La présidence du parti, vacante pendant le mandat présidentiel de Nicolas Sarkozy, voit alors deux candidats s’affronter : Jean-François Copé et François Fillon. Mais tandis que le second est donné favori pendant toute la campagne qui les oppose, au soir du 18 novembre, les deux candidats se déclarent vainqueur. Le parti est au bord de l’implosion et les accusations de triches sont lancées des deux côtés. Finalement, Jean-François Copé est déclaré vainqueur avec 50,3% des voix, ce qu’a difficilement admis son adversaire. Finalement, les militants votent pour maintenir le président "élu", rejetant l’idée d’organiser un second vote.

Juin 2014 – Mai 2015 : le crépuscule de l’UMP

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Bien que restant en place, Jean-François Copé ne laissera pas une bonne trace à la présidence de l’UMP. En mars 2014, le magazine Le Point révèle ce qui sera l’affaire Bygmalion, mettant en cause nommément Jean-François Copé pour ses liens avec les dirigeants de la société de communication Bygmalion, dans une histoire de surfactures. Celui-ci est alors poussé à démissionner, ce qu’il fera en juin de la même année, remplacé par l’intérimaire Luc Chatel. Regardant d’un mauvais œil les difficultés de l’UMP, Nicolas Sarkozy décide de revenir dans la bataille politique en se présentant à l’élection de la présidence du parti qu’il remporte le 29 novembre avec 64 % des votes. Ce dernier décide alors d’entreprendre une vaste rénovation du parti de droite en organisant un congrès pour le 30 mai 2015. Le parti de droite ne s’appellera plus l’UMP – trop compromis dans les récents scandales financiers et l’échec à la présidentielle – mais "Les Républicains", avec de nouveaux statuts. Soit le douzième changement de nom depuis le général de Gaulle !

Vidéo sur le même thème : Voici le spot de publicité des Républicains diffusé sur France 2 

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