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36 ans après sa mort, des milliers de nostalgiques de Tito ont rendu hommage à l'ancien dictateur yougoslave, mercredi à Belgrade, en Serbie. Certains ont fait le déplacement depuis la Croatie et la Bosnie Hervégovine pour l'occasion. Le Maréchal Tito, qui fut le président de la République fédérale socialiste de Yougoslavie de 1945 à 1980, incarne la figure d'un soit-disant 'âge d'or' disparu des Balkans et jouit encore d'une grande popularité dans la région.
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Une victoire écrasante : en Serbie la fin du dépouillement des bulletins de vote confirme la victoire du parti du Premier ministre, le Parti du progrès, de centre-droit, d'Aleksandar Vucic, qui emporte plus de 48% des voix. C'est plus que lors des dernières élections il y a 2 ans, et très loin devant le Parti socialiste avec seulement 11% des voix. Selon la Commission électorale, si ce score se confirmait, le parti obtiendrait près de 130 députés sur 250. Le Parti radical, d'extrême-droite, obtient près de 8%, en troisième position. L'actuel Premier ministre reste donc seul maître à bord, il pourra composer s'il le souhaite, une nouvelle coalition, à sa convenance. Il a fait campagne pour un rapprochement avec l'Union européenne, tout en rappellant l'amitié de son pays avec la Russie. Mais des observateurs font état de fraudes : certains électeurs n'auraient pas trouvé leurs noms sur les listes électorales, et certaines accusations font été d'achat de voix dans plusieurs régions.
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Les bureaux de vote sont ouverts en Serbie. Ce sont des élections législatives anticipées et les troisièmes législatives depuis 2012. Le parti du Premier ministre Aleksandar Vucic part largement favori des intentions de vote, mais l'économie fragile et les privatisations pourraient permettre à l'extrême droite de faire son retour au parlement. 'Je suis venu remplir mon devoir civique et j'attends de ceux que pour qui je vote qu'ils travaillent' dit Blazo Mitric, un électeur de Belgrade sur le point de voter. 'Nous devons nous battre pour notre terre, regarder en avant et faire en sorte, surtout pour les jeunes, que l'on vive mieux.' Le Premier ministre, qui fut lui-même un nationaliste et un ministre de Slobodan Milosevic avant de devenir centriste, compte sur une large victoire qui lui permettrait de poursuivre les négociations d'adhésion à l'Union européenne. La classe politique serbe y est, dans l'ensemble, favorable. A l'exception de l'extrême droite de Vojislav Seselj, l'ancien mentor d'Aleksandar Vucic avant la conversion politique du Premier ministre. Le leader des Radicaux (SRS) prône, lui, un virage vers Moscou, l'allié slave qui a toujours soutenu Belgrade pendant la guerre au Kosovo. 'La Serbie ne sera en sécurité que si elle s'aligne sur Moscou qui nous a toujours aidés et ne nous a jamais bombardés' a-t-il ainsi déclaré. Aleksandar Vucic essaie de son côté de rassurer les électeurs. Son programme 'est d'aller vers l'Europe, pas de mettre en danger notre relation avec (les Russes) ou de leur imposer des sanctions (...)' a-t-il ainsi expliqué, soulignant qu'il s'agissait de rester 'neutre militairement'.
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C'est l'homme fort de la Serbie en 2016, Aleksandar Vucic, Premier ministre depuis 2014. Avec son parti conservateur le SNS, il est crédité d'une large avance sur ses concurrents, un peu plus de 50%. Au Parlement de Belgrad, il détient déjà près de la moitié des sièges. Mais selon les observateurs il souhaiterait davantage de marge de manoeuvre pour passer de lourdes réformes et accélerer les négociations avec l'Union européenne. Une ambition qu'il partage avec Ivica Dacic. L'actuel ministre des affaires étrangères, membre du Parti socialiste, a participé à la coalition au pouvoir depuis 2014. Il est d'ailleurs de tous les gouvernements depuis 2008. Un bon score dans l'élection, il est actuellement crédité de 11%, lui permettrait de rester le principal allié de la majorité et de négocier un poste de ministre... La surprise pourrait en fait venir de l'extrême droite et notamment d'un homme, Vojislav Seselj. Récemment acquitté par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), M. Seselj s'est employé à transformer le scrutin en 'référendum (...) entre la Fédération de Russie et l'Union européenne'. 'Nous ne voulons pas entrer dans l'Union européenne! Tous les ennemis traditionnels de la Serbie y sont', a-t-il lâché. Ce partisan de la grande Serbie, veut rapprocher Belgrade de Moscou, l'allié historique. Un bon score gênerait donc les discussions d'adhésion à l'Union. Crédité de 8% par les sondages, son mouvement devrait normalement passer la barre des 5%, minimum pour rentrer au Parlement. Tout l'enjeu est donc de savoir combien son parti va remporter de sièges et quel pouvoir de nuisance il aura dans la future assemblée. Une première après deux élections blanches pour l'extrême-droite en 2012 et 2014. Avec AFP
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Les électeurs serbes sont appelés aux urnes le 24 avril, pour un scrutin législatif anticipé. Le décret de dissolution du parlement et de convocation des élections a été signé ce vendredi par le président Tomislav Nikolic. Le mandat des députés était censé s'achever dans 2 ans. Avec ces législatives anticipées, le gouvernement espère obtenir une majorité encore plus large pour pouvoir effectuer des réformes économiques. - avec agences
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Vaste coup de filet anti-corruption en Serbie. La police locale a interpellé près de 90 personnes dont un ancien ministre, plusieurs hauts fonctionnaires et divers chefs d'entreprise. Tous sont accusés d'avoir participé à des délits ayant conduit au détournement de plus de 100 millions d'euros. C'est le ministre de l'Intérieur serbe qui a révélé samedi l'affaire aux médias. 'Des poursuites judiciaires ont été retenues contre les détenus, a expliqué Nebojša Stefanović, parce qu'il existe des doutes raisonnables qu'ils aient commis depuis 2004 et jusqu'à aujourd'hui plusieurs crimes tels que le blanchiment d'argent , la contrefaçon de document, la corruption, l'abus d'autorité et la mauvaise utilisation des marchés publics.' Chasse aux sorcières L'arrestation de Slobodan Milosavljević, l'ancien ministre du commerce, a fait grand bruit en Serbie. L'homme était un proche de l'ancien Premier ministre serbe lui même assassiné en 2003. Samedi, le leader du parti démocratique d'opposition a dénoncé une chasse aux sorcières menée par l'actuel gouvernement. La Serbie qui négocie son adhésion à l'Union européenne est régulièrement montrée du doigt pour la défaillance de son système judiciaire et par le niveau de corruption qui règne dans la région. Les députés européens réclament l'ouverture rapide des négociations du chapitre judiciaire pour entrer dans le vif du sujet.
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La Serbie un pays né d'une désintégration violente, une histoire de génocide, de haine raciale et de guerre civile qui a eu un écho dans le monde entier. A l'époque, il aurait été difficile d'imaginer la Serbie comme membre de l'Union européenne. Bien qu'il reste de nombreux obstacles et que le passé soit parfois difficile à oublier, vingt ans plus tard, elle est sur le chemin de l'intégration. Isabelle Kumar s'est rendue rendue à Belgrade et a rencontré le Premier ministre Aleksander Vucic : ils ont parlé du chemin qui reste à parcourir. Isabelle Kumar, euronews : 'Monsieur le Premier ministre, merci d'avoir accepté notre invitation. Vous vous êtes fixé l'objectif de rejoindre l'Union européenne, quand pensez-vous l'atteindre ?' Aleksander Vucic : 'Ce n'est pas une question de temps, nous faisons de notre mieux pour ne pas nous détourner de notre objectif européen, pour remplir nos obligations et mieux intégrer les valeurs européennes, c'est tout' Isabelle Kumar, euronews : 'Une certaine lassitude à l'égard de l'élargissement se fait ressentir au niveau de la Commission, et en même temps, vous semblez aussi fatigué par le processus de rapprochement. Vous avez dit que vous ne vous sentez pas particulièrement respecté par l'Union européenne : pourquoi cela ?' Aleksander Vucic : 'C'est parce que je suis très honnête et très sincère et je ne cache rien à personne. Il y a des tas d'hommes politiques dans cette région et dans le Sud de l'Europe qui passent leur temps à flatter les officiels européens, moi, je dis simplement ce que je pense' Isabelle Kumar, euronews : 'Qu'est ce qui vous dérange ?' Aleksander Vucic : 'Vous avez parlé de lassitude de l'élargissement, et bien il y a aussi une certaine lassitude dans ce pays aussi. Oui, nous faisons beaucoup d'efforts, nous investissons non seulement beaucoup de notre temps, toute notre énergie, notre force politique dans le pocessus actuel. Nous avons amorcé des réformes économiques très difficiles en Serbie. Et ensuite, vous voyez que nous avons beaucoup avancé dans le dialogue avec les Albanais du Kosovo. Et ensuite, vous voyez que vous n'êtes même pas respecté, ça ne devrait pas se passer comme ça, nous ne nous y attendions pas' euronews : 'Et qu'en est-il de la normalisation des relations avec le Kosovo, parce que c'est l'un des autres points importants, et les relations n'ont pas progressé, est-ce que ce sera un obstacle insurmontable pour votre gouvernement ?' Aleksander Vucic : 'Je pense que nous avons beaucoup avancé, c'était pourtant une question difficile pour nous, une question très difficile, mais nous avons poursuivi notre dialogue avec les Albanais du Kosovo, très récemment, nous sommes parvenus à finaliser l'accord judiciaire - nous avons signé un plan d'application et nous avons résolu une question concernant la protection civile, une autre sur les budgets municipaux de quatre communes serbes dans le Nord du Kosovo, et nous sommes toujours en train de négocier sur des questions liées à l'énergie et aux télécommunications' euronews : 'Mais un récent rapport de la Commission européenne sur la Serbie souligne, je cite, qu' 'il est important que le dialogue de haut niveau reprenne'. On peut simplement se rendre compte qu'il n'existe pas actuellement car récemment l'ex Premier ministre Hashim Thaci devait se rendre en Serbie pour une rencontre au sujet de la réconciliation régionale - il n' a pas pu le faire car il s'est rendu compte qu'il serait arrêté s'il se rendait sur le sol serbe - il n'y a donc pas de dialogue de haut niveau' Aleksander Vucic : 'Il y a un dialogue de haut niveau qui a lieu une, deux ou trois fois par mois. Mais il savait que cela se passerait, car il y a un mandat d'arrêt contre lui depuis 1999 et ça n'est pas nouveau pour lui. C'était une sorte de jeu politique et personne ne s'en est étonné. Mais nous nous parlons tous les deux. Je l'ai rencontré 32 fois je crois' euronews : 'Donc c'était une provocation ?' Aleksander Vucic : 'Vous savez, quand vous me parlez, j'utilise un style différent. Je ne critique pas les autres voisins. Je ne le fais pas même si je dois leur répondre' euronews : 'Parce qu'il a dit que c'était un manque de volonté politique de votre part' Aleksander Vucic : 'Manque de volonté politique ? D'accord, mais voudriez-vous que le gouvernement soit en position d'abolir les verdicts. Je ne vois pas cela comme une valeur démocratique dont nous pourrions nous vanter, c'est quelque chose que tout le monde critiquerait et ce n'est pas vrai, en réalité, il sait que je voulais beaucoup le rencontrer quand il veut et où il veut.' euronews : 'Sauf ici ?' Aleksander Vucic : 'Bien sûr sauf ici parce qu'il y a ce verdict et il le savait depuis le début, c'était une sorte de problème politique pour lui' euronews : 'Politiquement, c'est évidemment un problème compliqué pour le Kosovo, mais je crois aussi pour les Serbes, c'est une question sensible. Tout le monde a pu s'en apercevoir en octobre dernier pendant le match qualificatif entre le Serbie et l'Albanie pour l'Euro 2016, je le rappelle pour notre public, quand un membre du public a envoyé un drone avec un drapeau albanais survoler la pelouse' Aleksander Vucic : 'C'était une provocation terrible contre nous et ils l'ont fait ici exprès, mais je pense que nous avons plutôt bien réagi. Nous avons protégé les joueurs et les supporters albanais, personne n'a été blessé' euronews : 'Cela montre cependant que c'est une question très sensible pour les Serbes...' Aleksander Vucic : 'Cela a montré que quelqu'un voulait nous provoquer, mais aussi que nous étions très calmes et pas agressifs du tout. Après cela, le Premier ministre albanais s'est rendu à Belgrade pour la première fois depuis 70 ans et je l'ai reçu, même une deuxième fois ici à Belgrade. Et d'ici dix ou quinze jours, j'irai à Tirana et ce sera la première visite du Premier ministre serbe depuis huit ans ou quelque chose comme ça' euronews : 'Mais les Serbes soutiennent-ils votre politique de détente avec le Kosovo ?' Aleksander Vucic : 'Je ne peux pas vous le dire, mais pour être honnête mon travail consiste à préserver les intérêts de ce pays et d'agir pour le bien de notre peuple et peu importe si cela convient ou pas avec la manière de penser des gens ici dans ce pays. Nous sommes chargés de produire des résultats et ce que nous voulons, c'est voir une région calme et très stable, c'est ce dont nous avons besoin' Aleksander Vucic : 'Nous approchons de l'anniversaire des accords de Dayton, mais aussi du massacre de Srebrenica. Quand pensez-vous qu'il sera possible pour cette région de laisser son passé derrière elle pour en quelque sorte tourner la page ?' Aleksander Vucic : 'Je peux vous dire que c'est le premier pilier de la politique du gouvernement serbe, c'est-à-dire la stabilité régionale et nous avons vraiment beaucoup investi. Tout d'abord pour la première fois en 70 ans, nous avons réussi à établir des relations qui ne soient pas trop mauvaises avec l'Albanie. Nous nous sommes parlés plusieurs fois pas seulement à Bruxelles, mais aussi ici à Belgrade. Maintenant, nous allons continuer le dialogue avec Tirana. Nous faisons de notre mieux pour soutenir l'intégrité territoriale et la souveraineté de la Bosnie-Herzégovine dans le respect de la république des Serbes de Bosnie comme entité de ce pays, et pour lancer le dialogue avec la Bosnie que nous considérons comme un point clé pour la stabilité de la région. Nous avons de très bonnes relations avec les Monténégrins, la meilleure de notre histoire depuis qu'ils se sont séparés de la Serbie. Nous avons de très bonnes relations avec la Macédoine, avec la Hongrie, la Bulgarie et la Roumanie avec qui nous avons créé le groupe de Craiova. La Serbie n'a jamais eu d'aussi bonnes relations avec ses voisins' euronews : 'Mais ces tensions ethniques durent et continuent à exploser' Aleksander Vucic : 'Bien sûr, c'est pourquoi j'insiste sur ce point, j'insiste, car vous ne pouvez pas effacer les émotions des gens, mais vous devez agir contre' euronews : 'Et ces anniversaires que je viens de mentionner, le vingtième anniversaire des accords de paix de Dayton et celui de Srebrenica' Aleksander Vucic : 'Et cette année a aussi lieu le vingtième anniversaire de l'Opération Tempête qui a vu des centaines de milliers de Serbes expulsés de Croatie' euronews : 'Vous étiez le ministre de l'information de Slobodan Milosevic. Quand vous repensez à cette époque, à quel point vous sentez-vous mal à l'aise ? Est-ce que vous ressentez une sorte de honte à propos de votre rôle pendant cette période de l'histoire ?' Aleksander Vucic : 'Au sujet de mon rôle comme ministre de l'information, je peux répondre très facilement. Je me sens juste mal à l'aise avec une loi sur l'information que j'ai proposé à l'époque. Je me suis senti très mal à l'aise, mais j'étais très sincère avec mon peuple. C'était une loi sur l'information très stupide et je l'ai admis devant mon peuple, je l'ai dit des milliers de fois' euronews : 'Une loi réprimant les médias étrangers...' Aleksander Vucic : 'ça permettait cela d'une certaine façon. ça n'était pas le but et ce n'était pas délibéré mais de toutes façons ça nous a amené à cela, c'est pourquoi je l'ai dit très ouvertement et publiquement, je ne l'ai pas caché. Mais ça n'avait rien a voir avec la guerre' euronews ; 'Qu'en est-il des discours que vous avez fait à l'époque au palement. Il existe une vidéo dans laquelle vous provoquez la communauté internationale en avertissant que pour chaque Serbe tué, cents musulmans seraient assassinés' Aleksander Vucic : 'Cela a été sorti du contexte. Bien sûr j'ai fait beaucoup de déclarations stupides, mais celle-là a été absolument sortie de son contexte' euronews : 'Donc vous n'avez pas dit cela ?' Aleksander Vucic : 'Pas de cette manière, pas dans ce contexte, mais de toutes façons je n'ai jamais nié avoir parfois tenu des propos stupides' euronews : 'Il y a des doutes ici maintenant à propos de votre rôle comme ministre de l'information. Nous avons reçu cette question d'Aleksandar Kokotovic qui vous demande de comparer la liberté de la presse aujourd'hui avec celle de l'époque où vous étiez ministre de l'information, car il y a des inquiétudes à ce sujet' Aleksander Vucic : 'Je pense que c'est très facile de me critiquer mais je peux vous dire que la liberté de la presse est totale dans ce pays. Bien sûr, ça peut toujours être mieux et je ferai tout ce que je peux pour m'en assurer. Tout le monde peut me critiquer, quand ils veulent, de la manière qu'ils souhaitent, dans tous les médias et il n'y a aucun problème du tout' euronews : 'Pourquoi alors dans un récent sondage européen sur les progrès réalisés apparaissent des inquiétudes, je cite 'à propos de la détérioration des conditions permettant le plein exercice de la liberté d'expression' et la Serbie a perdu 13 points dans le classement de la liberté de la presse' Aleksander Vucic : 'Peu importe ce qu'ils disent, nous nous sommes mis en conformité et nous avons harmonisé trois lois sur les médias que nous avons votées au Parlement en accord avec la Commission européenne' euronews : 'Mais voter des lois est une chose, la réalité en est une autre : les médias sont-ils libres ici ?' Aleksander Vucic : 'C'est ce que je pense, bien sûr des tas de gens ne seraient pas d'accord avec cela. Je suis toujours prêt à écouter toutes vos remarques, toutes leurs remarques et si possible même de mettre en place de meilleures conditions pour eux. Je n'en ai pas du tout peur' euronews : 'Pourquoi auriez-vous donc quelquefois accusé les médias ici d'être des menteurs ?' Aleksander Vucic : 'Vous savez quand quelqu'un me dit quelque chose qui n'est pas vrai, je répond simplement, je pense que c'est la démocratie. J'ai mon propre droit de dire ce que je pense vraiment ou c'est interdit ? Je ne crois pas. euronews : 'L'alignement de la politique internationale serbe sur celle de l'Union européenne fait partie intégrante du processus d'adhésion. Il y a eu des inquiétudes au sein de l'Union européenne à propos des sanctions imposées à la Russie concernant l'Ukraine. La Serbie a choisi de ne pas le faire. Je voudrais vous poser cette question envoyée Ahmed Alfin qui demande si la Serbie serait prête à aligner sa politique extérieure sur celle de l'UE et si vous le permettez, j'aimerais ajouter que si c'était le cas vous seriez dans une situation dans laquelle vous devriez suivre l'Union européenne et ce serait gênant pour la Serbie' Aleksander Vucic : 'C'est ce que fait la Serbie. Mais nous ne sommes pas membre de l'UE et nous devons nous soucier de nos propres intérêts. Nous soutenons l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Je pense que nous agissons de manière très responsable. J'ai parlé à Petro Porochenko, ils soutiennent aussi notre intégrité territoriale. [...]Nous devons nous préoccuper de notre avenir économique et si, par exemple, la Hollande imposait des sanctions à la Russie il obtiendraient des milliards en soutien de la part de l'Union européenne. Nous soutiendriez-vous à hauteur de un million pour nos produits agricoles ? Non je ne pense pas donc cela signifie que nous devons penser à nos paysans, à nos fermiers et à notre budget' euronews : 'Mais vous pourriez devoir choisir entre l'UE et la Russie. Le prix à payer serait-il de sacrifier votre amitié avec Vladimir Poutine ?' Aleksander Vucic : 'De quel prix parlez-vous parce que ce n'est pas une position équilibrée. Nous sommes sur le chemin de l'intégration européenne et c'est notre objectif stratégique, mais oui d'un autre côté, nous souhaiterions préserver de bonnes relations avec la Russie. Il ne s'agit pas du tout de relations personnelles' euronews : 'Et pensez-vous que les deux soient possibles ? Pourrez-vous dans ce cas garder un pied de chaque côté ?' Aleksander Vucic : 'Il ne s'agit pas de garder un pied de chaque côté. Nous suivons notre objectif stratégique de rejoindre l'UE, mais oui, nous aimerions avoir de bonnes relations avec la Russie. J'ai parlé de notre intégration européenne avec Poutine publiquement, tout à fait ouvertement, de la même façon qu'avec vous, qu'avec Angela Merkel. Je voudrais aussi préserver de bonnes relations avec Poutine aussi, oui c'est notre politique' euronews : 'En termes économiques, la Serbie souffre d'une crise économique depuis 2009. Vous avez imposé des mesures d'austérité très dures. Nous avons pu constater, si l'on regarde la situation en Europe, que l'austérité n'a pas eu les effets espérés. Là, la crise économique perdure. Comment pouvez-vous être aussi confiants à propos de l'efficacité des mesures d'austérité en Serbie ?' Aleksander Vucic : 'Je vois les premiers résultats et je vois que le FMI a revu ses prévisions sur notre taux de croissance. D'abord, c'était -1, puis -0,5 et maintenant 0 et je suis sûr que nous allons sortir de la récession dès cette année, et quand cela arrive l'année où sont prises des mesures de consolidation fiscale, c'est une sorte de petit miracle et je suis sûr qu'il va se produire' euronews : 'Vous avez l'air très fatigué, on dirait que le travail de dirigeant est éreintant. Est-ce fatigant ?' Aleksander Vucic : 'Non je ne voulais pas avoir l'air très fatigué. Je me sens toujours près à lutter pour mes idées et peut-être que j'ai été un peu plus lent que ce que vous attendiez, mais je suis toujours plein d'énergie, prêt à me battre pour un futur meilleur pour le peuple serbe et je n'ai aucun problème avec ça' euronews : 'Comme nous l'avons mentionné, vous avez commencé sous Slobodan Milosevic, maintenant vous avez guidé votre pays sur une autre voie. D'après vous, qu'est-ce qu'un bon dirigeant ?' Aleksander Vucic : 'Comme le disait Margaret Thatcher, ce ne sont pas les décisions les plus aclamées qui sont les meilleures et ces mesures d'austérité que nous avons commencé à mettre en place par des actes et de dures réformes économiques, elles ne sont pas bien accueillies par notre population. Et après tout, je suis sûr que le peuple serbe se rendra compte que ces mesures étaient les meilleures que nous pouvions prendre. Si vous parlez de stabilité régionale, de réconciliation, les gens ne veulent pas vraiment en entendre parler ici mais je ne m'en soucie pas. Je continuerai parce que je pense que c'est la véritable bonne politique et c'est la seule qui nous apportera de vrais résultats, c'est-à-dire un futur meilleur et une vie meilleure pour le peuple serbe' euronews : 'Et pour finir Stevan demande, êtes-vous fier de vous et de votre bilan ?' Aleksander Vucic : 'Je fais toujours de mon mieux pour être auto-critique. C'est ma façon d'être. Je continue et je fais de mon mieux pour être bénéfique à mon pays. D'autres personnes seraient mieux placées que moi pour en juger'
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Un Premier ministre albanais reçu à Belgrade, en Serbie. Une visite historique, la première en 68 ans. Elle devait permettre d'apaiser les tensions entre les deux voisins. Mais il a suffi de quelques mots sur le Kosovo pour faire voler en éclat la tentative de rapprochement entre Tirana et Belgrade. Le Premier ministre albanais Edi Rama a lancé le sujet. 'Nous avons deux positions complètement différentes sur le Kosovo', a t-il dit, 'mais la réalité est unique et immuable. Le Kosovo a été reconnu par plus de 108 pays. Son indépendance a aussi été reconnue par la Cour internationale de justice et c'est une réalité régionale et européenne'. Son homologue serbe Aleksandar Vucic a aussitôt répliqué. 'Tout d'abord, je veux dire que je ne m'attendais pas à une telle provocation de la part du Premier ministre Rama, je ne pensais pas qu'il parlerait du Kosovo' s'est-il indigné. 'Car je ne vois pas ce qu'il a à voir avec le Kosovo. Je dois lui répondre car je ne permettrai à personne d'humilier la Serbie à Belgrade. Selon la Constitution, le Kosovo fait partie de la Serbie et n'a rien à voir avec l'Albanie et n'aura jamais rien à voir'. La Serbie a toujours refusé de reconnaître l'indépendance de son ancienne province, peuplée en majorité d'albanophones. Le Kosovo a déclaré de manière unilatérale cette indépendance en 2008. Depuis des progrès ont toutefois été réalisés, notamment sous la houlette de l'Union européenne. Un accord considéré comme 'historique' sur la normalisation des relations entre Belgrade et Pristina a ainsi été signé.
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Le chef de file du SNS, le Parti progressiste de droite, a remporté hier les législatives anticipées. Devenu europhile convaincu, Aleksandar Vucic a décroché près de 49 % des suffrages ce qui...
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Sa victoire était annoncée. Le parti de centre-droit du vice-Premier ministre serbe remporterait les élections avec quelques 50% des voix, selon les premières estimations à la fermeture des...
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