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Booster l'économie verte ou autrement dit, faire de l'agriculture, LE moteur de la croissance, c'est le pari du Sénégal. Objectif : atteindre l'autosuffisance alimentaire, mais aussi doper les exportations. Quelles sont les opportunités ? Pourquoi ces investissements sont-ils rentables ? Et comment évolue le climat des affaires ? C'est ce que nous découvrons dans cette édition aux côtés de notre reporter Serge Rombi. 'Ici, au Sénégal, on a coutume de dire que lorsque l'agriculture va, tout va ! nous indique Serge Rombi. Ces deux dernières années, poursuit-il, le pays affichait tout simplement des volumes de production record, il faut dire que l'agriculture, la première ressource naturelle au Sénégal, ne cesse de se moderniser.' Pour bien comprendre, nous nous rendons le long du fleuve Sénégal où l'on cultive deux tiers du riz produit dans le pays. C'est dans cette zone qu'une entreprise, la Compagnie agricole de Saint-Louis a investi l'équivalent de 55 millions d'euros dans une usine de riz high tech. Répondre à la demande sénégalaise en riz La mission de son directeur d'exploitation, Bruno Redon : faire en sorte que d'ici à trois ans, son installation produise 100.000 tonnes de riz par an. Ce sera l'une des plus grandes usines de l'Afrique de l'Ouest. 'Nous avons tous les éléments réunis, souligne-t-il : les sols, la proximité du fleuve Sénégal - ce qui nous permet une irrigation et ce qui est très important - et un climat qui nous permet de faire deux récoltes par an et des rendements moyens de six tonnes par hectare. Ce qui est plutôt un très bon standard,' insiste-t-il. Bruno Redon est en train de faire construire de nouveaux casiers à riz et achemine l'eau aux producteurs locaux pour qu'ils approvisionnent la future usine. #Afrique #Senegal | AUTOSUFFISANCE EN RIZ : la Compagnie Agricole de Saint-Louis... | #Ndar https://t.co/1Hsfqzf7I9 pic.twitter.com/omFaxgDvcP- Ndarinfo.com (@ndarinfonews) 12 novembre 2015 'On va proposer au producteur, des contrats de production qui le liera, lui, notre société et une banque, explique François Grandry, directeur des opérations de la société. Si aujourd'hui, ce producteur fait une récolte par an, ajoute-t-il, en lui achetant sa production, on va permettre à la banque de débloquer le crédit pour qu'il puisse faire deux récoltes par an.' Ici, la production est et restera uniquement destinée au marché local. Le riz constitue en effet, la base de l'alimentation au Sénégal et la demande de produits de qualité explose. 'Le Sénégal importe 1,15 million de tonnes riz par an alors qu'il n'en produit que 350.000 : l'écart est énorme !' lance François Grandry. Les tomates cerises, un produit d'export à succès C'est dans cette même région sablonneuse, qu'en 2003, le numéro 1 de l'horticulture sénégalaise a fait le pari un peu fou de faire pousser du maïs et des tomates cerises. La société Grands Domaines du Sénégal a mis 25 millions d'euros sur la table et installé des serres géantes. Aujourd'hui, la production est de 14.000 tonnes de légumes par an. A la différence de la rizerie, cette exploitation travaille à 95% pour l'export. Ces tomates sont vendues jusqu'en Russie. A ce titre, elle bénéficie d'ailleurs, d'un statut spécifique d'entreprise franche d'exportation. 'Les droits de douane et certains droits fiscaux sont suspendus, on ne les paie pas de manière à ce que nos prix de revient puissent être compétitifs et qu'on puisse exporter et être en compétition sur le marché européen avec d'autres sociétés, c'est aussi simple que cela,' indique Abdou Sambe, directeur des ressources humaines au sein de l'entreprise. Ce qui n'empêche pas évidemment cette société d'être devenue l'un des premiers employeurs de la région. Cela représente un effectif de '2500 travailleurs sans compter l'effet d'entraînement de toute l'économie locale, le transport qu'on développe, la restauration, l'habitat social et beaucoup d'autres choses qui font qu'on a boosté l'économie de la région,' précise Adbou Sambe. 'Un vrai levier pour la relance de l'économie' Par ricochet, la bonne santé de cette usine a aussi considérablement augmenté l'activité sur le port de Dakar. Cet effet d'entraînement, c'est d'ailleurs une tendance générale. 'Cela se traduit par une bonne transmission dans beaucoup d'autres activités comme le commerce, le transport, l'industrie avec le dévelopement de l'agrobusiness, etc. et tout ceci fait que ce secteur est stratégique et constitue un vrai levier pour la relance de l'économie sénégalaise,' estime Pierre Ndiaye, directeur général de la planification et des politiques économiques du Sénégal. Retrouvez plus de détails sur l'APIX : https://t.co/mrnETwAACL #DoingBusinessSenegal pic.twitter.com/YMIs1ZURDG- Présidence Sénégal (@PR_Senegal) 10 mai 2016 Depuis plusieurs années, le pays travaille à l'amélioration de son attractivité et du climat des affaires. L'accent a par exemple, été mis sur une meilleure gestion des conflits commerciaux et le dévelopement de partenariats publics privés. Les coûts administratifs ont aussi été réduits et de nombreuses procédures simplifiées. 'En plus de pouvoir créer votre entreprise en moins de six heures au Sénégal, les frais administratifs ont été réduits de deux tiers,' déclare Mountaga Sy, PDG de l'agence gouvernementale APIX. Des mesures incitatives D'autres mesures plus spécifiques ont été mises en place. 'Les délais de raccordement des entrepôts ont été réduits de plus de la moitié, notamment dans le domaine de l'assainissement où nous sommes passés de 90 jours à moins de 40 jours,' ajoute Mountaga Sy. Le gouvernement sénégalais veut aussi faciliter le crédit ou l'accès au foncier. L'enjeu pour le Sénégal, c'est donc l'émergence en la faisant reposer en partie, sur le développement de l'économie verte. 'Quand on parle d'émergence, on émerge d'abord par les ressources humaines : les hommes et les femmes qui travaillent, qui gagnent des revenus et qui réinvestissent pour améliorer leur qualité de vie, souligne Adbou Sambe des Grands Domaines du Sénégal. Donc, tout cela fait que c'est intéressant de s'implanter au Sénégal, de faire de l'agriculture, de gagner de l'argent, mais aussi d'aider les populations à élever leur niveau de vie.' Et le message est semble-t-il bien passé : en 2015, les investissements directs étrangers ont bondi de 17% au Sénégal. Filming focus #Senegal #greeneconomy euronewsbiz euronews pic.twitter.com/OBf6CCe1iR- Serge Rombi (@SergeRombi) 3 mai 2016
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Le nouveau visage de Dakar. La capitale sénégalaise est en pleine mutation. De nombreuses infrastructures ont vu le jour ces derniers mois ou sont en train d'être réalisées. Le Sénégal affiche sa volonté de rejoindre le club des pays émergents, à l'horizon 2035. Serge Rombi, euronews : 'L'ambition, c'est de faire du Sénégal un hub sur l'Afrique, et notamment sur la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest et ses 300 millions d'individus. Pour cela évidemment, il faut continuer d'améliorer le climat des affaires, simplifier les procédures et faire baisser les coûts pour les investisseurs. Bref, rendre cette destination Sénégal, encore plus compétitive.' Un immense chantier à 30 kilomètres au Sud de Dakar abrite le futur pôle urbain de Diamniadio. Un élément clé dans la stratégie de dévelopement du pays. Le pôle pourrait générer 30 à 40 000 emplois directs.L'idée est d'y installer, sur plus de 3000 hectares, une vaste plate-forme industrielle, des services, des universités, des hôpitaux, des admnistrations, mais aussi bien sûr une ville nouvelle. 'Ici, dans trois ans, il y aura 3000 logements pour 15000 habitants, 300 bureaux et commerces', explique Delphine Gnancadja, chef de projet pour le groupe Getran. Dans cette zone du pôle urbain de Diamniadio est également sorti de terre, en moins d'un an, le tout nouveau centre international de conférences de Dakar. Tout prêt se trouve aussi le nouvel aéroport Blaise Diagne, qui devrait être achevé l'an prochain. Il sera relié à Dakar par un train express, et par l'autoroute. Un premier tronçon de 25 kilomètres est en service depuis deux ans. Première autoroute à péage de l'Afrique de l'Ouest, elle a été réalisée en un temps record de 44 mois par un géant Français du BTP, par le biais d'un partenariat public-privé inédit. Un système que les autorités sénégalaises encouragent d'ailleurs très largement. 'Quand vous regardez la carte de l'Afrique, vous êtes à 4-5 heures de l'Europe, 4-5 heures de vol de Etats-Unis, 5-6 heures de vol de l'Amérique du Sud, 6-7 heures de l'Asie. Donc c'est vraiment un hub. Aujourd'hui Dakar est le hub d'entrée de l'Afrique', détaille le PDG d'Eiffage Sénégal, Gérard Senac. La 'Diamniado Valley' comme certains l'appellent déjà a donc commencé à attirer les grandes entreprises internationales. C'est le cas du cinquième groupe mondial de service informatique qui, après le maroc, a choisi le futur pôle urbain pour créer sa deuxième base en Afrique. 'Pourquoi le Sénégal ? Pour moi, il y a quatre atouts. D'abord sa stabilité politique, chose très importante pour nous investisseurs. La qualité de la formation de ses ingénieurs, la qualité de ses infrastructures de télécommunication, et ses coûts de production qui sont moins élevés que dans d'autres pays', explique Momadou Ndoye, chef de projet pour le Groupe Atos au Sénégal. Le Sénégal a aussi fait des efforts pour renforcer les capacités de son réseau électrique, et baisser les tarifs, grâce au mix énergétique. Pour les PME, un guichet unique divise même désormais par deux les délais de raccordement. Des arguments qui séduisent. 'Sur le premier trimestre 2015, nous avons enregistré le taux de création d'entreprises le plus important depuis plus de 15 ans. Par ailleurs, les investissements directs étrangers ont fait un bond de 8% entre 2013 et 2014', relate Mountaga Sy, PDG d'APIX. Il faut dire que le Sénégal envoie des signaux très forts aux investisseurs. Par exemple, aujourd'hui, le pays promet que si un investisseur a un conflit commercial sur son territoire, celui-ci sera réglé en moins de 90 jours. Ce qui correspond à la norme OCDE en la matière. Autre signe que les réformes pour l'amélioration du climat des affaires commencent à payer, le Sénégal est entré dans le top 5 des pays les plus réformateurs au dernier classement Doing Business. Les coûts de l'accès au foncier par exemple, ont été particulièrement réduits. 'Deux mesures phares ont été prises. La baisse du taux des droits d'enregistrement, qui est passé de 15% en 2012 à 5% en 2015. Deuxième mesure : la simplification des procédures d'aquisition d'immeubles. Aujourd'hui, grâce à une sorte de guichet unique qui a été mis en place, il vous est possible d'avoir votre titre de propriété en 72 heures', dit Ahmed Tidiane Bâ, Directeur général de la Direction des Impôts et des Domaines Direction l'ISM (International School of Management). Véritable référence au Sénégal, cette école a formé depuis 20 ans près de 12 000 jeunes, originaires d'une trentaine de pays. Ici, les étudiants créent des entreprises pilotes. Certains ont d'ailleurs parfaitement bien saisi les opportunités du pays. C'est le cas par exemple d'une étudiante, Khadidiatou Diop, qui a développé un business de transformation de fruits et légumes dans les régions rurales 'Au Sénégal, le milieu rural a un très fort potentiel. Ce qu'on a fait, c'est qu'on a organisé les femmes en Groupements d'Intérêt Economiques (GIE). On les aide à faire de l'emballage, de l'étiquetage et de la transformation de fruits et légumes. Elles font de l'apiculture, de l'aviculture. Et on les aide à commercialiser tout ça sur notre site internet de ecommerce', détaille Khadidiatou Diop. Le Sénégal est conscient que plusieurs défis restent à relever. Mais, plus que jamais, le pays compte bien faire valoir ses atouts et sa capacité à poursuivre les réformes pour devenir définitivement incontournable sur la carte de l'Afrique.
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