Alors que  l’immunité du sénateur Serge Dassault était en jeu en raison d’une affaire d’achats de voix et de tentatives d’homicides, le Bureau du Sénat a déclaré ce mercredi qu'elle ne sera finalement pas levée.

Le bureau du Sénat a invalidé ce mercredi la demande de levée de l’immunité parlementaire du sénateur de Corbeil-Essonnes, Serge Dassault. Âgé de 88 ans et détenteur de la société qui fabrique des avions militaires français Dassault, l'homme était inquiété par la justice en raison de soupçons d’achats de voix mais également de plusieurs tentatives d’homicides.

Dassault intouchable ?Ce maintien de l’immunité parlementaire de Serge Dassault rend toutes poursuites judiciaires impossibles. Selon la justice, le sénateur-maire de Corbeil-Essonnes serait à l’origine d’achats de voix pour les municipales de la ville.  Pour Nathalie Boulay-Laurent, ancienne première adjointe de Serge Dassault, ce serait bien ces pratiques illégales qui ont entraîné les deux tentatives de meurtres à Corbeil-Essonnes en début d’année. "Il semblerait bien que, dans ces deux cas-là, de l’argent ait été promis et n’ait pas été donné à des intermédiaires qui considèrent avoir fait leur travail d’agent électoral et n’ont perçu les sommes auxquelles ils estiment avoir droit", avait-t-elle ainsi récemment déclaré. Elle avait démissionné en apprenant les achats de suffrages.

Règlement de compte à OK CorralDepuis le début de l’année, deux personnes ont été victimes de règlements de compte à Corbeil-Essonnes sans faire pour autant de victime. Le 19 février dernier, un boxeur amateur de 32 ans a était grièvement blessé après avoir reçu trois balles de calibre 38, alors qu'il se trouvait en plein centre-ville. Le tireur qui a agi au su et au vu de nombreux témoins serait une "figure locale" proche de Serge Dassault. Trois semaines auparavant, un autre habitant de la commune avait lui aussi été victime d'une tentative d'homicide.

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Les soupçons sont d’autant plus présents que le Conseil d’Etat a invalidé l’élection de Serge Dassault en 2009. Le suffrage ayant lieu en 2008, les juges ont conclus que l’importante somme déboursée par le maire envers les habitants de la commune était "de nature à altérer la sincérité du scrutin". 

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