Ex-compagne du président et ancienne candidate à l’élection présidentielle devenue ministre en 2014, Ségolène Royal n’hésite à s’opposer à sa hiérarchie et à ses collègues pour faire valoir ses idées. Une attitude qui donne parfois lieu à des heurts. 

En 2014, et après deux ans d’une traversée du désert, Ségolène Royal était nommée ministre de l’Ecologie dans l’équipe de Manuel Valls. Aujourd’hui, la numéro 3 du gouvernement a repris du poil de la bête et semble savourer ses nouvelles prérogatives. Aussi, pas question pour elle de laisser ses collègues ou son chef marcher sur ses plates-bandes. Ainsi l’année dernière, Ségolène Royal n’a pas hésité à monter au créneau pour défendre son rôle dans l’organisation de la COP21 face à son ancien collègue et rival, Laurent Fabius. Dernièrement, l’ex-candidate à la présidentielle de 2007 est même allée jusqu’à tacler son chef, Manuel Valls. Invitée de Jean-Jacques Bourdin mercredi matin, la ministre a réagi aux propos tenus un peu plus tôt par le chef du gouvernement sur Notre-Dame-des-Landes en écartant le référendum local qu’il venait d’annoncer et en rappelant que chacun devait rester à sa place. "Je suis en charge de ce sujet, donc je ne veux pas par une déclaration intempestive influences les choses (…) Le Premier ministre donne son avis, son rôle, mais je n’ai pas le même rôle", a-t-elle lâché, vindicative.

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Manuel Valls peine à avoir le dernier motUne attitude qui semble lui être propre, ses autres collègues se rangeant plus facilement de l’avis de l’exécutif. Récemment nommée ministre du Travail, Myriam El Khomri suit en effet la ligne tracée par Manuel Valls, tandis que Najat Vallaud-Belkacem veille à ne pas faire de vague et conserve ainsi son titre officieux de "chouchoute" de l’exécutif. Le Premier ministre "qui sait que de toute manière il aura beau lui faire passer des consignes, elle ne les appliquera que si elle sert ses intérêts", expliquait la journaliste Maud Guillaumin à Atlantico.

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Ségolène Royal s’impose dans l’entourage de François Hollande Mais si Ségolène Royal ose taper du poing sur la table pour s’opposer à sa hiérarchie ou à ses collègues, force est de constater que François Hollande semble épargné. "On peut dire aujourd’hui que leur relation s’apparente à un couple politique intense, au sens cérébral du terme", estime encore la journaliste passée par Europe 1, BFM TV ou encore iTélé, qui voit même en la ministre "une superconseillère" du président. "Elle est aujourd’hui de tous les déplacements, ce qui signifie qu’elle est au courant de tout, et ce bien avant tout le monde, ce qui est aussi utile pour placer ses propres pions".

Une attitude qui semble payer auprès des Français : la ministre jouit d'une meilleure cote de popularité que le président et le Premier ministre.

En vidéo - Nicolas Canteloup imite Ségolène Royal à la COP21