Invité du 20 heures de Gilles Bouleau jeudi soir sur TF1, l’ancien président de la République a affirmé que le chiffre de 24 000 réfugiés accueillis en France d’ici deux ans était faux. Il a également maintenu sa proposition d’utiliser le statut de "réfugié de guerre".

Nicolas Sarkozy en a remis une couche jeudi soir. Après avoir accordé un long entretien au Figaro dans lequel il dézinguait la politique actuelle menée par François Hollande, l’ancien président de la République a profité de son passage au JT de TF1 dans la soirée pour pointer, une fois encore, son successeur et répondre aux critiques de son Premier ministre.

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Alors que le chef de l’Etat a annoncé lundi que 24 000 migrants seront accueillis en France d’ici deux ans, le patron des Républicains a souligné que ce chiffre "a été démenti par les nouvelles demandes de la Commission européenne". Accusant François Hollande d’avoir menti, Nicolas Sarkozy a poursuivi en expliquant: "Il faut que vous sachiez qu'en l'état actuel de Schengen, tout étranger reçu avec un visa qui soit économique ou politique a vocation à s'installer partout à l'intérieur de Scheghen". Et l’ancien locataire de l’Elysée de prévenir : "Les prestations sociales sont plus importantes en France que partout en Europe. Ce qui veut donc dire que les réfugiés qui seront accueillis par d'autres pays européens, membres de Schengen, ont vocation à arriver chez nous. Ils iront là où les prestations sont les moins misérables".

Utiliser le statut de "réfugié de guerre"

En conséquence, le leader du parti d’opposition a préconisé de "revoir les conditions de regroupement familial qui donnent lieu aujourd’hui à des abus que notre société ne peut plus accepter" et d’utiliser "le statut de réfugié de guerre". "Le statut de réfugié politique donne droit à un visa de dix ans, le statut de réfugié de guerre donne droit à un visa renouvelable d'un an. Les mots ont un sens", a-t-il fait valoir avant de s’exclamer : "Le but, c'est que ces malheureux, une fois la paix rétablie dans leur pays, puissent retourner dans leur pays. On ne demande pas quand même que les 25 000 Syriens s'installent en Europe !".

Accrochage avec Manuel Valls

Une idée déjà avancée par l’ex-président lors de son entretien au Figaro et que le Premier ministre a dézinguée dans la journée. "Le droit d’asile ne se découpe pas en tranche", a-t-il raillé lors d’une réunion à Matignon. "Monsieur Valls ne connaît pas ses dossiers. C'est un statut qui existe dans une directive européenne de 2001 et qui n'a jamais été utilisé en France", a ensuite répliqué le prédécesseur de François Holland dans la soirée.

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Et Nicolas Sarkozy d’insister en martelant : "Il faut lutter de toutes nos forces contre la fraude, le détournement à l'asile politique et sans doute revoir les conditions de regroupement familial qui donnent lieu aujourd'hui à des abus que notre société ne peut plus accepter".

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