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Pas rancunier, Vladimir Poutine. Le président russe a profité du Forum économique international de Saint-Pétersbourg ce vendredi pour tendre la main aux Européens au moment-même où Bruxelles étendait d'un an les sanctions liées à l'annexion de la Crimée par Moscou en 2014 - sanctions qui interdisent tout commerce avec la péninsule. 'Les tensions géopolitiques actuelles sont aussi causées par l'incertitude économique et l'épuisement des ressources de croissance. Il y a un risque que ces tensions soient même provoquées artificiellement,' a-t-il relativisé. Poutine vise des taux de croissance d'au moins 4% pour la Russie https://t.co/R0HdhyXQK1- Les Echos (@LesEchos) 17 juin 2016 Certes, la présence la veille au Forum du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pourrait laisser penser que Bruxelles est en train de mettre de l'eau dans son vin. Mais ce dernier a insisté sur le nécessaire respect par Moscou des accords de paix de Minsk sur l'Ukraine. Les 28 devraient ainsi reconduire pour six mois la semaine prochaine leurs sanctions économiques contre la Russie pour son rôle présumé dans la poursuite des combats dans l'est du pays. Cela n'a pas empêché Vladimir Poutine d'insister. 'Les représentants des entreprises allemandes et françaises que j'ai rencontrés ont attesté de la volonté du monde des affaires européen de coopérer avec notre pays. Les hommes politiques devraient écouter les entreprises, se montrer sages, visionnaires et flexibles.' Même s'ils privilégient la solidarité européenne, Athènes et Rome sont favorables à une normalisation des relations commerciales. Le premier ministre italien, Matteo Renzi avait d'ailleurs fait le déplacement à Saint-Petersbourg. Faute de réciprocité de la part de Bruxelles, Moscou menace cependant de prolonger son embargo sur les produits alimentaires européens jusqu'en 2017.
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Il était tombé en disgrâce de façon spectaculaire. Celui qui fut un temps la première fortune de Russie a été envoyé en prison pendant une décennie, pour ce que lui et bien d'autres, estiment être de fausses accusations dictées par le président Vladimir Poutine. Mikhaïl Khodorkovski n'a pas caché son désir de voir la révolution en Russie, ni son intention de contribuer à ce qu'elle se produise. Il est l'invité de the global conversation. Isabelle Kumar, euronews: Certains pourraient dire que vous êtes courageux, d'autres franchement téméraire, car après dix années de prison dans l'un des endroits les plus reculés de Sibérie, vous semblez toujours aussi déterminé à lutter contre le président Vladimir Poutine. Mikhaïl Khodorkovski: Je ne lutte pas contre le président, je lutte contre le système qu'il incarne. Je pense que la Russie mérite mieux. Isabelle Kumar: Vous oeuvrez en coulisses aujourd'hui, en soutenant une opposition politique. Y-a-t-il aujourd'hui une alternative au régime du président Poutine, à son emprise sur le pouvoir en Russie ? Mikhaïl Khodorkovski: Tout d'abord, je n'oeuvre pas en coulisses. J'annonce plutôt ouvertement ma position. Ensuite, je pense qu'il ne faut pas surestimer le rôle de Vladimir Poutine dans le système qu'il incarne. Nous connaissons ce système. C'est le système autocratique habituel. C'était comme cela à l'époque des secrétaires généraux du Parti communiste. Quand Staline, qui était assez différent de Poutine, est mort, beaucoup de gens ont pleuré en disant. ''Oh, qui peut le remplacer ?' Et il n'y a eu aucun problème pour le remplacer. Donc je crois que l'alternative existe aujourd'hui aussi. Notre mission, ma mission, est de faire tout mon possible pour que cette alternative soit démocratique. Isabelle Kumar: Ce sera un travail de longue haleine, on imagine, étant donné la situation aujourd'hui en Russie. Vous vous voyez retourner en Russie et affronter le président Poutine pour la présidence du pays ? Mikhaïl Khodorkovski: Je retournerai en Russie, sans aucun doute, mais la question de savoir quelle fonction je dois prendre ou ne pas prendre, ne m'intéresse pas aujourd'hui. Ce qui est important, c'est d'avoir une équipe politique capable de porter les réformes nécessaires après le changement de régime. C'est quelque chose que nous n'avions pas au début des années 1990 et c'est ce qui, à mes yeux, a entraîné ces conséquences très difficiles. Isabelle Kumar: Donc, vous n'écartez pas un retour en Russie ? Mikhaïl Khodorkovski: Non seulement, je ne l'écarte pas, mais je suis absolument certain que je vais retourner en Russie. Je pense en revanche que ce n'est pas le moment de savoir qui sera aux commandes dans la Russie post-Poutine. Aujourd'hui, notre mission est de mettre sur pied une équipe capable de conduire les réformes nécessaires pendant la période de transition, afin d'organiser dans un premier temps des élections justes. C'est la mission que je me suis fixé. Cette équipe de réformateurs disposera de deux ans pour travailler, entre la fin du régime de Poutine et les premières élections justes. Et ma mission actuelle consiste à former cette équipe. Biographie: Mikhaïl Khodorkovski Mikhaïl Khodorkovski, ancien PDG du géant pétrolier Ioukos, était la première fortune de Russie Il a passé 10 années en prison en Russie pour évasion fiscale Pour beaucoup il a été écarté car il finançait des partis politiques d'opposition Mikhaïl Khodorkovski a été gracié par le président Poutine et libéré en 2013 *Mikhaïl Khodorkovski vit maintenant en exil en Europe Isabelle Kumar: Quiconque est impliqué dans la politique russe est amené à se prononcer sur la question de la Crimée. La péninsule doit-elle être rendue à l'Ukraine ? C'est en quelque sorte une patate chaude pour l'opposition. Quelle est votre position sur ce point ? Très clairement : la Crimée doit-elle être rendue à l'Ukraine ? Mikhaïl Khodorkovski: Immédiatement après la prise de la Crimée, je me suis exprimé en Ukraine en disant que c'était un acte totalement illégal, que ce n'était pas une manière de se comporter dans le monde moderne. Mais ce qui est arrivé, est arrivé, et aujourd'hui, c'est un problème à long-terme. C'est un problème très important du point de vue de l'Ukraine. C'est un problème très important du point de vue du monde. Et bien sûr, pour la Russie, c'est devenu une sorte de point de non-retour. Mais c'est derrière nous maintenant, et le gouvernement, qui devra résoudre la question de la Crimée, devra être mandaté par la société. Et cela ne pourra se faire qu'après les premières élections justes. Une fois que des élections justes auront eu lieu, le nouveau gouvernement sera mandaté par le peuple et il devra alors résoudre le problème de la Crimée. J'ai ma propre vision de la situation, et je sais que ce ne sera pas résolu durant la période de transition. Isabelle Kumar: Mais ça n'est pas une réponse tout à faire claire. Pourriez-vous me répondre par oui ou par non ? Pensez-vous que la Crimée doit être rendue à l'Ukraine ? Si vous étiez dans la position de le faire, c'est ce que vous feriez ? Mikhaïl Khodorkovski: Je vois que vous êtes dans le paradigme de la Russie de Poutine, vous voulez que cette décision soit prise par une seule personne. Mais je suis pour une autre Russie, une Russie démocratique où personne ne pourra dire : 'Je ferai ça', sans qu'il ait obtenu le mandat de la société pour agir. Isabelle Kumar: C'est assez vrai. Mais on sait que la question de l'annexion de la Crimée a été largement soutenue par la population russe. Partant de ce constat, on peut penser que la péninsule va rester avec la Russie. Ce ne sera pas possible de revenir en arrière, d'après ce que vous dîtes ? Mikhaïl Khodorkovski: Le débat actuellement, au sein de la société, est moins intense, et ce débat, est à mon sens, plus équilibré. Il y a différents points de vue. Bien entendu, mes opinions et celles de mes partisans, sont basées sur le fait que c'était un acte illégal. Nous avons besoin de la solution au problème. Et cette solution doit prendre en compte les opinions du peuple qui vit en Crimée, sans aucun doute, mais aussi celles des citoyens russes et ukrainiens. Je ne pense pas qu'il y aura une solution rapide au problème, mais je suis sûre qu'une solution sera trouvée. Isabelle Kumar: Très bien. Passons à un autre sujet. Vous avez dit que vous aviez l'intention de retourner un jour en Russie. A votre avis, comment les Russes vous perçoivent-ils aujourd'hui ? Voient-ils l'ancien oligarque ou bien le Mikhail Khodorkovsky que j'ai en face de moi aujourd'hui ? Mikhaïl Khodorkovski: J'espère que les opinions des Russes, qui sont forgées essentiellement par la propagande, que ça soit sur mon cas personnel ou sur des problèmes bien plus importants, comme par exemple les relations avec le monde extérieur - eh bien, j'espère que ces opinions vont changer. J'espère vraiment que les gens vont me voir comme un être humain, tel que je le suis aujourd'hui, après dix ans passés en prison, et après ce ce que j'appellerais un exil. Mais tout cela est bien moins important que la question de savoir comment eux voient leur propre avenir. J'aimerais que mes compatriotes voient un futur qui ne soit pas incarné par une seule personne, quel qu'il soit. J'aimerais qu'ils voient un avenir dans un pays démocratique, avec un Parlement normal, avec une séparation des pouvoirs, où la vie est définie par le peuple, lui-même. C'est comme cela que je vois notre mission sur le long-terme. Isabelle Kumar: Ceci dit, dans le court-terme, vous faites face à des accusations de meurtre en Russie. Votre nom a été sali, vous allez devoir rétablir votre réputation. Comment pouvez-vous rétablir votre réputation en Russie ? Mikhaïl Khodorkovski: Ce que la propagande du Kremlin dit sur moi ne me préoccupe pas tellement. Les citoyens russes, en général, sont plutôt sceptiques sur ce qui est dit à la télévision. Et plus ils ont faim, moins ils sont attentifs. Cela dit, même la personne la plus confiante demanderait aux autorités : 'Qu'avez vous appris de nouveau sur Khodorkovsky, 18 ans après les évènements en question, sachant que 15 de ces 18 années, Khodorkovsky était entre vos mains, en prison. Quels nouveaux éléments avez vous appris?' Voyons s'il y a une réponse à cette question. S'il n'y a aucune réponse, comme jusqu'à présent, eh bien la confiance sera nulle. Isabelle Kumar: Vous demeurez, que ça vous plaise ou non, un symbole de l'oligarchie en Russie? Quelle est l'influence de la classe d'oligarques aujourd'hui ? Exercent-ils une influence ? Mikhaïl Khodorkovski: L'idée selon laquelle les oligarques russes ont de l'influence a été mise avec succès dans la tête des Russes - et aussi, et c'est assez drôle, dans celles de nos partenaires occidentaux - par Boris Berezovsky. Mais en réalité, la Russie est un pays complètement différent. C'est le pouvoir, les autorités qui sont en charge de l'argent dans notre pays, et pas l'inverse. Donc, que ça soit du temps de Eltsin, ou du temps de Poutine, les personnes riches n'ont pas eu tant d'influence que cela sur les décisions politiques. C'est pourquoi la tentative de faire pression sur le cercle fermé de Poutine en lui imposant des sanctions, était vouée à l'échec dès le départ. Bien sûr, ces sanctions ont lié les mains de Poutine, en lui ôtant la possibilité de récompenser ses proches. C'est comme cela que ça marche et pas autrement. Isabelle Kumar: Ne pensez-vous pas que, ce qui vous est arrivé a envoyé une onde de panique à travers l'oligarchie ? Même si vous dites le contraire, ils avaient tout de même un certain niveau d'influence en Russie. Est-ce que, ce qui vous est arrivé, a envoyé une onde de panique aux oligarques en Russie, et ailleurs ? Mikhaïl Khodorkovski: J'aimerais formuler ma position encore une fois. Les riches en Russie n'ont jamais eu un véritable pouvoir, comparé au pouvoir du Kremlin. Le Kremlin de Eltsin, le Kremlin de Poutine définit l'orientation politique du pays. Nous avons un dicton quit dit ''l'acier décide plus que l'or'. C'est comme cela comme ça marche en Russie. Isabelle Kumar: Pensez-vous qu'à un moment de votre vie, le président Poutine vous a considéré comme une menace? Pensez-vous qu'il vous considère comme une menace, maintenant que vous vous êtes exilé (avez été contraint à l'exil)? Mikhaïl Khodorkovski: En 2003, je ne pensais pas représenter une menace politique pour le président Poutine, car psychologiquement je faisais partie du système. Je pensais au développement de l'industrie, et certes, je pensais au développement de la société civile, mais la politique n'était pas quelque chose que je voulais faire de manière urgente. Je laissais d'autres personnes s'occuper de ça. Depuis que je suis sorti de prison, bien sûr je suis différent. Je ne m'intéresse plus aux affaires, aujourd'hui je m'intéresse au futur de la Russie et je sais exactement ce que je veux. Je veux que la Russie soit un pays démocratique et je sais ce qu'il faut entreprendre pour y arriver. Et quand on voit la pression qu'ils essayent d'exercer sur moi, on comprend ce que Poutine pense de l'efficacité de mes efforts. Isabelle Kumar: D'autres personnes qui ont eu votre position, celle d'opposant politique, ont connu une fin prématurée, ils ont été assassinés. Avez-vous peur pour votre vie? Mikhaïl Khodorkovski: Écoutez, j'ai passé dix années de ma vie dans un centre de détention. J'ai été attaqué au couteau, j'aurais pu mourir n'importe quel jour sur simple ordre du Kremlin. Où que je sois aujourd'hui, je me sens bien plus en sécurité qu'à cette époque. Donc je n'y pense pas. Isabelle Kumar: Quand nous avons abordé le sujet des assassinats de ces figures de l'opposition, il y a bien sur eu beaucoup de conjectures quant à la provenance des ordres. Certains disent qu'ils sont venus de tout en haut. Qu'en pensez-vous? Mikhaïl Khodorkovski: Je ne dispose d'aucune information qui me permettrait d'accuser sérieusement une personne en particulier. Mais ce qui est flagrant, c'est ce climat de haine, cette atmosphère de traque des ennemis, d'une éventuelle cinquième colonne, qui est la conséquence, et en un sens le coeur même de la politique étrangère de l'administration actuelle du Kremlin. Cela ne fait aucun doute. Poutine est politiquement responsable de cela. Est-ce qu'il a directement donné ces ordres? ou bien est-ce quelqu'un de son cercle? on le saura avec le temps, j'espère. Isabelle Kumar: Pendant ce temps là, le président Vladimir Poutine est extrêmement populaire en Russie. Selon un récent sondage son taux de popularité est de 82%. Pourquoi est-il si populaire? Mikhaïl Khodorkovski: Malheureusement en Russie, il y a une grande tradition autoritariste. Et les gens ont peur de parler franchement, même chez eux avec leur famille. Vous imaginez bien que personne ne dira la vérité aux sociologues, aux sondeurs... car tout le monde les suspecte - et parfois à juste titre- d'être de mèche avec les services de renseignements (FSB). Les gens ont peur, c'est une partie du problème.. La seconde raison, elle est également connue, c'est le syndrome de Stockholm. Vu que le sort des gens dépend de celui qui dirige le Kremlin, ils essayent, jusque dans leur propre tête, d'exprimer leur loyauté envers lui. Et bien sur la propagande fonctionne à merveille. Rien à dire, ces gars connaissent leur métier. Mais regardez, ce qui s'est passé dans d'autres pays... En Roumanie par exemple. Tout peut changer en une nuit. Ceausescu était crédité de 92% d'opinion favorable, et deux mois plus tard dans la même région, les choses ont très mal fini pour lui. J'espère juste que le régime n'attendra pas qu'on en arrive là. J'espère que la peur du changement de la part de l'occident entre autres, et de la part des citoyens russes que cette peur du changement, ne nous poussera pas à faire une énorme erreur, qui serait de ne pas saisir que ces changements sont inévitables. Donc soit vous êtes prêt pour ces changements, soit non. Si vous n'êtes pas prêt, vous avez perdu. Isabelle Kumar: Vous parlez de ça, alors qu'en même temps l'économie russe a été durement malmenée, non seulement par la chute des cours du pétrole mais aussi par les sanctions. Vous qui souhaitez qu'une révolution ait lieu en Russie - pensez-vous qu'elle puisse prendre ses racines dans les difficultés économiques dont souffrent les ménages russes? Mikhaïl Khodorkovski: Les sanctions ont une signification symbolique. Mais bien sur, nous comprenons tous que si l'économie russe évoluait normalement, si l'État était administré de manière normale - pas excellente, juste normale- les gens vivraient beaucoup mieux. Les cours du pétrole n'auraient pas l'incroyable impact, si ce n'est psychologique qu'ils ont aujourd'hui. Malheureusement vous et moi, nous savons et nous comprenons, qu''il est impossible de gérer de manière moderne un pays gigantesque, si tout est décidé par une seule personne. Il peut être très intelligent, mais si la société n'est pas impliquée dans les processus de décision, s'il n'y a aucune séparation des pouvoirs, s'il n'y a pas les institutions étatiques de base, alors on ne peut pas avoir de stabilité dans le pays. Et sans stabilité l'économie ne peut pas fonctionner normalement. Regardez: Comment les pays occidentaux peuvent négocier avec Poutine? Il n'est pas responsable pour ce qu'il dit. Ses paroles ne sont appuyées par aucune institution puissante. Tous les accords que l'on peut convenir avec lui sont sur le court-terme. Ils ne sont appliqués que s'il est personnellement en mesure de le faire. Son humeur peut varier, il est humain - et il n'y a aucune institution forte sur qui il peut s'appuyer. C'est le principal problème, ce n'est pas le prix du pétrole ni les sanctions. Isabelle Kumar: Rapidement, sur le sujet des sanctions, elles devraient-être levées selon vous? Mikhaïl Khodorkovski: C'est aux occidentaux de répondre à cette question. Nous résoudrons nos problèmes indépendamment des sanctions. La politique de l'occident vis à vis de la Russie devrait être basée sur la compréhension que la Russie doit résoudre soi-même ses problèmes. Que peut faire l'occident? Il peut aider, il peut assister la nouvelle élite politique russe à émerger. Il peut aider en empêchant que le terrain politique russe devienne complètement stérile. Sinon il n'y aura que des plantes vénéneuses qui pousseront. La vous pouvez nous aider. Mais nous résoudrons les problèmes de la Russie nous-même. Isabelle Kumar: Il semble que la Russie se soit attribué un rôle très important sur la scène internationale, par exemple en Syrie. Qu'en pensez-vous? Mikhaïl Khodorkovski: Je l'ai déjà dit publiquement plusieurs fois, voici ma position: nous avons selon moi assez de problèmes internes. Le Kremlin voit la Syrie, non pas comme une opportunité d'avoir une position influente sur le monde. Il ne s'agit même pas de protéger les intérêts russes. Il s'agit en réalité de protéger leur propre position, leur pouvoir inamovible. C'est une tentative de détourner la société russe des vrais problèmes, détourner son attention vers des problèmes virtuels qui n'existent que sur les écrans de télévision. C'est pour cela que sur la Syrie, Poutine n'est pas un allié fiable sur le long terme. Il résout ses propres problèmes, pas les problèmes du monde ni ceux de la Russie. Isabelle Kumar: Enfin M. Khodorkovski, nous avons commencé par parler de votre peine de prison, qui a forgé l'homme que vous êtes aujourd'hui. Voulez-vous partager un moment particulier de cette détention? Mikhaïl Khodorkovski: J'ai passé 10 années en prison dans des conditions très pénibles. Bien sûr, j'ai grandi et j'ai muri là bas, tout d'abord car j'ai pris de l'âge. Mais aussi car la prison m'a permis de me repenser. Le temps n'a plus la même signification. Je réfléchis d'avantage sur le long terme. J'ai appris cela en prison. Donc, la chose la plus remarquable c'est que... Vous savez, la Russie est un immense pays. J'étais incarcéré à 6000 kilomètres de Moscou. Puis j'ai été transféré près de la frontière finlandaise, à 1h de Moscou, mais dans l'autre direction. Et bien toutes les personnes, même les prisonniers, les gens modeste, ont une même culture. Quand je viens en Europe et que je vois le monde multiculturel.... Je suis en Allemagne et à une heure de route se trouve un pays avec une culture complètement différente, comme la France. Vous pouvez survoler la Russie pendant sept heures et la culture restera la même. C'est un accomplissement important de notre pays, et quand ils disent que la Russie ne devrait pas être si grande, qu'elle devrait être divisée, je ne les ai jamais pris au sérieux. Ceux qui disent ça ne comprennent pas que nous sommes une seule grande entité.
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Par sa visite, Vladimir Poutine rend la politesse à Alexis Tsipras, venu le saluer à deux reprises - en avril et en juin - l'an dernier à Moscou. Depuis, les deux hommes ont paraphé 50 accords bilatéraux. Mais elle est loin l'époque où la Russie était le premier partenaire commercial de la Grèce. Elle n'est plus que numéro 3. Le volume de leurs échanges a fondu de 34% entre 2014 et 2015 à 2,3 milliards de dollars. Du fait des sanctions européennes imposées à Moscou pour son rôle dans le conflit ukrainien d'une part, et du fait de l'embargo russe imposé en représailles sur les produits frais européens - notamment sur les olives et la Feta grecques. La chute des cours du brut a aussi joué sur les chiffres, puisque les hydrocarbures représentent 85% des exportations russes vers la Grèce. Certes, Moscou a suspendu son projet de gazoduc Turkish Stream via la Grèce, mais les investissements directs russes dans le pays atteignaient tout de même 653 millions de dollars sur les neuf premiers mois de 2015. La Grèce est enfin la troisième destination préférée des touristes russes, même si la dépréciation du rouble a fait chuter leur nombre de moitié en un an.
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Vladimir Poutine s'est prêté à la séance annuelle de questions-réponses face aux citoyens, lors d'une émission télévisée ce jeudi. Le Président russe s'est exprimé sur de nombreux thèmes d'actualité, à commencer par la politique étrangère, et s'est dit en faveur d'une sortie de crise en Syrie, au lendemain de la reprise des pourparlers de paix à Genève. 'Il faut trouver une solution', a déclaré Vladimir Poutine, 's'asseoir à la table des négociations, adopter une constitution, et sur cette base, tenir des élections anticipées et sortir de cette crise'. Après le retrait de ses troupes de Syrie, Moscou a tout de même laissé des avions de combat et des forces opérationnelles sur place. Mais Vladmir Poutine n'a pas épargné le Président turc Recep Tayip Erdogan, qui 'coopère avec les radicaux' selon lui. 'Si Petro Porochenko et Erdogan devaient se noyer, à qui tendriez-vous la main ?', a interrogé la présentatrice, relayant la question de Varya Kuznetsova, 12 ans. 'Si quelqu'un veut se noyer, c'est impossible de le sauver... ', a rétorqué le chef de l'Etat russe. 'Mais nous sommes sûrement prêts à tendre la main et à offrir une amitié à n'importe lequel de nos partenaires, s'il le veut lui-même'. Vladimir Poutine a indiqué que le Kremlin était en contact avec Kiev, dans l'hypothèse d'un échange de prisonniers qui impliquerait la pilote ukrainienne Nadia Savtchenko, emprisonnée en Russie pour complicité de meurtre.
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Un pont, quoi de mieux pour sceller un rapprochement. Pour célébrer les deux ans de l'annexion controversée de la Crimée par Moscou, Vladimir Poutine ne craint pas les symboles. Bientôt ici un pont va relier l'ex-péninsule ukrainienne au sud de la Russie, première voie terrestre, pour un coût de presque trois milliards de d'euros. Des célébrations ont lieu ce 18 septembre dans toute la péninsule, où le soutien à la Russie perdure. 'Evidemment il y a des difficultés, mais il y a des moments positifs aussi, dit Alexander Talipov. D'abord les résidents de Crimée sont satisfaits parce qu'ils sont revenus dans le giron russe, notre mère-patrie, et ça c'est le principal, que la Crimée ait totalement intégré la Fédération russe.' 'Il y a aussi beaucoup de problèmes, par exemple le nombre d'officiels a augmenté dramatiquement, et parallèlement la pression sur le business aussi, dit l'homme d'affaires Oleg Nikolayev. Et aussi l'autre problème c'est les actions des autorités qui révèlent leur manque d'expérience.' Nous voici à Yalta, perle de la mer Noire, chargée d'une histoire appréciée des touristes. Mais depuis les sanctions contre la Russie, ils se font rare. L'an dernier seulement un tiers des chambres d'hôtels ont été occupées, au grand désespoir du maire de la ville : 'S'il n'y avait pas les sanctions aujourd'hui, je pense qu'il y aurait plus de touristes européens, regrette Andrej Rostenko. A Yalta, nous dépendons énormément du passage des bateaux de croisière. Avant pendant la saison il pouvait y avoir plus de 200 navires, avec beaucoup de touristes'. 97% des habitants de la Crimée avaient appuyé l''annexion':http://www.regard-est.com/home/breves.php?idp=1787 il y a deux ans lors d'un référendum controversé organisé par la Russie.
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Vladimir Poutine recevait ce mercredi à Moscou l'un de ses plus proches alliés européens : le Premier ministre Hongrois Viktor Orban. La coopération économique, notamment énergétique, était au coeur de cette rencontre. Il a également été question de la crise des réfugiés à laquelle Budapest est directement confrontée. Pour le président russe, la solution passe d'abord par la destruction du terrorisme. 'Pour résoudre la crise des migrants en Europe, il faut s'attaquer aux origines du problème. Nous devons rétablir dans les pays, d'où viennent ces réfugiés, un Etat, une économie, une sphère sociale, pour que ces gens puissent vivre dans leur propre pays et y retourner. Nous devons créer toutes les conditions nécessaires, et cela signifie avant tout d'annihiler le terrorisme.' Au centre des discussions également, les sanctions européennes contre la Russie qui ont été systématiquement renouvelées depuis 2014. Pour Viktor Orban, ces sanctions doivent cesser : 'Au milieu de cette année, il ne sera pas possible pour l'Union européenne de renouveler automatiquement ces sanctions. La raison, c'est que de plus en plus de pays pensent qu'il faut avoir un débat ouvert sur ce que nous devons faire de ces sanctions.' Les sanctions réciproques adoptées par Bruxelles et Moscou pèsent lourdement sur l'économie hongroise. En deux ans, ses exportations vers la Russie ont chuté de 50 %. Le président Poutine s'est dit convaincu que les relations avec l'UE 'seraient normalisées, tôt ou tard'.
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Moscou tourne la page d'un symbole des années 90 en détruisant à coup de pelleteuses les kiosques qui avaient poussé dans plus grande anarchie dans la capitale russe. Les Moscovites pouvaient y acheter à peu près tout, du paquet de cigarettes au bouquet de fleurs et beaucoup se disent déjà nostalgiques de ces boutiques bien pratiques.
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Mikhail Lesin, un ancien conseiller de Vladimir Poutine, a été retrouvé mort dans un hôtel à Washington. Selon son entourage, il aurait succombé à une crise cardiaque, à l'âge de 57 ans. Mikhail Lesin fut notamment ministre de la Communication entre 1999 et 2004 et il avait contribué à la création en 2005 de la chaîne d'information russe, Russia Today.
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Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne demandent à la Russie de mettre un terme à ses attaques sur le territoire syrien. Les 28 affichent ainsi leur unité. Pour l'Europe ces attaques risquent surtout de prolonger le conflit et d'aggraver la situation humanitaire. Les combats ont entraîné le déplacement de plus de 7 millions et demi de personnes en Syrie. Mais pour la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, Moscou peut jouer un rôle. Les autorités russes peuvent faire pression sur leur allié syrien pour entamer un processus politique. Un processus dans lequel l'Union se dit prête à mettre tout son poids. Les 28 sont en revanche plus évasif sur le sort et le rôle du président syrien pour sortir de cette crise. L'Union estime toute paix impossible sous la direction actuelle en Syrie. Les ministres refusent aussi de collaborer avec Bachar el-Assad pour lutter contre le groupe État islamique.
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La Russie a éclairci sa position ce jeudi au sujet de la Syrie. Moscou n'entend frapper que des groupes terroristes, et le fait à la demande du président syrien. Sergueï Lavrov a ainsi tenu à souligner le contexte légal de l'initiative militaire russe. Selon lui, les cibles russes et celles de la coalition sont les mêmes. Le ministre russe des Affaires Etrangères s'exprimait de New York en marge des Nations Unies. 'Le ministère russe de la Défense a présenté un rapport complet sur les cibles qui ont été visées. Nous avons visé des dépôts associés à Etat Islamique et des sites d'armement. Nous sommes en coordination avec l'armée syrienne mais je pense qu'il est reconnu partout que des raids aériens seuls ne résoudront pas le problème'. Sergueï Lavrov a balayé les questions des journalistes au sujet de frappes sur d'éventuels camps de rebelles formés par la CIA, déclarant qu'aucun fait ne venait confirmer cette hypothèse.
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Nouvelle salve de frappes aériennes russes en Syrie. Le ministère russe de la Défense a affirmé ce jeudi que de nouveaux raids avaient eu lieu la nuit dernière dans les provinces d'Idleb, Hama et Homs. Selon une source de sécurité syrienne, quatre avions russes ont pris pour cible 'des bases' de Jaich al-Fatah ('l'Armée de la conquête'), l'un des plus importants groupes rebelles, qui regroupe le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, et d'autres groupes islamistes. L'opposition syrienne a déclaré que ces raids avaient déjà fait au moins 36 victimes civiles. L'aviation russe en Syrie serait forte de 32 avions chasseurs et bombardiers Sukhoï, tous stationnés à la base de Lattaquié, construite sur un aéroport, dans l'ouest de la Syrie.
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Une aide russe à la Grèce n'est pas à l'ordre du jour pour l'instant, affirme Moscou, à la veille du sommet des Brics. Vladimir Poutine a accueilli les dirigeants des pays émergents à Oufa, en Russie, à la veille du sommet des BRICS qui débutera ce jeudi. Le Président russe compte montrer qu'il n'est pas isolé sur la scène internationale, malgré la crise ukrainienne, les sanctions économiques et l'exclusion du G8. Vladimir Poutine a multiplié les rencontres avec les leaders politiques. Il s'est entretenu avec le son homologue chinois Xi Jinping, et avec le Premier ministre indien Narendra Modi. Des discussions sont aussi prévues avec la Présidente du Brésil Dilma Rousseff et avec le chef de l'Etat sud-africain Jacob Zuma. Le Kremlin voit dans les BRICS un 'nouveau système de relations internationales' avec de 'nouveaux centres de pouvoir'. Ce jeudi, la mise en place d'une banque de développement de ces pays sera au coeur des débats. Elle devrait être opérationnelle d'ici la fin de l'année.
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Il est mort à 85 ans : Evgueni Primakov est décédé ce vendredi, décrit comme un maître espion, il était aussi fin diplomate et éphémère Premier ministre russe. Il était un opposant permanent à la suprématie de Washington. Vladimir Poutine a rendu hommage à 'l'homme d'Etat, le scientifique, le politicien'. Mikhaïl Gorbatchev, dont il était l'un des principaux conseillers, a rendu hommage à 'un homme qui a marqué l'histoire de la Russie' S'il a soutenu l'annexion russe de la Crimée, il a aussi averti Moscou du danger d'un isolement international.
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Six groupes et partis ont rejoint la coalition formée par le parti RPR-Parnas, dirigé jusqu'à son assassinat par Boris Nemtsov, et par le parti du Progrès de l'opposant numéro un au Kremlin Alexeï Navalny. Absents du parlement et marginalisés par l'omniprésence du parti au pouvoir, Russie unie, ces partis veulent présenter une liste unie aux 3 élections locales prévues en septembre. 'Bien sûr, nous nous rendons compte qu'il y aura une forte volonté de nous neutraliser, car nous avons toutes les chances de gagner les élections. Il est très important pour nous de surmonter ces obstacles et de montrer que pour la première fois en 13 ans, notre coalition est parvenue à commencer à briser les obstacles pour obtenir une représentation politique', affirme Alexei Navalny. Avocat et blogueur charismatique, Alexeï Navalny a reconnu que l'assassinat de Boris Nemtsov fin février et la manifestation du 1er mars pour la défense du pluralisme ont été des 'vrais coups de fouet' pour aller de l'avant.
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Après dix jours 'd'absence', Vladimir Poutine refait surface. Le président russe est apparu en public avec son homologue kirghiz Almazbek Atambaïev ce lundi près de Saint-Petersbourg. 'On s'ennuierait s'il n'y avait pas de ragots', a déclaré le chef du Kremlin devant la presse. Le dirigeant russe âgé de 62 ans russe n'avait plus fait d'apparition publique depuis sa conférence de presse avec le chef du gouvernement italien Matteo Renzi le 5 mars. Plusieurs évènements, dont un voyage au Kazakhstan, avaient été annulés. Un journal autrichien avait indiqué que Poutine souffrait de problèmes de dos et qu'un médecin viennois s'était rendu à Moscou pour le soigner. Des médias russes et européens avaient publié d'autres rumeurs : coup d'État, opération de chirurgie esthétique ou naissance d'un enfant. La télévision publique russe avait diffusé des images de Poutine présentées comme datant de vendredi, où on le voyait avec le président de la Cour suprême. Mais cela n'avait pas mis fin aux rumeurs, surtout sur les réseaux sociaux.
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Le Parlement européen réclame que toute la lumière soit faite sur l'assassinat de l'opposant russe Boris Nemtsov. Lors d'un débat à Strasbourg, la Haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, s'est aussi inquiétée des manquements à l'Etat de droit. ' En observant l'état de la démocratie en Russie aujourd'hui, on voit bien que la liberté d'expression est soumise à une pression accrue. Les partis d'opposition luttent pour exister et pour avoir accès aux grands médias. Les dernières élections législatives en 2011 ont été décrites par l'OSCE-ODIHR comme étant biaisées en faveur du parti au pouvoir ', a-t-elle rappelé. La co-présidente du groupe des Verts au Parlement a quant à elle insisté sur la nécessité d'une enquête irréprochable, mais elle ne se fait guère d'illusions. ' Je ne suis pas du tout convaincue que la Russie et les autorités russes soient capables de mener une enquête indépendante, déplore Rebecca Harms. Il y a trop d'affaires similaires d'assassinats qui n'ont jamais été résolues. ' Présent à Strasbourg, l'ancien Premier ministre russe Mikhaïl Kassianov - devenu lui aussi une figure de l'opposition - a accueilli avec soulagement les témoignages de soutien des députés européens. ' Moi-même et mes camarades considérons le meurtre de Boris Nemtsov comme des représailles politiques. Et cette solidarité est très importante pour nous ', explique-t-il. D'autant plus que trois des suspects tchétchènes arrêtés pour le meurtre disent avoir été violentés et le principal suspect, Zaour Dadaïev, affirme que ses aveux lui ont été extorqués sous la torture. C'est ce que rapportent des défenseurs des droits de l'Homme qui ont pu leur rendre visite en prison.
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Près d'un an après l'annexion de la Crimée par la Russie, les habitants de la péninsule commencent déjà à fêter cet anniversaire. C'est mi-mars, après un référendum, que la Crimée s'est détachée de l'Ukraine. Le 27 février 2014 un commando prorusse s'était emparé du Parlement de Crimée, première étape d'une annexion programmée. Un an après, le leader local assure qu''actuellement plus de 90% des gens disent soutenir ce qui est arrivé en mars l'année dernière. Je n'ai aucun doute à ce sujet, rajoute Sergei Aksyonov, et à d'autres médias occidentaux j'ai proposé de demander aux gens à l'improviste ce qu'ils pensent de ce qui s'est passé il y a un an.' Sur le marché de Simferopol, on soutient les autorités russes malgré une économie sinistrée. Il n'y a pas la guerre ici, remarquent les habitants, soulagés. 'Je pense que rejoindre la Russie a entraîné une légère amélioration pour les lois, dit une femme. Mais dans notre vie quotidienne, c'est négatif : nous vivons et nous souffrons, et les prix sont en hausse.' Certaines voix accusent l'élite locale d'être corrompue et de détourner l'argent alloué par Moscou. L'activiste Andrei Kresko s'inquiète aussi pour les droits de l'Homme: 'Tout d'abord je devrais probablement souligner qu'il est devenu moins possible de réaliser des grands rassemblements, il y a toute une série de restrictions qui ont été introduites et même pour certains groupes ou représentants une interdiction d'organiser de tels rassemblements. Il y a eu quelques cas également où la liberté d'expression a été limitée.' Le retour au bercail L'annexion de la Crimée, on sait désormais qu'elle était soigneusement planifiée. Dans un documentaire bientôt diffusé à la télévision russe, Poutine affirme qu'il a lancé l'opération au moment de la chute du président Ianoukovitch, le 22 février. Le documentaire a pour titre 'Crimée, le retour au bercail'.
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Boris Nemtsov, ancien vice-Premier ministre sous Boris Eltsine, a été abattu de quatre balles dans le dos, alors qu'il traversait ce pont avec sa compagne ukrainienne, à deux pas du Kremlin. Selon le comité d'enquête créé pour l'occasion, l'endroit a aussi bien été choisi par les meurtriers. 'Actuellement, l'enquête suit plusieurs pistes. Tout d'abord bien sûr, il y a la possibilité que ce meurtre puisse être une provocation pour déstabiliser la situation politique en Russie. Et Nemtsov pourrait être une victime expiatoire pour ceux qui n'ont aucune limite en vue de réaliser leurs objectifs politiques' Les coups de feu auraient été tirés depuis une voiture blanche, sachant que des caméras de surveillance ont certainement enregistré la scène du crime. Des intellectuels accusent le Kremlin: 'On peut dire que le régime actuel a contribué à ce meurtre, car récemment, avec l'aval et la connivence de l'autorité suprême, la haine d'une partie de la nation, sa majorité, contre une minorité a été encouragée et amplifiée' Boris Nemtsov était l'un des leaders des rassemblements anti-Poutine de l'hiver 2011-2012. L'opposant dénonçait aussi l'implication de Moscou dans le conflit ukrainien. Quelques heures avant sa mort, il appelait à la radio à manifester dimanche contre la politique de Vladimir Poutine.
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Les organisateurs attendaient 10 000 personnes à Moscou, la police en a comptabilisé 35 000. Les slogans du mouvement anti-Maïdan appellent à soutenir Vladimir Poutine et à rejeter toute tentative de soulèvement populaire sur le modèle ukrainien. Un an après la révolte à Kiev, le patriotisme russe bombe le torse : 'Je suis ici pour soutenir la Russie, dit un cosaque. Dans un futur proche la guerre pourrait arriver jusqu'ici. Evidemment les Etats-Unis soutiennent tout cela, l'OTAN aussi, c'est clair. Je suis prêt à m'engager dans la guerre mais quelle guerre ce sera ?' 'Si nous n'avions pas Poutine ce serait déjà Maïdan ici, rajoute un autre homme. Et quand je vois comment il a géré tout ça je suis super fier. Vous voyez j'ai acheté le pull avec Poutine dessus, je l'ai acheté immédiatement. Mes amis ne m'ont pas cru, ils m'ont dit : 'Hé, mais tu as voté pour un autre !' J'ai dit : 'Non, Poutine est notre homme aujourd'hui, Poutine est notre président !' Selon les réseaux sociaux, les écoles et les universités ont été expressément invitées à envoyer des participants à la marche. La veille une petite manifestation, pro-Maïdan cette fois, s'était soldée par cinq arrestations devant l'ambassade ukrainienne.
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2015 sera-t-elle meilleure que 2014 ? Tout le monde l'espère, y compris les Russes. Mais les prévisions économiques ne vont pas dans ce sens. La Russie subit de plein fouet la chute des cours du pétrole. Et puis il y a les sanctions occidentales en représailles à l'attitude de Moscou dans la crise ukrainienne. La monnaie nationale plonge. Le pays est en récession. Mais tous n'en subissent pas les effets de la même manière. Olga Mozalyova, jeune Moscovite, fait ses courses dans le Goum , le très chic centre commercial de Moscou. Ses voeux pour 2015 ? 'Avoir un peu de stabilité', dit-elle en souriant. Vassili Goncharov, alias Vasya Oblomov, est un jeune chanteur russe qui cartonne sur internet. Dans ses chansons, il interpelle le chef du Kremlin sur la situation du pays. Dans son dernier clip , il demande au Père Noël d'apporter aux Russes un nouveau président... Les sondages indiquent pourtant que Vladimir Poutine jouit d'une très grande popularité, l'opinion publique approuvant largement sa politique, y compris son action vis-à-vis de l'Ukraine. Dans ses voeux pour la nouvelle année, Vladimir Poutine a justement remercié les Russes pour leur patriotisme. 'Nous avons l'habitude d'être optimiste quoi qu'il arrive, dit Anastasia, étudiante. Il faut garder le sourire, sinon on devient fou'. Le 12 janvier prochain, de nombreux Russes célébreront le Noël orthodoxe. D'ici là, c'est une période de vacances que ceux qui en ont les moyens mettent à profit pour se détendre comme ici dans le parc Gorki à Moscou.
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Les traditionnels voeux de fin d'année ou l'occasion de défendre son bilan. Le chef du Kremlin a remercié ses compatriotes pour avoir 'défendu les intérêts de la Russie', faisant vibrer la fibre patriotique. 'L'amour de la mère patrie est l'un des sentiments les plus puissants et les plus réconfortants', a dit Vladimir Poutine. 'Il s'est pleinement manifesté dans le soutien fraternel aux habitants de la Crimée et de Sébastopol, quand ils ont résolument décidé de retourner à la maison. Cet événement marquera pour toujours une étape importante de notre histoire'. Pendant ce temps, à Berlin, la chancelière allemande a donné sa version de l'histoire et mis en avant l'importance de respecter le droit international. 'Cela ne fait aucun doute que nous souhaitons la sécurité pour l'Europe et la Russie, et non pas contre la Russie' a déclaré Angela Merkel. 'Mais, de même, il ne fait aucun doute qu'en Europe nous ne pouvons pas et n'accepterons pas un soi-disant droit du plus fort qui viole les lois internationales'. Les deux dirigeants confronteront leur vue le 15 janvier prochain lors d'une rencontre au Kazakhstan, en présence de Petro Porochenko, le président ukrainien et de François Hollande.
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Trois ans et demi de prison avec sursis : c'est la peine prononcée à l'encontre de l'opposant russe Alexeï Navalny. Un tribunal de Moscou l'a reconnu coupable ce mardi matin d'escroquerie entre 2008 et 2012 au détriment de deux sociétés dont une filiale du groupe français de cosmétiques Yves Rocher. Ce dernier avait pourtant retiré sa plainte. Mais ce qui a choqué Alexeï Navalny, c'est la condamnation de son frère Oleg à trois ans et demi de prison ferme. Après avoir entendu le jugement, l'avocat de 38 ans a invectivé la juge. ' N'avez-vous pas honte de ce que vous êtes en train de faire ? Pourquoi mettez-vous mon frère en prison ? Quel acte odieux ! Et tout cela pour me punir davantage ! ' La décision du tribunal est d'autant plus surprenante que le parquet avait requis dix ans de prison ferme contre Alexeï Navalny et seulement huit ans contre son frère cadet. Alexeï Navalny est dans le collimateur du Kremlin pour avoir mobilisé les foules via son blog contre Vladimir Poutine à l'hiver 2011-2012. Il nie avoir surfacturé les clients de sa société de transport et dénonce une chasse aux sorcières. En résidence surveillée depuis février, ce dernier jugement ne change rien à sa situation.
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S'échappant du périmètre de la résidence surveillée, l'opposant russe Alexeï Navalny n'a toutefois pas manqué de rendre compte de ses faits et gestes sur Twitter. D'abord, de son intention de rallier la manifestation de soutien qui lui était dédiée en plein coeur de Moscou. Puis, de son arrestation. Le blogueur charismatique, qui vient d'être condamné à trois ans et demi de prison pour escroquerie, a enjoint ses partisans à protester place du Manège. 'Ils ne pourront pas arrêter tout le monde', a-t-il assuré. Pas tout le monde, peut-être, mais plus de 130 personnes ont toutefois été interpellées pour leur participation à une manifestation non autorisée, selon l'ONG russe OVD-info. L'avocat, âgé de 38 ans, était poursuivi avec son frère cadet Oleg pour avoir escroqué près de 400.000 euros à une filiale russe de la société française de cosmétiques Yves Rocher. Si le premier a écopé d'une peine de prison avec sursis, Oleg a quant à lui été condamné à une peine de prison ferme. ' Vous me faites honte, a alors réagi, courroucé, Alexeï Navalny. Pourquoi mettre mon frère en prison ? Pour me punir encore plus rudement ?' Les Etats-Unis et l'Union européenne ont exprimé leur inquiétude au sujet de cette décision de justice à l'encontre de celui qui est considéré comme le plus farouche opposant au chef du Kremlin Vladimir Poutine.
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Alexeï Navalny s'est imposé, ces dernières années, comme la principale figure d'opposition à Vladimir Poutine. Orateur charismatique, pourfendeur de la corruption des élites, il avait marqué les esprits lors des législatives de 2011 en rebaptisant le parti au pouvoir, ''Russie unie'', sous le nom du ''parti des voleurs et des escrocs''. Car cet avocat, diplômé en droit des affaires, passé par le parti libéral Iabloko, d'où il fut exclu pour ses positions nationalistes, n'a cessé de mettre en doute la volonté de Poutine de défendre les intérêts de la Russie. Sur le site Rospil, il traque, avec d'autres juristes, les faits de corruption en décortiquant comptes et appels d'offres de l'administration. Et il publie les noms et résultats de ses investigations. 'L'enquête sur la corruption, que je mène, est une activité complètement politique. Car en Russie, la corruption est l'enjeu le plus important de l'agenda politique. Je ne vais pas me cacher et dire que m'occupe de corruption et non pas de politique.'' En effet, le plus insaisissable des opposants au pouvoir, combine la lutte politique classique avec de nouveaux outils, comme l'achat d'actions, pour exiger des grands groupes pétroliers et gaziers, la transparence de leurs comptes. En 2013, il se présente à l'élection municipale de Moscou où il arrive en deuxième position avec 27 % des voix. Un résultat qui conforte son statut de figure de proue de la contestation, mais qui lui attire les foudres des autorités. Et c'est devant les juges que Navalny doit désormais livrer bataille. Déjà en 2013, il est condamné à cinq ans de camp pour détournement de fonds à grande échelle au détriment d'une société d'exploitation forestière. Les faits remontent à 2009 lorsqu'il lorsqu'il était le conseiller du gouverneur de la région de Kirov. Vingt quatre heures plus tard, il est libéré, en raison de sa candidature à la mairie de Moscou. Seule condition à son maintien en liberté, il ne doit pas quitter la capitale.
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Vladimir Poutine a tenu son traditionnel discours annuel devant les parlementaires des deux chambres, réunis au Kremlin. Le président russe est notamment revenu sur la crise ukrainienne et le rattachement de la Crimée à la Russie qu'il estime justifié. Il a également vertement critiqué l'attitude des occidentaux. 'La réunification historique de la Crimée et de Sébastopol avec la Russie s'est finalement produite (applaudissements). Pour notre peuple, notre pays, ces évènements ont une importance particulière, parce que notre peuple vit en Crimée, parce que ce territoire est stratégique et parce que la Crimée est une source sacrée de notre nation russe à multiples facettes, mais unifiée (...) Je suis sûr que le peuple ukrainien jugera par lui-même cette situation. Concernant l'association de l'Ukraine avec l'Union européenne, il n'y a eu absolument aucun dialogue. On nous a laissé entendre que ce n'était pas nos affaires. Pour parler vulgairement, ils nous ont tout simplement dit d'aller nous faire voir.'' Vladimir Poutine a également évoqué l'épineuse question des sanctions occidentales, qui impactent lourdement l'économie russe. Pour le chef du Kremlin, la crise en Crimée n'était qu'un prétexte, utilisé par les États-Unis et les Européens, pour freiner les ambitions de la Russie. 'Les sanctions ne sont pas seulement une réaction nerveuse des États-Unis et de leurs alliés à notre position vis-à-vis des évènements et du coup d'État en Ukraine, ou du soi-disant printemps de Crimée. Je suis sûr qui si rien de tout cela n'était arrivé, ils auraient inventé autre chose pour freiner les opportunités croissantes de la Russie et pour servir leurs propres intérêts.'' Des méthodes qui ne datent pas d'hier pour Vladimir Poutine, qui se pose en victime des occidentaux, dont la seule ambition, selon lui, est d'affaiblir la Fédération de Russie. 'En dépit de notre ouverture et de notre volonté sans précédent à coopérer sur les questions les plus difficiles, et malgré le fait que nous considérons nos ennemis d'hier comme des amis proches et des alliés, nous n'avions aucun doute qu'ils auraient tout le plaisir de nous mettre dans le scénario yougoslave de désintégration, mais nous avons fait en sorte ce que cela ne se produise pas, de la même manière qu'Hitler n'était pas parvenu à ses fins. Chacun devrait se souvenir comment ce genre de choses se terminent.'' Malgré ses critiques à l'égard des occidentaux, Vladimir Poutine a affirmé qu'il n'envisageait pas de rompre ses relations avec l'Europe et l'Amérique.
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La politique d'endiguement de la Russie ne date pas d'hier, mais elle continue, selon Vladimir Poutine, qui a dénoncé ce matin le 'cynisme occidental' vis à vis de la crise en Ukraine. C'est ainsi que Vladimir Poutine voit les relations Est-Ouest en 2014. Le Président russe a donné son discours annuel au parlement ce matin. 'Chaque peuple a le droit souverain à sa propre voie au développement, aux choix des ses alliés, de son organisation politique, sociale, économique et sécuritaire. La Russie a toujours respecté et respectera toujours cela. Et cela concerne pleinement l'Ukraine'. Sur le même sujet, Vladimir Poutine a déclaré que la Crimée était 'sacrée' pour la Russie et qu'elle le restait toujours. le président russe a voulu se montrer pacifique, mais non sans une pointe d'équivoque : 'On ne va pas rentrer dans une course aux armements qui coûte cher. Mais personne ne réussira a dominer militairement la Russie. Notre armée est moderne, forte et, comme on dit aujourd'hui, 'polie' mais elle est à craindre'. Sur le sujet enfin des sanctions imposées à la Russie, pour lesquelles l'Ukraine n'aurait servi que de prétexte, le chef du Kremlin veut que ces sanctions servent à stimuler l'économie russe.
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L'Ouest continue de chercher à endiguer la Russie et fait preuve de cynisme. C'est ainsi que Vladimir Poutine voit les relations Est-Ouest en 2014. Le Président russe a donné son discours annuel au parlement ce matin. Devant les membres des deux chambres réunies au Kremlin, il a assuré qu'il n'avait pas l'intention de rompre les relations de la Russie avec l'Europe et les Etats-Unis, dont il a tout de même dénoncé le cynisme vis à vis de la situation en Ukraine. Sur le même sujet, Vladimir Poutine a déclaré que la Crimée était 'sacrée' pour la Russie et qu'elle le restait toujours. Sur le sujet enfin des sanctions imposées à la Russie, pour lesquelles l'Ukraine n'aurait servi que de prétexte, le chef du Kremlin veut que ces sanctions servent à stimuler l'économie russe.
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Adulé par une large majorité de son peuple, le président russe est présent partout pour ses 62 ans, y compris sur des t-shirts à son effigie. Les modèles se vendent apparemment comme des petits pains dans cette boutique moscovite à quelques encablures du Kremlin. Ou comment remercier Vladimir Poutine après une 'année faste' ironise ses opposants avec l'annexion de la Crimée en mars dernier et la guerre en Ukraine. D'autres n'hésitent pas à afficher leur soutien à l'image de ce jeune homme : 'vous pouvez le mettre et comme ça, tout le monde voit que vous soutenez votre pays. On peut le porter partout, ici ou à l'étranger, non ?'. La Corée du Nord n'a apparemment plus le monopole des vidéos délirantes si l'on en croit ces enfants d'un ensemble vocal de St Petersbourg, la ville natale de Vladimir Vladimirovitch Poutine.
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A peine le cessez-le-feu annoncé vendredi, euronews a reçu l'ambassadeur de Russie auprès de l'Union européenne. Un Vladimir Chizhov très prudent sur la viabilité de cette trève. Fariba Mavvadat, euronews : ' Mr l'ambassadeur, quelle est la position de votre gouvernement par rapport au cessez-le-feu qui vient d'être annoncé. Comment faire en sorte qu'il tienne ? ' Vladimir Chizhov : ' Je peux seulement espérer qu'il tienne. Le problème avec les tentatives précédentes, c'est que malheureusement, ceux qui avaient déclaré le cessez-le-feu n'ont pas tenu leurs engagements. Peut-être ne le voulaient-ils pas vraiment, mais il est plus probable qu'ils n'en étaient pas capables. C'est un problème qui demeure car beaucoup d'éléments qui combattent du côté du gouvernement ukrainien dans l'est ne sont pas vraiment responsables devant le gouvernement. Ils se présentent ocmme des bataillons de sécurité privés et sont financés et dirigés par les oligarques ukrainiens. ' euronews : ' La Russie a toujours espéré ou voulu que l'OTAN garde ses distances avec la région qui se trouve à ses frontières. Maintenant, la situation a rendu nécessaire l'établissement de l'OTAN dans cette région. ' Vladimir Chizhov : ' Je le présenterais de manière différente. La situation en Ukraine a probablement servi de prétexte à l'OTAN pour aller dans ce sens. La situation a donné à l'Alliance une seconde vie qu'elle ne mérite pas vraiment. ' euronews : ' L'épisode de la Crimée et tensions qui ont suivi en Ukraine n'ont pas aidé. Vous ne pouvez pas attendre de l'Europe qu'elle dise : prenez la Crimée, prenez l'est de l'Ukraine, et nous nous contenterons de vous regarder faire. ' Vladimir Chizhov : ' La Crimée est une situation unique. C'est une aberration historique qui a été rectifiée. Nous ne traitons aucune autre situation en Europe ou ailleurs de manière identique.
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Le secrétaire de l'OTAN réagit ce matin au plan de cessez-le-feu en Ukraine proposé hier par Vladimir Poutine. Pour M Ramussen l'effort de Moscou est louable mais loin d'être suffisant ou même tout à fait convaincant. 'Nous continuons à appeler la Russie a retirer ses troupes de la frontière ukrainienne, de cessez l'approvisionnement en armes et en combattants vers l'Ukraine, d'arrêter de soutenir les militants armés et d'engager un processus politique constructif.' Des représentants des rebelles pro-russes et du gouvernement ukrainien doivent reprendre demain, à Minsk, au Bélarus, des négociation en vue d'un cessez-le-feu.

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