Dans un entretien accordé à la revue "Charles", Roland Dumas évoque l'intouchable "existence juive", après avoir créé la polémique en dénonçant l'"influence juive" de Manuel Valls.

Roland Dumas persiste et signe. Dans une longue interview à paraître le 1er avril prochain (non, ce n'est pas une blague) dans les colonnes de la revue politique "Charles", l'ancien ministre tient des propos qui risquent, à leur tour, de créer un tollé. S'il avait déploré l'"influence juive" de Manuel Valls au micro de BFMTV-RMC, Roland Dumas affirme ici qu'une "zone sacrée" existe en politique, celle de "l'existence juive". Des déclarations qui risquent de déplaire au Premier ministre, ou à Alain Jakubowicz, le président de la LICRA.

"Une zone sacrée"

Dans un long entretien pour Charles relayé par Le Point, Roland Dumas se défend après avoir tenu des propos controversés devant Jean-Jacques Bourdin. "Ces interviews à la télévision, ça va très vite. Vous réfléchissez, mais enfin vous n'avez pas le temps de polir vos phrases", déplore l'interviewé. Profitant d'un format plus long pour préciser sa pensée, l'ancien président du Conseil constitutionnel affirme : "Dans la vie politique française, il y a une zone sacrée. Faut pas toucher à tout ce qui concerne l'existence juive". Interrogé sur cette expression par le journaliste, il précise que par "existence juive" il entend une politique "pro-israélienne".

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"La réalité juive, c'est à dire le comportement des juifs, leur malheur... C'est un peu ce qui m'arrive aujourd'hui. Il ne faut même pas prononcer le nom, c'est le sacré", estime Roland Dumas, apparemment peu soucieux des critiques que le chef du gouvernement ou le président de la LICRA avaient tenu à son égard il y a quelques semaines.

"Je vais encore me faire traiter d'antisémite"

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Outre sa vision de la politique française moderne, Roland Dumas raconte le procès de Klaus Barbie, où il était l'un des avocats de la partie civile. "Je vais encore me faire traiter d'antisémite mais peu importe, tous les avocats juifs de Lyon avaient constitué un groupe qui a voulu accaparer le procès en nous éliminant". Chose qu'il avait refusée : "Vous allez diviser les avocats juifs des avocats non juifs (…) la résistance ça a été, au contraire, tout le monde", avait-il lancé à Serge Klarsfed pour finalement "sauv[er] le procès".

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