150 millions d’euros. C’est la cagnotte dont disposent députés et sénateurs chaque année pour financer divers projets. Mais la plus grande opacité entoure cette réserve parlementaire, dont les critères d’attribution et l’utilisation sont pour le moins floues. Le Parisien lève une partie du mystère. Révélations.

C’est l’un des secrets les mieux gardés de la République. La réserve parlementaire est une sorte de cagnotte secrète allouée aux députés et aux sénateurs, dont la répartition et surtout l’utilisation sont entourées d’un épais voile de mystère. Le Parisien fait aujourd’hui quelques révélations sur ce pactole. Créée par Georges Pompidou, cette cagnotte de 150 millions d’euros par an suscite de très nombreuses interrogations : qui y a droit et sur quels critères, dans quelle proportion, à quelle sert-elle… ?

Même les acteurs du parlement ne sont pas toujours au courant de son existence, rapporte le quotidien. « J’ai été élu en 1998, mais je n’ai été mis au parfum de l’existence de cette cagnotte que quatre ans plus tard » déclare Jean-Pierre Bel, président du Sénat depuis 2011. « Dans les années 2000, même les questeurs ne savaient pas qui touchait quoi ! » indique de son côté l’ancien sénateur centriste Claude Huriet.

C’est au député René Dosière (PS) que l’on doit aujourd’hui d’en savoir un peu plus sur cette réserve d’argent polémique : il a obtenu de se faire communiquer, pour la première fois en quarante ans, le montant de cette cagnotte département par département. Et surprise, tous ne sont pas logés à la même enseigne, loin de là : on note une différence de 1 à 10 entre les bénéficiaires. Certains départements, mais aussi certains élus, coiffent leurs voisins au poteau, raflant la mise en vertu d’ « droit de tirage » pour le moins opaque. Le parti au pouvoir (la droite) semble s’en être plutôt bien tiré, indique Le Parisien.

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La publication intégrale de ces mouvements de fonds, élu par élu, permettrait de faire la lumière sur ce véritable trésor de plus en plus contesté. Jean-Pierre Bel a d’ailleurs pris des mesures l’an dernier afin d’y voir un peu plus clair. Selon les documents, reproduits par Le Parisien, il semble en tout cas que la Mayenne, la Lozère, la Haute-Savoie, mais aussi l’Oise ou encore le Cantal, aient décroché le gros lot…

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