Ce mercredi, le gouvernement s'attelle au projet de réforme des collèges présenté lundi dernier par Najat Vallaud-Belkacem. Découvrez ce qui va changer.

Ce mercredi 11 mars, le gouvernement se penche sur la nouvelle réforme de l’Éducation nationale : celle des collèges. Une réforme de mi-mandat somme toute logique puisqu'elle s'inscrit dans le cadre de la refondation de l'école, engagée précédemment à l'école primaire. C'est ici une réforme globale des collèges qu'entreprend le ministère de l’Éducation nationale. Globale, car elle concerne les programmes et l'organisation des enseignements. Réel "point noir" du système éducatif français selon Najat Vallaud-Belkacem, au point que la droite s'était gardée d'y toucher, le collège va subir une profonde réforme.

Un collège unique, pas uniforme

Au collège, "les élèves s'ennuient, les parents se sentent démunis et les enseignants bridés", a déclaré ce lundi la ministre de l'Education. Un constat que personne n'entend infirmer, d'ailleurs le dernier classement PISA, qui évalue le niveau scolaire par pays, pointait du doigt cette faille française. Pour la ministre, il ne fait aucun doute : "le collège aggrave la difficulté scolaire". Pour contrecarrer cette tendance déplorable, Najat Vallaud-Belkacem souhaite "faire que le collège unique ne soit plus uniforme". Un modèle similaire à l'ensemble des établissements corroboré d'une certaine autonomie, voici la volonté du ministère de la rue de Grenelle.

Des enseignements interdisciplinaires

Pour mettre en œuvre cette singularité dont pourront se targuer les établissements, la réforme souhaite créer des enseignement pratiques interdisciplinaires (EPI). Le but de ceux-ci est de travailler en petits groupes, par projet, pour permettre aux élèves de comprendre le sens de l'apprentissage en le contextualisant. Prévus de la 5ème à la 3ème, ces enseignements seront directement dirigés par les professeurs des collèges, qui concevraient le contenu en fonction de leurs élèves. Cette mise en pratique, pour "sortir de l'abstraction" comme le dit la ministre, gravitera autour de huit grands thèmes actuels : information, citoyenneté, culture, développement durable etc.

Un accompagnement accru et personnalisé

La réforme prévoit aussi la mise en place d'un accompagnement pour tous les élèves pendant les quatre années du collège. Il sera plus important en 6ème pour apprendre aux nouveaux arrivants à "devenir collégiens".

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Des travaux en petits groupes

Toujours selon l'idée qu'un faible effectif permet de mieux interagir avec les élèves, de les solliciter et les questionner, les établissements pourront choisir quelques matières déjà existantes qui bénéficieront d'un second traitement, en petits groupes. Ce volet, différent de celui des EPI qui ne se base pas sur des disciplines déjà abordées, nécessitera la création de 4000 postes.

Une LV2 dès la 5ème et un plan numérique

Conscient du retard linguistique des élèves français, le ministère a annoncé que les collégiens commenceront leur LV2 un an plus tôt qu'aujourd'hui, en 5ème donc. D'un autre côté, les sections européennes seront supprimées. Hormis les langues, c'est aussi le numérique qui est visé par cette réforme. Un plan a été conçu pour "moderniser" le collège.

L'équivalent de 4000 postes

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Pour assurer cette réforme, 4000 postes supplémentaires seront créés. Un nombre qui a de quoi rendre optimiste, quand on sait le besoin en effectif de ces établissements. Cependant, ces 4000 postes ne sont même pas sûrs de trouver acquéreurs. Le ministère de l’Éducation peine à trouver de nouveaux enseignants, tant la formation de ceux-ci a été bouleversée par les différentes politiques antérieures. Cette réforme qui sera mise en œuvre à partir de la rentrée 2016 est donc placée sous le thème de l'accompagnement des élèves, avec une multitude de travaux en petits groupes, de modules interdisciplinaires. Ces nouveaux dispositifs représenteront 4 à 5 heures par semaine pour les élèves.

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