Dans son rapport sur la compétitivité, remis lundi au gouvernement, Louis Gallois recommande un "choc de confiance" et préconise  22 mesures dont une baisse de 30 milliards d'euros du coût du travail.

Louis Gallois a proposé "22 mesures principales" pour enrayer le "décrochage" de la France, lundi 5 octobre. Son rapport préconise une baisse de 30 milliards d'euros des cotisations sociales, réparties entre 20 milliards de baisse des cotisations patronales et 10 milliards des cotisations salariales. La période sur laquelle ces baisses de cotisation devraient avoir lieu n'a pas été précisée dans l'immédiat.

Il s'agit de la recommandation la plus emblématique de ce rapport sur un sujet à risque pour le gouvernement, en pleine turbulences après six mois de pouvoir, l'exécutif ayant déjà fait savoir son opposition à une baisse massive et immédiate des cotisations qu'il faudrait compenser par d'autres impôts.

Dès mardi, le gouvernement annoncera les premières mesures et les pistes à l'étude.

 

"Je crois que nous avons besoin d'une véritable mobilisation et, je ne crains pas de le dire, d'un véritable patriotisme. Il faut que le club France travaille de manière solidaire et s'engage dans cette reconquête", a-t-il déclaré.

"Cela prendra du temps, cela veut dire qu'il faudra de la méthode et de la persévérance", et "il faudra que les Français soutiennent cet effort collectif", a-t-il aussi annoncé, avant d'appeler à "un nouveau dynamisme, un nouvel élan" du dialogue social en France.

Commandé cet été, ce rapport a déjà suscité beaucoup de remous politiques et de querelles sémantiques, la droite et le patronat suspectant le gouvernement de ne pas vouloir aller jusqu'au bout sur ce dossier.

Avant les déclarations de M. Gallois, le Président François Hollande avait assuré depuis le Laos que M. Ayrault "tirera toutes les conclusions" et que "tout sera fait pour l'emploi".

"Nous avons besoin que se noue une sorte de pacte social entre tous les partenaires, pacte social qui est le véritable socle du pacte pour la compétitivité de la France", a déclaré M. Gallois.Plus tôt dans la matinée, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg avait déclaré sur RTL que le rapport Gallois devait être "étudié, analysé et respecté", et que face à l'"état d'urgence économique", il fallait "une sorte de consensus national".La phase de décisions pourrait courir jusqu'à début 2013. Mais une fois prises, les mesures seront appliquées sur toute la durée du quinquennat.

 

Fuites dans la presse

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Déjà connu dans ses grandes lignes, suite à des fuites dans la presse, le rapport confirme les préconisations annoncées, dont réduire de 30 milliards d'euros les cotisations sociales des entreprises. Cette baisse du coût du travail est l'un des leviers pour enrayer la dégringolade du déficit commercial de la France, dont la part dans le marché mondial a chuté de 6,3% en 1990 à 3,3% en 2011. Le second levier, appelé "hors-coût" et privilégié par plusieurs ténors du gouvernement, consiste en une palette d'initiatives soutenant l'exportation, l'innovation, la recherche et la qualité des produits, mais aussi des simplifications administratives. 

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