Depuis quelques mois déjà, Samia Ghali fait de plus en plus parler d’elle. Arrivée en tête du premier tour de la primaire PS à Marseille dimanche dernier, la sénatrice des quartiers Nord n’hésite pas à clamer haut et fort ce qu’elle pense, allant même jusqu’à accuser Matignon d’avoir soutenu son rival, Patrick Mennucci. Des traits de caractère qui ne sont pas sans rappeler ceux de Rachida Dati…

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Samia Ghali est-elle la nouvelle Rachida Dati ? C’est la question qui brûle actuellement les lèvres de nombreux observateurs. Certains se demandent en effet si la sénatrice PS des quartiers Nord de Marseille n’est pas en train de suivre le même chemin que Rachida Dati au sein de son propre camp. Nées de parents immigrés, les deux femmes ont d’abord en commun d’avoir grandi dans des familles modestes. Mais si l’ancienne garde des Sceaux a passé son enfance à Chalon-sur-Saône et a pu suivre sa scolarité dans un collège privé catholique, celle qui brigue actuellement la mairie de Marseille a eu moins de chance. "Moi, la gamine de la cité Bassens, qui courait les pieds nus dans les terrains vagues du nord de Marseille ; moi, la fillette qui n’avait pas de père, et dont la mère tirait le diable par la queue ; moi, issue de l’immigration algérienne, dont la famille a eu tant de mal à s’intégrer ; moi, qui ai connu une misère telle que je rêvais parfois à un luxe inaccessible : une meringue !", écrit-elle ainsi dans sa biographie, La Marseillaise.

Des prises de position muscléesQuestion ambitions, les deux femmes semblent cependant plus proches. Quand Rachida Dati a réussi à accéder aux fonctions régaliennes en obtenant le ministère de la Justice dans le gouvernement de François Fillon, Samia Ghali est, elle, parvenue à passer du statut d’étudiante membre de la section socialiste du 15e arrondissement de Marseille à celui de sénatrice PS des quartiers Nord de la ville, et même à celui de candidate à la succession de Jean-Claude Gaudin. En ce qui concerne leur manière d’y arriver ou tout du moins de se faire remarquer, encore une fois des similitudes apparaissent. Et si Rachida Dati a pu montrer à plusieurs reprises qu’elle n’était pas du genre à se laisser faire quitte à taper du poing sur la table, Samia Ghali n’est pas en reste. On se souvient notamment de sa prise de position en 2012 en faveur d’une intervention de l’armée dans les quartiers sensible de la cité phocéenne.

Samia Ghali, une femme de terrain et de proximitéMais si Rachida Dati a pu se hisser dans les plus hautes sphères du gouvernement, Samia Ghali a encore du chemin à parcourir. Et cette ascension ne se fera pas sans l’accord de la majorité actuellement au pouvoir. Cantonnée à Marseille, la sénatrice des Bouches-du-Rhône semble cependant très bien s’en accommoder. Et tout cas pour le moment. "Je ne suis pas dans la stratosphère. Je suis dans les rues", revendique-t-elle même dans son livre.

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Et tandis que  Rachida Dati s’est également fait remarquer par son goût prononcé pour la mode, n’hésitant pas à aller faire les magasins avec l’ex-épouse de Nicolas Sarkozy lorsque celui-ci était président, Samia Ghali ne s’est pas encore illustrée dans ce domaine. Certains points méritent donc d’être approfondis avant que Samia Ghali puisse réellement être considérée comme la Rachida Dati de gauche.  

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